Les droits fondamentaux continuent d’être violés en Iran, malgré les efforts consentis pour consolider le respect de la légalité et favoriser une plus grande liberté d’expression, constate la Commission des droits de l’homme dans une résolution adoptée mercredi. Le texte approuvé par 23 des 53 Etats membres, contre 14 non et 16 abstentions, se déclare préoccupé par les menaces de mort contre l’écrivain britannique Salman Rushdie qui semblent avoir la caution du gouvernement. Il regrette que le gouvernement n’ait pas condamné l’offre d’une prime pour l’assassinat de l’auteur proposée par une fondation. Il est apparemment procédé à un grand nombre d’exécutions, selon la résolution qui évoque l’amputation et la lapidation parmi les traitements cruels pratiqués. Elle s’inquiète aussi du harcèlement et de l’intimidation de journalistes, écrivains et dissidents politiques religieux. Le texte déplore que les femmes ne puissent exercer leurs droits pleinement et en toute égalité et que les minorités religieuses soient discriminées de façon persistante. Il demande au gouvernement de s’abstenir d’actes de violence contre des membres de l’opposition iranienne vivant à l’étranger. Le Pakistan est intervenu longuement pour louer «l’évolution positive qui s’est manifestée depuis que le nouveau président iranien a pris des mesures pour la démocratie et pour les femmes». Son délégué, rejoint par plusieurs grands pays musulmans, a regretté que la résolution, «plutôt que de tenir compte de ces faits positifs, se concentre sur des incidents isolés». Débat «très ouvert» Un rapport sur l’Iran présenté mi-avril devant la Commission critiquait une nouvelle fois la «fatwa» contre Salman Rushdie et dénonçait les lapidations et l’intolérance religieuse. Il faisait cependant état «de perspectives accrues d’amélioration des droits de l’homme» dans ce pays. Rédigé par le Canadien Maurice Copithorne, non autorisé à enquêter sur place, il indiquait «qu’un débat très ouvert est à l’évidence en cours en Iran» et que «les droits de l’homme en constituent un thème majeur». Selon lui, le gouvernement du président Khatami nouvellement en place «est soucieux d’adopter une attitude plus libérale à l’égard des dissidents». M. Copithorne s’inquiétait par contre du nombre d’exécutions qui continuent de s’accroître fortement puisque selon la presse iranienne il y a eu en l’an dernier 199 exécutions dont 95 publiques. Le gouvernement iranien qui ne publie pas de statistiques a affirmé au représentant spécial de l’ONU que ces exécutions «sont liées au trafic de drogue et qu’elles constituent une réponse raisonnable à cette menace». Le rapport, en demi-teintes comme celui présenté en 1997, indiquait que le nouveau gouvernement «encourage un vaste débat public qu’il faut porter à son crédit» tout en citant des sources iraniennes indiquant que «l’atmosphère n’a jamais été aussi répressive depuis la révolution». Les pays ayant voté contre la résolution sont: Bangladesh, Bhoutan, Chine, Congo, Cuba, Guinée, Inde, Indonésie, Malaisie, Mali, Maroc, Pakistan, Philippines et Soudan. A Genève, le Conseil national de la résistance iranienne a publié un communiqué dans lequel son président Massoud Radjavi affirme «qu’en huit mois de régime Khatami, le nombre des exécutions en Iran et d’assassinats d’opposants à l’étranger a augmenté». Selon lui il n’y a pas eu de changements significatifs dans la société civile et dans le domaine de la liberté d’expression. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les droits fondamentaux continuent d’être violés en Iran, malgré les efforts consentis pour consolider le respect de la légalité et favoriser une plus grande liberté d’expression, constate la Commission des droits de l’homme dans une résolution adoptée mercredi. Le texte approuvé par 23 des 53 Etats membres, contre 14 non et 16 abstentions, se déclare préoccupé par les menaces de mort contre l’écrivain britannique Salman Rushdie qui semblent avoir la caution du gouvernement. Il regrette que le gouvernement n’ait pas condamné l’offre d’une prime pour l’assassinat de l’auteur proposée par une fondation. Il est apparemment procédé à un grand nombre d’exécutions, selon la résolution qui évoque l’amputation et la lapidation parmi les traitements cruels pratiqués. Elle s’inquiète aussi du...