Espérant inciter les trois autres puissances nucléaires et les puissances dites du seuil (Israël, Inde et Pakistan) à suivre rapidement leur exemple, la France et la Grande-Bretagne ont décidé de déposer ensemble à New York les instruments de ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). Les dirigeants américains ont transmis au Congrès le texte de ce traité signé à New York le 24 septembre 1996, mais la Russie et la Chine semblent moins pressées d’accomplir le même geste alors que l’Inde, le Pakistan et Israël se déclarent hostiles pour le moment à une telle ratification. Signé par 149 pays, le traité n’entrera en vigueur que s’il est ratifié par quarante-quatre pays, dont les cinq puissances nucléaires, et les trois pays du seuil. Il est le complément naturel au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui reconnaît à cinq Etats seulement (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Russie et Chine) le droit de posséder l’arme nucléaire et le devoir de maintenir ce statu quo. Le TICE interdit tous les essais nucléaires, sauf les simulations en laboratoire; le centre de Vienne disposera avant la fin de l’année d’un réseau international de 321 stations de surveillance. «Ce réseau fonctionnera que le traité entre en vigueur ou non», a déclaré Michel Duclos, sous-directeur du Désarmement du Quai d’Orsay. Pour convaincre les Etats qui y sont opposés, Michel Duclos estime que «les Etats signataires devront procéder par le dialogue et non par des sanctions». Notant que 149 Etats (dont les cinq puissances nucléaires) ont déjà signé le TICE, le sous-directeur du Désarmement pense que les pays réfractaires devraient se laisser fléchir. Les grandes puissances nucléaires ont également prévu depuis avril 1995 des mesures pour protéger les Etats non nucléaires et calmer leurs appréhensions. Ces assurances de sécurité sont de deux types. Les assurances dites négatives stipulent que les Etats nucléaires s’engagent à ne pas utiliser l’arme nucléaire contre les pays non nucléaires; les assurances positives prévoient notamment que les puissances nucléaires saisiraient le Conseil de Sécurité si une attaque nucléaire risquait de se produire contre un pays non nucléaire. Outre la France et la Grande-Bretagne, onze pays ont ratifié le TICE: l’Autriche, la République tchèque, les Fidji, le Japon, la Micronésie, la Mongolie, le Pérou, la Qatar, la Slovaquie, le Turkménistan et l’Ouzbékistan. (Reuters, AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Espérant inciter les trois autres puissances nucléaires et les puissances dites du seuil (Israël, Inde et Pakistan) à suivre rapidement leur exemple, la France et la Grande-Bretagne ont décidé de déposer ensemble à New York les instruments de ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). Les dirigeants américains ont transmis au Congrès le texte de ce traité signé à New York le 24 septembre 1996, mais la Russie et la Chine semblent moins pressées d’accomplir le même geste alors que l’Inde, le Pakistan et Israël se déclarent hostiles pour le moment à une telle ratification. Signé par 149 pays, le traité n’entrera en vigueur que s’il est ratifié par quarante-quatre pays, dont les cinq puissances nucléaires, et les trois pays du seuil. Il est le complément naturel au...