Les rebelles albanais au Kosovo (sud de la Serbie) sont à la merci d’une offensive des forces de l’ordre serbes, toutefois peu probable à court terme, estiment experts et diplomates dans la région. Des hommes équipés d’armes légères, dont certains se réclament de l’«Armée de libération du Kosovo» (UCK), sont retranchés dans quelques villages du plateau de la Drenica (40 km à l’ouest de Pristina, chef-lieu du Kosovo) après une série d’offensives, fin février et début mars, des forces spéciales de la police serbe qui a fait plus de 80 morts. Depuis, ils en interdisent l’accès par des barrages de fortune, souvent situés en vue de positions de la police. «La presse albanaise de Pristina évoque chaque jour de prétendues «zones libérées»», explique un diplomate occidental en poste à Belgrade, qui demande à rester anonyme, «mais c’est à mon sens une terminologie bien optimiste». Un expert militaire européen, qui refuse lui aussi d’être identifié, estime pour sa part que «tout cela, c’est pour l’instant une question de modus vivendi. Le jour où les Serbes voudront passer à l’action, ils mettront les moyens nécessaires et ne risqueront rien. Les forces spéciales de la police pourront s’en charger, sans avoir besoin de l’armée». «Mais pour l’instant, étant donné le retentissement international de l’offensive du mois dernier, ils ne le feront pas, sauf si on les chatouille trop», ajoute cet expert. «S’ils laissent faire les choses, c’est à cause d’une volonté politique de ne pas multiplier les incidents». Statu quo Sur le terrain, un statu quo émaillé de rafales d’armes automatiques règne en effet sur le plateau de la Drenica. Cette région est exclusivement peuplée d’Albanais qui se réfèrent à une longue tradition de résistance anti-serbe. C’est là qu’ont été démantelés dans le sang les derniers maquis anti-communistes en 1946. Il est actuellement difficile de faire la distinction entre paysans en armes retranchés dans leurs fermes et véritables combattants de l’UCK. Les quatre routes asphaltées qui entourent le plateau et celle qui le traverse par son centre sont étroitement surveillées: 35 barrages de policiers fortement armés y ont été installés, qui filtrent le trafic automobile. Les forces de l’ordre ont pour consigne de laisser passer sans encombre journalistes, représentants d’organisations humanitaires et diplomates, qui sillonnent les lieux en tous sens. S’ils refusent d’être filmés ou photographiés, les rebelles acceptent parfois de s’adresser à la presse. «Tout le monde a actuellement intérêt à multiplier les contacts entre ces gens armés et les médias», estime le même diplomate. «L’UCK, pour prouver son existence et motiver les bailleurs de fonds de la diaspora albanaise. Les Serbes, pour démontrer qu’ils font face à une opposition armée organisée et justifier ainsi d’éventuelles opérations ultérieures». Selon des sources concordantes à Pristina et Belgrade, les quelque 200 km2 contrôlés par l’UCK dans la Drenica constituent actuellement le seul secteur de déploiement effectif des rebelles. Plus à l’ouest, près de la frontière avec l’Albanie, la police évite de pénétrer depuis des mois, voire des années, dans certains villages où vivent des clans traditionnellement hostiles aux Serbes et souvent bien armés, précise-t-on de mêmes sources. En revanche, rien ne permet de penser que les régions très montagneuses qui marquent la frontière du Kosovo avec le Monténégro et l’Albanie à l’ouest et la Macédoine à l’est, dont le relief se prêterait en principe beaucoup mieux à des opérations de guérilla, sont utilisées comme bases par l’UCK. «Nous n’avons pour l’instant aucun indice de l’existence d’une organisation structurée, engagée dans un effort de formation de ses combattants», assure un autre expert militaire européen. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les rebelles albanais au Kosovo (sud de la Serbie) sont à la merci d’une offensive des forces de l’ordre serbes, toutefois peu probable à court terme, estiment experts et diplomates dans la région. Des hommes équipés d’armes légères, dont certains se réclament de l’«Armée de libération du Kosovo» (UCK), sont retranchés dans quelques villages du plateau de la Drenica (40 km à l’ouest de Pristina, chef-lieu du Kosovo) après une série d’offensives, fin février et début mars, des forces spéciales de la police serbe qui a fait plus de 80 morts. Depuis, ils en interdisent l’accès par des barrages de fortune, souvent situés en vue de positions de la police. «La presse albanaise de Pristina évoque chaque jour de prétendues «zones libérées»», explique un diplomate occidental en poste à Belgrade, qui...