La rumeur d'une nouvelle dévaluation du franc CFA embarasse les responsables français
le 11 avril 1998 à 00h00
La rumeur tenace d’une nouvelle dévaluation du franc CFA embarrasse les responsables français qui éprouvent les plus grandes difficultés à rassurer leurs partenaires africains quant à l’accrochage de cette monnaie à l’euro. «Le passage à l’euro ne modifiera en rien la parité du franc CFA», a assuré vendredi à Libreville le ministre des Finances français Dominique Strauss-Kahn au cours de la dernière réunion des ministres des Finances de la zone franc avant l’avènement de la monnaie unique européenne le 1er janvier 1999. Arrimé au franc, le CFA verra sa parité avec l’euro calquée sur le taux de conversion de la devise française par rapport à l’euro sur la base de la parité actuelle, soit 1 FF = 100 FCFA, assurent les responsables français. Mais les milieux d’affaires et de la finance en Afrique, étroitement liés au monde politique quand ils ne confondent pas avec lui, sont convaincus qu’une nouvelle dévaluation du FCFA aura lieu avant cette date. Le ministre gabonais des Finances, Marcel Doupamby, s’est fait l’écho de ces craintes en ouvrant la réunion de Libreville. «Les opérateurs économiques, échaudés par le réajustement de la parité F CFA/FF de janvier 1994 marquent des inquiétudes de plus en plus croissantes», a-t-il souligné. Elles ont été renforcées par les déclarations de l’ancien premier ministre français Pierre Messmer, qui a estimé en début de semaine dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique qu’une nouvelle dévaluation du franc CFA serait inéluctable avec l’entrée en vigueur de l’euro. Le problème est que Pierre Messmer avait annoncé six mois avant qu’elle ne soit décidée la grande dévaluation en 1994, lorsque le FCFA avait perdu 50% de sa valeur. «Vous nous imposez les critères de la monnaie unique et nos économies ne peuvent le supporter», a ainsi affirmé un député gabonais venu assister à l’ouverture de la réunion, se disant convaincu que cette dévaluation aurait bien lieu. «Plus la parité entre le FCFA et l’euro sera forte, plus le poids de notre dette augmentera. Quel sera le pays africain qui pourra le supporter, à moins d’annuler purement et simplement toute la dette», a-t-il ajouté, demandant à ne pas être identifié. Dominique Strauss-Kahn s’est voulu rassurant, mais il a reconnu la difficulté de sa tâche. «Il n’y a rien de plus difficile à démentir qu’une rumeur sur quelque chose qui ne se produira pas», a-t-il confié à quelques journalistes.(AFP)
La rumeur tenace d’une nouvelle dévaluation du franc CFA embarrasse les responsables français qui éprouvent les plus grandes difficultés à rassurer leurs partenaires africains quant à l’accrochage de cette monnaie à l’euro. «Le passage à l’euro ne modifiera en rien la parité du franc CFA», a assuré vendredi à Libreville le ministre des Finances français Dominique Strauss-Kahn au cours de la dernière réunion des ministres des Finances de la zone franc avant l’avènement de la monnaie unique européenne le 1er janvier 1999. Arrimé au franc, le CFA verra sa parité avec l’euro calquée sur le taux de conversion de la devise française par rapport à l’euro sur la base de la parité actuelle, soit 1 FF = 100 FCFA, assurent les responsables français. Mais les milieux d’affaires et de la finance en Afrique,...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.