REINE incontestée depuis bientôt quatre décennies des fumeurs cubains, la cigarette «Popular», de fabrication nationale pour la consommation nationale, irrite et indispose, au propre et au figuré, à tel point qu’elle vient de faire l’objet d’une violente campagne dans la presse. Cette affaire est un véritable problème dans le pays du havane et du tabac, reconnus pour être parmi les meilleurs du monde, où un peu plus de 4 millions de personnes (sur une population de 11 millions) sont des fumeurs réguliers, en premier lieu de cigarettes, malgré les campagnes antitabac qui existent également dans le pays. La cigarette «Popular» – tabac brun, sans filtre, courte – est en train de devenir particulièrement impopulaire. Désormais dédaignée, elle est critiquée pour sa très mauvaise qualité par les fumeurs cubains qui vont jusqu’à douter même de son authenticité. Jusqu’ici, on en parlait entre soi, en famille ou en ville, maintenant la presse s’est emparée de l’affaire. L’hebdomadaire «Trabajadores» non seulement publie la liste les plaintes formulées contre les «populares», cigarettes et emballage, mais dénonce aussi des fraudes commerciales qui feraient de cette cigarette «une tromperie». Cigarettes si compactes qu’il est impossible d’aspirer ou alors tellement molles qu’elles se consument en un instant, paquets incomplets, cigarettes en morceaux, cartouches de 18 ou 19 paquets au lieu de 20 sont quelques-unes des critiques énumérées par Trabajadores. La cigarette – avec la bouteille de rhum – a été un des deux piliers de la campagne des autorités cubaines quand elles ont commencé à réduire la masse monétaire en circulation, 12 millions de pesos en 1993, 9 millions actuellement. Le paquet de 20 Populares a coûté jusqu’à 10 pesos – le salaire moyen mensuel est de 200 pesos, aujourd’hui il ne vaut «que» 7 pesos. Autrement dit fumer un paquet par jour peut coûter au Cubain plus que le montant de son salaire... Dans les années 70 et 80, cette cigarette de tabac brun avait provoqué un tel engouement que les fumeurs de l’île ne faisaient aucun cas d’autres marques, principalement les marques exportées, qui pourtant étaient de meilleure qualité et mieux présentées. Aujourd’hui, la Popular, non seulement est de mauvaise qualité, a un «goût de moisi», mais fait l’objet de fraude. Selon «Trabajadores» «une autre raison de sa détérioration, est l’introduction de cigarettes qu’on appelle «tupamaros», dans les commerces de la capitale.» Les «tupamaros», du nom des clandestins de la guérilla urbaine en Uruguay dans les années 70, sont des cigarettes de fabrication domestique, faites avec du tabac de mauvaise qualité et du papier et de la colle parfois volés dans les usines. Beaucoup ont abandonné ces «Populares» au profit de cigarettes d’exportation: Montecristo, Partages, H. Uppman, ou... Popular nouvelle, fabriquée par une entreprise mixte cubano-brésilienne et ayant un goût bien distinct. Le paquet de nouvelles Populares coûte un demi-dollar, soit 10 pesos (au change public), soit 3 pesos de plus à peine de la vieille Popular. «Excommuniée» par les Cubains, la Popular se couvre de poussière sur les rayons. Mais en réalité ce produit si désiré n’existe plus, ce qui ajoute à la nostalgie de ce qu’était le pays avant la crise. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats REINE incontestée depuis bientôt quatre décennies des fumeurs cubains, la cigarette «Popular», de fabrication nationale pour la consommation nationale, irrite et indispose, au propre et au figuré, à tel point qu’elle vient de faire l’objet d’une violente campagne dans la presse. Cette affaire est un véritable problème dans le pays du havane et du tabac, reconnus pour être parmi les meilleurs du monde, où un peu plus de 4 millions de personnes (sur une population de 11 millions) sont des fumeurs réguliers, en premier lieu de cigarettes, malgré les campagnes antitabac qui existent également dans le pays. La cigarette «Popular» – tabac brun, sans filtre, courte – est en train de devenir particulièrement impopulaire. Désormais dédaignée, elle est critiquée pour sa très mauvaise qualité par les fumeurs cubains...