Le parlement iranien s’est réuni à huis clos mardi pour entendre les explications de trois hauts responsables de l’économie iranienne sur les problèmes économiques liés à la chute des prix du pétrole, a rapporté l’agence officielle IRNA. Le ministre de l’Economie Hossein Namazi, le gouverneur de la Banque centrale Mohsen Nourbakhch et le directeur de l’Office du Plan et du Budget Mohammad-Ali Najafi, ont présenté un rapport sur la «situation économique du pays et les réserves en devises, et ont répondu aux questions des députés». Au cours de cette séance qui a duré quatre heures, «les députés ont souligné la nécessité d’enrayer le chômage, d’assurer les investissements, de favoriser les exportations non-pétrolières et de combattre l’inflation», a indiqué le porte-parole du parlement Mohammad-Baqer Nobakht. Une économie très dépendante des exportations de brut Ils ont également demandé au gouvernement quelle avait été sa position lors de la dernière réunion de l’OPEP qui s’est tenue en novembre en Indonésie, et au cours de laquelle le cartel a relevé son plafond de 2 millions de barils par jour (b/j), provoquant une chute des prix du brut. La chute du prix du baril, qui tourne depuis trois mois autour de 12 dollars sinon moins, a sévèrement affecté l’économie iranienne, très dépendante des exportations de brut, et nécessité une révision à la baisse du budget annuel qui a débuté en mars dernier. «Avec 10 milliards de dollars» de recettes, «comment pouvons-nous subventionner les produits de base et entretenir l’industrie?», aurait lancé M. Nourbakhch. Il faisait référence aux milliards consacrés par l’Etat à subventionner les médicaments, le pain et les carburants pour les garder accessibles au nombre grandissant d’Iraniens démunis. Face au manque de devises, la Banque centrale est obligée de limiter ses prestations aux secteurs public et privé. Les restrictions imposées dans ce domaine ont provoqué une récession et une baisse du rial iranien face aux devises étrangères. Cité par la presse fin avril, le président Mohammad Khatami a indiqué que son gouvernement avait décidé de revoir son budget sur la base de 12 dollars le baril, contre 16 dollars prévus dans le budget voté en janvier qui tablait sur des recettes pétrolières de 16 milliards de dollars. Les exportations pétrochimiques Deuxième producteur de brut de l’OPEP, avec 3,6 mbj dont il exporte 2,5 mbj, l’Iran tire 80% de ses revenus en devises du pétrole, soit plus de 40% des recettes budgétaires du pays. Par ailleurs, l’Iran veut doubler ses exportations de produits pétrochimiques vers l’Europe pour compenser une forte baisse des ventes aux pays d’Asie du sud-est consécutive à la crise économique et monétaire dans cette région. Le vice-ministre du Pétrole et directeur de la Compagnie nationale pétrochimique iranienne (NIPC), Mohammad-Reza Nematzadeh, cité lundi par le quotidien de langue anglaise Iran News, a déclaré que 40% des exportations se feraient vers l’Europe au cours des dix prochains mois, contre 19% en mars dernier. Le vice-ministre a expliqué que cette augmentation était due «à la situation actuelle dans les pays d’Asie du sud-est». M. Nematzadeh a ajouté que l’Iran avait atteint son objectif de production de 10 millions de tonnes de produits pétrochimiques au cours de la dernière année iranienne, qui s’est achevée fin mars. Les firmes étrangères négocient pour investir Il a également annoncé que dix nouveaux projets pétrochimiques allaient être lancés dans les quatre prochaines années, afin d’augmenter la production de quelque six millions de tonnes. Le responsable iranien a affirmé que son pays envisageait de tirer 1,5 milliard de dollars de revenus de la pétrochimie d’ici à l’an 2001. Il a également souhaité davantage d’investissement national et étranger dans ce secteur, ajoutant que la NIPC s’employait à «enlever les obstacles» et à assouplir les règles d’exportation pour favoriser ces investissements. «Dans le contexte actuel, l’industrie pétrochimique est un secteur capital pour compenser la baisse des revenus provoquée par la chute des cours du brut», a-t-il affirmé. Selon lui «de nombreuses firmes étrangères négocient avec la NIPC pour investir en Iran». Le volume d’investissement en discussion serait aux alentours d’un milliard de dollars, a-t-il assuré. Il a ajouté que dix appels d’offres internationaux avaient déjà été lancés, dont un remporté par une firme allemande, un autre par des Espagnols et un troisième par une firme iranienne. Le Parlement iranien a autorisé en début d’année le gouvernement à se procurer jusqu’à 6,3 milliards de dollars de financement étranger pour l’année en cours, principalement pour financer des projets dans les secteurs pétrolier, gazier et pétrochimique. Ce chiffre comprend 5,4 milliards de dollars selon la formule du «buy-back» (la société étrangère est remboursée avec une part de la production), et 900 millions de financement direct classique. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le parlement iranien s’est réuni à huis clos mardi pour entendre les explications de trois hauts responsables de l’économie iranienne sur les problèmes économiques liés à la chute des prix du pétrole, a rapporté l’agence officielle IRNA. Le ministre de l’Economie Hossein Namazi, le gouverneur de la Banque centrale Mohsen Nourbakhch et le directeur de l’Office du Plan et du Budget Mohammad-Ali Najafi, ont présenté un rapport sur la «situation économique du pays et les réserves en devises, et ont répondu aux questions des députés». Au cours de cette séance qui a duré quatre heures, «les députés ont souligné la nécessité d’enrayer le chômage, d’assurer les investissements, de favoriser les exportations non-pétrolières et de combattre l’inflation», a indiqué le porte-parole du parlement...