Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'art aux enchères

L’ANNÉE 1997 fut excellente pour les grands collectionneurs, mais, faute de successions à disperser, Christie’s et Sotheby’s n’ont pas grand-chose d’excitant à proposer à leurs riches acheteurs lors des enchères du printemps 1998 qui ont débuté mardi à New York. Les deux grandes maisons d’enchères estiment au total à environ 350 millions de dollars les toiles et sculptures à vendre ce printemps, alors qu’elles avaient enregistré un chiffre d’affaires d’un demi-milliard de dollars à l’automne dernier. «Malheureusement, nous n’avons plus de succession importante à disperser», reconnaît Frank Giraud, directeur du département «Impressionnistes et XIXe siècle». Vendre une collection comme celle de Victor et Sally Ganz, qui a fait plus de 200 millions de dollars de recettes à elle seule en novembre dernier, «cela n’arrive qu’une fois dans une vie», assure-t-il. Le paradoxe est qu’«il y a énormément d’argent» en ce moment, singulièrement aux Etats-Unis où d’aucuns en sont même à redouter la création d’une «bulle» financière, comme au Japon dans les années 1980. «Le comportement des acheteurs est fondamentalement différent», assure Alexander Apsis, directeur du département d’art impressionniste et moderne pour Sotheby’s à New York. «Les achats des années 1980 étaient faits surtout par des entreprises qui achetaient n’importe quoi à des fins spéculatives. Aujourd’hui, nous avons à faire à des collectionneurs individuels, qui savent très bien ce qu’ils veulent, souligne-t-il. D’où une grosse différence entre les très bon lots, qui peuvent atteindre des prix très élevés, et le milieu de gamme». «Ces collectionneurs sont très bien conseillés, ils visitent les musées et font appel à des spécialistes», renchérit Charles Moffet, récemment engagé comme co-directeur du département des Impressionnistes de Sotheby’s pour le monde entier. Marilyn Achetant pour leur plaisir et non pour spéculer, ces collectionneurs peuvent faire chuter le prix d’une toile, comme l’illustre «Casagemas dans son cercueil», un Picasso qui passe pour le premier de la période bleue et que met en vente Sotheby’s. «Sur un plan artistique et historique, c’est une œuvre fondamentale qui devrait être estimée entre 10 et 15 millions de dollars», assure Alexander Apsis. «Mais son sujet est tel que nous l’estimons entre 3 et 5 millions de dollars, explique-t-il. Tout le monde n’a pas envie d’avoir cela chez soi». Cette toile représentant un ami cher de Picasso après son suicide appartient à Rolf et Margit Weinberg, les collectionneurs suisses qui vendent dix toiles dont «Portrait de Jo, la belle Irlandaise» de Courbet (estimation entre 3 et 4 millions de dollars). C’est Christie’s qui va proposer le plus beau lot, «Jeune fille au bouquet de tulipes», estimé environ 15 millions de dollars. La maison britannique veut aussi disperser «Bateaux de pêche sur la plage à Saintes-Marie-de-la-Mer», un dessin de Van Gogh, «Danseuses au foyer», de Degas, et «Waterloo Bridge, brouillard» de Monet, estimés chacun entre 5 et 7 millions de dollars. Sotheby’s pour sa part va proposer «Après le bain», de Degas (entre 6 et 8 millions de dollars), et plusieurs Picasso entre 3 et 4 millions de dollars. La maison américaine a sans conteste la vedette de l’art contemporain avec «Orange Marilyn» d’Andy Warhol, propriété du collectionneur allemand Karl Stroher, estimée entre 4 et 6 millions de dollars. Il sera d’autant plus difficile de créer un engouement ce printemps que Christie’s inaugure sa nouvelle organisation chronologique des ventes: XIXe siècle et Impressionnistes (5 et 6 mai), art du 20e siècle (12 et 13 mai), comprenant les œuvres des 70 premières années, de Picasso à Pollock, et contemporain (3 juin), qui sera dispersé début juin. Sotheby’s a conservé les distinctions XIXe siècle (7 mai), Impressionnistes et modernes jusqu’à 1950 (13 et 14 mai), et contemporain (14 et 15 mai). (AFP)
L’ANNÉE 1997 fut excellente pour les grands collectionneurs, mais, faute de successions à disperser, Christie’s et Sotheby’s n’ont pas grand-chose d’excitant à proposer à leurs riches acheteurs lors des enchères du printemps 1998 qui ont débuté mardi à New York. Les deux grandes maisons d’enchères estiment au total à environ 350 millions de dollars les toiles et sculptures à vendre ce printemps, alors qu’elles avaient enregistré un chiffre d’affaires d’un demi-milliard de dollars à l’automne dernier. «Malheureusement, nous n’avons plus de succession importante à disperser», reconnaît Frank Giraud, directeur du département «Impressionnistes et XIXe siècle». Vendre une collection comme celle de Victor et Sally Ganz, qui a fait plus de 200 millions de dollars de recettes à elle seule en novembre...