Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Jack Bennett, pionnier

Le pilote américain Jack Bennett, aujourd’hui âgé de 84 ans, a vécu toute l’aventure du pont aérien sur Berlin-Ouest en 1948-49, depuis les premières heures du blocus soviétique. «J’étais chef pilote de la Pan Am (compagnie civile américaine) à Francfort pour toute l’Europe», se souvient Jack Bennett, qui vit désormais à Berlin. Sollicité dès le 23 juin par l’US Air Force — les Soviétiques bloquèrent tous les accès terrestres à Berlin-Ouest le 24 juin 1948 — Jack Bennett n’hésita pas longtemps à démonter les sièges passagers de ses appareils pour transporter charbon, pommes de terre et médicaments. A Berlin, «un coup d’œil sur les radars suffisait à impressionner», raconte M. Bennett. En phase d’approche, «les avions s’alignaient sur l’écran comme les perles d’un collier», ajoute-t-il. La logistique de métronome mise en place par le général américain William Tunner prévoyait un atterrissage toutes les trois minutes. «En pratique, il y avait souvent moins d’une minute d’écart entre les appareils», se rappelle M. Bennett. L’aéroport utilisé par les Américains à Berlin (Tempelhof) se trouvait en plein centre-ville, ce qui rendait l’approche encore plus difficile, les avions survolant de quelques mètres seulement les maisons. Plusieurs dizaines d’accidents se produisirent, dûs à des erreurs de pilotage, une surcharge des appareils ou un mauvais amarrage des marchandises dans les cargos. Ils coûtèrent la vie à 41 Britanniques et 31 Américains. Les équipages travaillaient souvent à la limite de l’épuisement. Une fois la logistique rodée, les avions ne restèrent plus stationnés que 35 minutes sur le tarmac de Tempelhof avant de redécoller. «J’avais pris l’habitude, pendant qu’on déchargeait mon appareil, d’aller faire un somme au bureau des vols. Pour trouver un peu de calme, au milieu de l’effervescence générale, je me recroquevillais sous une table», raconte Jack Bennett. Les Soviétiques, qui avaient d’abord cru à un bluff des Alliés, firent tout pour gêner le pont aérien. «Ils volaient au-dessus de nous, brouillaient nos liaisons radio», relate M. Bennett. «Ils ont même essayé de perturber les radars, mais là ils n’étaient pas assez forts», dit-il. Malgré le stress, le danger, «ce furent les plus beaux vols de ma vie», résume-t-il. «Nous avons maintenu une ville en vie. Cela a rapproché les Allemands des Américains. Nous n’étions plus des occupants, mais des protecteurs», conclut-il satisfait. (AFP)
Le pilote américain Jack Bennett, aujourd’hui âgé de 84 ans, a vécu toute l’aventure du pont aérien sur Berlin-Ouest en 1948-49, depuis les premières heures du blocus soviétique. «J’étais chef pilote de la Pan Am (compagnie civile américaine) à Francfort pour toute l’Europe», se souvient Jack Bennett, qui vit désormais à Berlin. Sollicité dès le 23 juin par l’US Air Force — les Soviétiques bloquèrent tous les accès terrestres à Berlin-Ouest le 24 juin 1948 — Jack Bennett n’hésita pas longtemps à démonter les sièges passagers de ses appareils pour transporter charbon, pommes de terre et médicaments. A Berlin, «un coup d’œil sur les radars suffisait à impressionner», raconte M. Bennett. En phase d’approche, «les avions s’alignaient sur l’écran comme les perles d’un collier»,...