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Actualités - Chronologie

Espagne : les attentats accentuent la fracture politique face à l'ETA

La classe politique du Pays basque espagnol apparaît de plus en plus divisée sur l’attitude à adopter face à l’ETA, alors que l’organisation armée indépendantiste a repris l’offensive en assassinant deux personnes en trois jours. Tandis que le gouvernement conservateur espagnol répète qu’il n’est pas question pour lui de négocier «avec ceux qui brandissent un pistolet», les partis basques d’obédience nationaliste, encore fortement impressionnés par la conclusion début avril d’un accord de paix en Irlande du Nord, conservent malgré tout l’espoir d’une issue négociée au conflit. Après plus de trois mois de quasi-inactivité, l’ETA a assassiné par balle mercredi à Pampelune (Navarre, nord de l’Espagne) un conseiller municipal, Tomas Caballero, le cinquième élu local conservateur à être tué dans un attentat depuis juillet 1997. Vendredi à Vitoria, la capitale administrative du Pays basque, l’organisation armée a de nouveau frappé en abattant d’une balle dans la tête un garde civil à la retraite, Alfonso Parada Ulloa, qui est décédé samedi à l’aube après douze heures d’agonie. Des sources de la lutte antiterroriste citées par le quotidien madrilène El Mundo ont exprimé samedi leurs craintes que ces deux attentats soient le prélude d’une vaste campagne meurtrière au Pays basque, dans la région voisine de Navarre ou à Madrid. L’ETA chercherait à prouver que sa capacité de nuisance demeure intacte malgré une récente série de succès policiers. Ces nouveaux actes de violence interviennent alors que des contacts discrets se poursuivent entre le Parti nationaliste basque (PNV, modéré) et le bras politique de l’ETA, la coalition Herri Batasuna (HB, «Unité populaire»), pour tenter de négocier une trêve des attentats et l’ouverture de négociations de paix. PP et socialistes refusent le dialogue Le PNV a pris l’initiative de ces contacts après l’échec fracassant, en mars dernier, d’un «plan de paix» élaboré par le chef du gouvernement de la région, le nationaliste José Antonio Ardanza. Ce plan, qui prévoyait l’ouverture de conversations de entre les partis «démocrates» et Herri Batasuna, a été rejeté en bloc par les conservateurs du Parti populaire (PP), au pouvoir en Espagne, et par les socialistes. Ces deux formations refusent tout contact avec l’ETA ou son entourage tant que l’organisation n’aura pas renoncé à la violence. Le président du PP au Pays basque, Carlos Iturgaiz, a appelé vendredi le PNV à «cesser de dialoguer avec les mauvaises gens», et s’est montré partisan d’une «nouvelle étape d’isolement social et policier» des indépendantistes radicaux. Le PP s’appuie sur les récents succès des forces de sécurité, qui ont neutralisé fin mars deux importants commandos de l’ETA, actifs l’un dans la province basque d’Alava, et l’autre en Andalousie. Les divergences entre le PNV et le gouvernement central ont encore été illustrées vendredi par le refus de M. Ardanza de convoquer, à la demande du PP et des socialistes, une réunion du pacte d’Ajuria Enea, un forum constitué en 1988 par tous les partis basques sauf HB dans le but de faire front commun à l’ETA. (AFP)
La classe politique du Pays basque espagnol apparaît de plus en plus divisée sur l’attitude à adopter face à l’ETA, alors que l’organisation armée indépendantiste a repris l’offensive en assassinant deux personnes en trois jours. Tandis que le gouvernement conservateur espagnol répète qu’il n’est pas question pour lui de négocier «avec ceux qui brandissent un pistolet», les partis basques d’obédience nationaliste, encore fortement impressionnés par la conclusion début avril d’un accord de paix en Irlande du Nord, conservent malgré tout l’espoir d’une issue négociée au conflit. Après plus de trois mois de quasi-inactivité, l’ETA a assassiné par balle mercredi à Pampelune (Navarre, nord de l’Espagne) un conseiller municipal, Tomas Caballero, le cinquième élu local conservateur à être tué...