L’Irak a fait savoir au Conseil de Sécurité des Nations Unies qu’il était prêt à se battre pour obtenir la levée des sanctions imposées il y a près de huit ans. Le vice-président irakien Taha Yassine Ramadan a déclaré dans le discours de clôture d’une conférence réunissant des dirigeants arabes à Bagdad que si le Conseil de Sécurité ne réagit pas positivement à la lettre ouverte qui lui a été adressée vendredi dernier, l’Irak devra soit se résigner à mourir à petit feu, soit se battre pour faire lever l’embargo. Il n’a pas précisé en quoi consisterait ce combat. Dans sa lettre, l’Irak affirmait que la prolongation des sanctions imposées après l’invasion du Koweït, en 1990, aurait de «graves conséquences». Ces sanctions ont été renouvelées sur la base d’un rapport de Richard Butler, chef de la commission spéciale de l’ONU chargée du démantèlement des armes de destruction massive de l’Irak. Il a affirmé que l’UNSCOM n’avait pratiquement enregistré aucun progrès depuis six mois. Ramadan a souligné que l’Irak avait tout proposé à l’UNSCOM et avait même ouvert à ses inspecteurs huit «sites présidentiels». Emissaire onusien Par ailleurs, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU à Bagdad, M. Prakash Shah, a été reçu par le vice-président irakien Taha Yassine Ramadan et le vice-premier ministre Tarek Aziz, a indiqué l’agence officielle irakienne INA. M. Ramadan a souligné, lors de l’entretien, la «nécessité de lever l’embargo» imposé depuis août 1990 à l’Irak, «car son maintien constitue un grand danger pour les Irakiens qui souffrent des sanctions injustes». Selon INA, M. Prakash Shah a pour sa part souligné la «coopération» de Bagdad avec les Nations Unies, relevant que plusieurs membres du Conseil de Sécurité ont reconnu que des progrès avaient été réalisés dans ce domaine. L’entretien de M. Shah avec M. Aziz a porté sur «les derniers développements dans les relations entre l’Irak et l’ONU», a ajouté l’INA sans autre précision. Nommé le 5 mars, le représentant onusien avait indiqué que son «rôle consiste à être le lien politique entre la direction irakienne et le secrétariat général de l’ONU», Kofi Annan. Après quatre mois de crise, qui a failli dégénérer en une confrontation militaire avec les Etats-Unis, l’Irak et l’ONU ont conclu le 23 février un accord en vertu duquel les Irakiens avaient ouvert tous leurs sites, y compris ceux dits «présidentiels», aux experts internationaux à la recherche d’armes de destruction massive. Le Conseil de Sécurité a maintenu le 28 avril les sanctions internationales contre l’Irak en dépit des protestations de Bagdad, qui réclame la levée immédiate de l’embargo pétrolier. Cet embargo ne pourra être levé que lorsque l’ONU aura certifié que ce pays ne possède plus d’armes de destruction massive. D’autre part, un congrès de partis politiques et d’organisations syndicales arabes favorables à l’Irak a pressé hier les pays arabes et musulmans de ne plus respecter l’embargo international imposé à Bagdad et dénoncé «l’hégémonie» américano-britannique dans le Golfe. «Nous appelons les pays de la Ligue arabe et de l’Organisation de la Conférence islamique à rompre l’embargo, à autoriser leurs avions à effectuer des vols vers Bagdad et à débloquer les fonds irakiens gelés», a indiqué un communiqué final publié dans la capitale irakienne. (Reuters-AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Irak a fait savoir au Conseil de Sécurité des Nations Unies qu’il était prêt à se battre pour obtenir la levée des sanctions imposées il y a près de huit ans. Le vice-président irakien Taha Yassine Ramadan a déclaré dans le discours de clôture d’une conférence réunissant des dirigeants arabes à Bagdad que si le Conseil de Sécurité ne réagit pas positivement à la lettre ouverte qui lui a été adressée vendredi dernier, l’Irak devra soit se résigner à mourir à petit feu, soit se battre pour faire lever l’embargo. Il n’a pas précisé en quoi consisterait ce combat. Dans sa lettre, l’Irak affirmait que la prolongation des sanctions imposées après l’invasion du Koweït, en 1990, aurait de «graves conséquences». Ces sanctions ont été renouvelées sur la base d’un rapport de Richard Butler,...