Pour sa 21e édition, le rallye Paris-Grenade-Dakar pourrait bien amorcer cette année un début de renouveau. Bien sûr, comme chaque année en janvier, les grosses écuries d’usine – Mitsubishi chez les autos et KTM dans la catégorie motos – s’élanceront jeudi de Grenade en grandes favorites. Mais les écarts semblent se rétrécir dans toutes les catégories avec des prétendants bien décidés à jouer leur carte sur les 9 062 km a priori plus roulants que de coutume de cette 21e édition, qui parcourra l’Espagne, le Maroc, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso et le Sénégal. En autos, Mitsubishi, qui a remporté les deux dernières éditions avec Kenjiro Shinozuka-Henri Magne et Jean-Pierre Fontenay-Gilles Picard, semble intouchable. Les Pajero «Evolution» des deux derniers équipages vainqueurs devraient mener la danse jusqu’à l’arrivée à Dakar le 17 janvier, d’autant que l’écurie japonaise, qui dispose d’une assistance hors pair, bénéficie cette année du renfort de choix de l’Allemande Jutta Kleinschmitt, débauchée chez Schlesser. Jean-Louis Schlesser, son ancien patron, part comme chaque année en position de premier outsider au volant de son prototype Schlesser-Renault. Vainqueur de la Coupe du monde des rallyes raids, le Français, 5e l’an dernier, voudrait bien faire enfin jeu égal dans le Dakar avec les «Mitsu». Allié à Philippe Monnet, Schlesser pourra compter sur le soutien du deuxième équipage de son écurie, composé de Jose Maria Servia et Thierry Delli Zotti, ainsi que sur une assistance améliorée grâce au renfort précieux de Renault. Restent les trouble-fêtes que devraient être une nouvelle fois les Nissan, en gros progrès et qui visent la victoire à plus long terme. Thierry De Lavergne et Salvador Servia seront les pilotes vedettes du constructeur japonais. Mais les débuts en autos de Stéphane Peterhansel, le plus titré des motards du Dakar, seront particulièrement surveillés. Comme chaque année, la caravane autos comprendra son lot de vedettes extérieures au sport automobile comme Luc Alphand, de retour après une première expérience très convaincante, le navigateur Laurent Bourgnon ou la championne olympique de judo Marie-Claire Restoux. En l’absence de Stéphane Peterhansel, la course s’annonce des plus ouvertes chez les motos, puisqu’un seul ancien vainqueur, l’Italien Edi Orioli, est au départ. Sur une KTM semi-officielle, le quadruple vainqueur de l’épreuve sort du lot, même si ses coéquipiers Fabrizio Meoni, Jordi Arcarons, Thierry Magnaldi ou Heinz Kinigardner ou ses rivaux de chez BMW, Richard Sainct et Oscar Gallardo, peuvent aussi inscrire leur nom au palmarès. Réveillon à Grenade avant le désert La caravane du Dakar, qui s’élance de Grenade dans le sud de l’Espagne, prendra le temps de réveillonner jeudi soir entre le prologue et la première étape avant de se mesurer aux sables du désert. Les 1 300 participants et organisateurs salueront comme il se doit l’an nouveau lors d’une soirée au palais des Congrès de la cité andalouse avant de rejoindre Algésiras et Rabat. «Il faudra bien boire à la santé de la nouvelle année», se justifie l’un des membres de la caravane, même si évidemment les excès ou les nuits blanches ne seront pas de rigueur avant d’embarquer pour le Maroc vendredi. Dinde ou paella ? Le programme des agapes est toujours tenu secret, mais «je pense que nos amis espagnols nous auront concocté un beau menu», selon Daniel Hindenoch, du service de presse de la grande équipée. Seul point noir à la veille du prologue jeudi : il pleut sur les murailles de l’Alhambra, le monument hispano-arabe emblématique de la ville de départ. «Comme d’habitude chaque fois que le Dakar est à Grenade», commente-t-on avec un brin de fatalisme. Ce petit contretemps météorologique ne devrait cependant pas entraîner de gros problèmes comme ce fut le cas il y a trois ans. En attendant les réjouissances, la journée de mercredi était consacrée aux rébarbatives vérifications administratives et techniques des quelques 300 pilotes qui s’aligneront dès jeudi pour un prologue sur piste de 5 km. Au chapitre des petits nouveaux qui ne sont pas inconnus, la caravane se fait un plaisir d’accueillir Laurent Bourgnon, qui va essayer de défier les mers de sable avec le même brio que l’océan de la route du Rhum qu’il vient de remporter pour la deuxième fois. Le skieur français Luc Alphand, la championne olympique de judo Marie-Claire Restoux et la vedette de rock flamande Koen Waters font déjà figure d’habitués, au côté de Stéphane Peterhansel, qui va s’essayer au volant d’une voiture après six victoires en moto.
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