La livre libanaise n’a subi aucun changement hier, sur le marché des changes de Beyrouth, entièrement dominé par l’action de la Banque du Liban (BDL) toujours soucieuse de préserver la stabilité monétaire et l’équilibre des échanges. En se portant ainsi «vendeur» du dollar à 1 515,00 LL et théoriquement «acheteur» à 1 502,00 LL, celle-ci est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,50 LL, comme depuis la mi-octobre. Mais en raison de la réticence de l’offre privée à satisfaire la demande commerciale en dollar, les établissements de crédit de la place ont dû négocier le billet vert au haut de la fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 514,50 et 1 515,50 LL, ont indiqué les cambistes. Pourtant, le volume d’affaires de la journée d’hier est resté modérément étoffé, ne dépassant pas quelque dix millions de dollars, presqu’entièrement vendus par la BDL à 1 515,00 LL, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Léger redressement du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est ressaisi hier, face aux autres principales monnaies sur les marchés des changes internationaux, les opérateurs ayant passé des ordres d’achat au lendemain d’une nette dépréciation. Des ordres d’achat à bon compte et de rachat du découvert avaient commencé à être passés à Tokyo tôt dans la matinée sur la parité dollar/yen et cela s’est poursuivi ensuite sur les marchés européens puis à New York, entraînant une hausse du dollar face au deutsche mark et les monnaies qui lui sont attachées. La bonne tenue du billet vert semble s’expliquer par les propos attribués hier, au ministre japonais de la Planification économique selon lesquels la récente remontée du yen est injustifiée et fort préjudiciable pour le Japon. Cette prise de position n’a pas tardé à entraîner un courant de ventes bénéficiaires sur la devise nippone conjugué à des rachats du découvert sur le dollar, ont indiqué les cambistes. De plus, la déclaration faite hier, par le président de la Banque centrale européenne, Wim Duisenberg, à l’hebdomadaire allemand Die Zeit estimant qu’en cas de stabilité des prix son organisme devait essayer d’avoir les taux d’intérêt les plus bas possibles, est venue aussi privilégier le dollar contre les monnaies européennes, notamment le deutsche mark. Cela d’autant que M. Duisenberg a précisé qu’avec une inflation de 0,7 % en Allemagne, les taux d’intérêt à long terme à 3 % n’étaient pas aussi bas. Toutefois, le dollar est parvenu tout juste hier, à New York, à conserver ses gains de la journée en Europe, malgré l’ouverture en hausse de Wall Street et il peinait à s’apprécier davantage. De fait, il paraissait avoir du mal à trouver de l’élan car il a été freiné par les inquiétudes sur une éventuelle destitution du président américain Bill Clinton à l’approche d’un vote dans ce sens demain jeudi par la Chambre des représentants et par l’instabilité des bourses latino-américaines. Enfin, le traditionnel manque de liquidités sur les marchés à l’approche de la fin de l’année n’est pas de nature à inciter les opérateurs à prendre de nouvelles initiatives en cette époque de l’année. C’est ainsi qu’à New York, le billet vert s’est négocié sur un ton légèrement soutenu comme suit : – 1,6880 pour un sterling contre 1,6930, la veille. – 1,6570 DM contre 1,6490. – 5,5540 FF contre 5,5295. – 1,3405 FS contre 1,3275. – 1 640,75 lires contre 1 632,85. – 116,38 yens contre 115,50. Bourse de Beyrouth : en hausse grâce à Solidere «B» Sur les marchés des valeurs mobilières, le principal événement qui a marqué la séance d’hier à la Bourse de Beyrouth a été la baisse des actions de Solidere des deux catégories «A» et «B» au-dessous de leur valeur nominale au premier fixing, et ce pour la première fois depuis leur lancement, en les faisant coter à 9 1/2 dollars contre 10,00 dollars la veille. Mais, au deuxième fixing, les actions «A» sont parvenues à recouvrer tout le terrain perdu en clôturant à 10,00 dollars, alors que celles de la catégorie «B» ont gagné un peu de terrain à 10 1/8 dollars. Ainsi, grâce à cette petite reprise des actions «B» de Solidere, l’ensemble de la cote s’est inscrit en hausse, cela d’autant que toutes les autres valeurs sont restées stationnaires. À cet égard, l’indice général Lispi a progressé de 0,13 % à 86,54 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 195,02 points, comme la veille. Ce développement s’est d’ailleurs produit hier dans un marché restreint où le volume d’affaires n’aurait pas dépassé quelque 36 438 actions d’une valeur globale de 319 814 dollars. Wall Street : reprise technique Wall Street s’est inscrite en hausse hier, après plusieurs journées de baisse, sur des achats à bon compte et de rachats du découvert qui ont touché aussi bien les valeurs de la haute technologie que les industrielles qui étaient les plus affectées par la procédure de destitution du président Clinton qui suit son cours demain devant la Chambre des représentants. Ce phénomène qui a été largement anticipé ainsi que les avertissements sur les résultats de certaines grandes sociétés, ne devaient plus avoir du poids sur la cote. Certes, nombre d’opérateurs ont estimé hier, devoir se couvrir dans la perspective d’un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale mardi prochain, lors de la réunion du comité de l’open market. L’annonce hier, d’une faible hausse de 0,2 % de l’indice des prix à la consommation le mois dernier, comme en novembre, est venue confirmer l’absence de signes inflationnistes et renforcer les pronostics de baisse des taux d’intérêt américains. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est remonté d’un plus bas à 8 678,61 points à un plus haut à 8 766,92 points, avant d’afficher en préclôture 8 746,98 points, en hausse de 54,38 points sur la veille. Paris : clôture en hausse La Bourse était en hausse mardi à l’issue d’une séance irrégulière, bénéficiant en fin de séance du raffermissement du dollar et du retournement à la hausse de Wall Street, ont rapporté des opérateurs. Le CAC 40 a gagné 0,29 % à 3 673,76 pts contre un plus bas de 3 641,73 pts. Le volume a totalisé 12,9 mds (10,1 mds sur le CAC). «Il y a des grosses lignes qui tournent sur plusieurs valeurs dans le cadre d’ajustements de positions mais comme il n’y a personne en face, cela fait bouger les titres de manière importante», a commenté le responsable du sales trading d’une des premières sociétés de Bourse de la place. Une partie importante des transactions résulte également d’arbitrages entre le future et le cash, souligne-t-on. Pathé a été la vedette du jour avec un gain de 9,93 % à 1 516 FF dans un volume étoffé de 253 000 titres. Bolloré a annoncé mardi matin avoir acquis 10,5 % du capital de la société «dans le cadre d’un investissement financier». «Vincent Bolloré est fidèle à sa stratégie habituelle, qui consiste à acquérir un actif sous-valorisé. S’il tente une OPA, ce sera pour vendre par appartement», a estimé un analyste. «Personne n’a jamais été vraiment tranquille après avoir accueilli Bolloré au sein de son capital», a résumé un autre analyste. Total, en hausse de 3,96 % dans 1,6 mln de titres, a bénéficié d’un rebond après sa chute consécutive à l’annonce du rachat de PetroFina. Ce rebond s’est fait malgré l’abaissement de la recommandation de «surperformance» à «neutre» du courtier américain Lehman Brothers. Elf a de son côté reculé de 1,74 % malgré la petite reprise du baril avant la réunion jeudi des ministres du Pétrole de l’Arabie séoudite, du Mexique et du Venezuela pour tenter de stabiliser le marché pétrolier. Rémy Cointreau a progressé de 7,58 % alors que la société a annoncé un bénéfice semestriel et réitéré sa prévision d’un retour au bénéfice sur l’exercice au 31 mars 1999. BNP a continué de nettement reculer (–3,38 %) sans que les professionnels interrogés n’aient d’explications précises à avancer. Les autres bancaires ont également sous-performé le CAC 40 mais dans une bien moindre mesure. «Globalement le secteur bancaire, que se soit aux États-Unis ou ailleurs, a beaucoup baissé par rapport à ses récents plus hauts. Le recul de la BNP fait peut-être partie de ce mouvement», a commenté le responsable du sales trading d’une société de Bourse américaine. Valeo, en forte baisse depuis le début du mois, s’est enfin stabilisé alors qu’un important ordre de vente aurait pris fin. Danone a gagné 1,01 %. Le groupe a annoncé après la clôture le remboursement anticipé de ses obligations convertibles 6,6 % 1990-2000. Tokyo : poursuite de la baisse La Bourse de Tokyo, affaiblie par un renouveau de la méfiance envers les valeurs bancaires, a terminé mardi en baisse de 0,7 %, parvenant toutefois à s’inscrire au-dessus de la barre des 14 000 points qui avait été enfoncée un quart d’heure avant la fin de la séance. L’indice Nikkei a cédé 100,43 points, pour revenir à 14 011,19 points. Il s’agit là du plus bas niveau de cet indice depuis le 2 novembre dernier où il avait atteint 13 952,27 points. L’indice élargi Topix a terminé en baisse de 11,04 points à 1 089,27 points. «Quand le Nikkei 225 est passé sous les 14 000 points, il semble que les fonds d’investissement ont commencé à acheter sur le marché des dérivés», a affirmé un opérateur d’Universal Securities Co. Ltd. «Des achats sur des valeurs sous-cotées ont également eu lieu, empêchant une baisse importante en-dessous des 14 000 points», a-t-il dit. Le volume de transactions a été inhabituellement calme avec un volume d’échanges estimé de 409 millions d’actions contre 320 millions la veille qui avait été une journée extrêmement morne. La morosité des investisseurs s’est accentuée en cours de séance au détriment des valeurs bancaires en raison du pessimisme généré par la nationalisation de la banque Nippon Credit Bank par le gouvernement pendant le week-end, ont indiqué les opérateurs. «Les ventes ont concerné l’ensemble du secteur bancaire», a indiqué l’un d’entre eux. «La nationalisation de Nippon Credit Bank a ranimé l’inquiétude des investisseurs et provoqué une vague de ventes», a précisé un opérateur. «Cela risque de se poursuivre, les investisseurs réagissant à la nouvelle réalité», qui est que les banques en difficulté ne seront pas renflouées, a-t-il ajouté. Les ventes ont atteint leur maximum en fin de matinée lorsque les investisseurs ont commencé à se concentrer sur les banques qui pourraient faire l’objet à leur tour d’une nationalisation. Elles ont particulièrement touché les «trust banks» (banques fiduciaires), notamment Yasuda Trust, obligenat cette banque à publier dans la journée un communiqué soulignant que sa restructuration se déroulait sans problème. Parmi les autres valeurs bancaires dont les titres ont été vendus, figurent Mitsui Trust et Daiwa Bank. Les cours ont été également affectés par des ventes de titres des blue chips, ainsi que par celles liées à la liquidation de participations croisées. «Quand ce genre de situation voit le jour à un moment où le sentiment général du marché reste morose, les acheteurs se mettent sur la touche et laissent le marché exposé à de nouvelles ventes», selon un opérateur.
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