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Actualités - Chronologie

L'ennui dans une nouvelle version L'obsession jusqu'à la folie

L’obsession jusqu’à la folie d’un philosophe pour les rondeurs d’une adolescente est le thème de «L’ennui», le troisième long métrage de Cédric Kahn, pour lequel il a reçu le Prix Louis Delluc 1998. La mort et la petite mort sont au cœur de ce film, inspiré du roman d’Alberto Moravia, à la fois très cérébral et très charnel, très bavard et très physique, qui met aux prises Charles Berling, acteur depuis longtemps rôdé sur les planches et de plus en plus sollicité au cinéma, et Sophie Guillemin, une nouvelle venue dans un rôle délicat. Dépressif et nerveux, Michel a décidé de renoncer au sexe pour se consacrer à l’écriture. Mais lorsqu’un soir, du côté de Pigalle, il aperçoit un homme âgé, un peintre, avec une adolescente, il est intrigué et les suit. Michel veut tenter de percer le mystère de la mort du peintre (interprété par le réalisateur américain Robert Kramer) dont la jeune Cécilia était le modèle et la maîtresse. Petit à petit, il va reprendre à son compte les obsessions et les fantasmes du mort et nouer avec l’adolescente une relation basée uniquement sur des rapports charnels. Tyrannique, jaloux, possessif, torturé, l’intellectuel interroge, tel un policier, Cécilia qui lui oppose une placidité et une opacité à toute épreuve. «Son sexe est plus expressif que sa bouche», remarque l’amant qui en perd toute philosphie. «Plus je la prends et moins je la possède», avoue Michel à son ex-femme, sa confidente, la sophistiquée et mondaine Sophie (Arielle Dombasle), qui est le contraire de Cécilia. Avec son physique d’adolescente boulotte, Cécilia n’est qu’un insaisissable fantasme qui pousse le professeur à l’hystérie. Femme et enfant Pour le réalisateur de «Bar des rails» et de «Trop de bonheur», la difficulté d’adaptation de ce roman très littéraire était de trouver l’interprète adéquate pour incarner une adolescente de 17 ans, qui joue sans pudeur, sans gêne et sans culpabilité, des scènes de sexe très crues. «Le miracle, dit-il, a été de tomber sur Sophie. On ne cherche pas une fille comme elle, tout simplement parce qu’on ne peut pas l’imaginer. On ne la voit pas dans les magazines, ni dans les films. Elle ressemble aux modèles des peintres du début du siècle». Sophie Guillemin, qui n’avait jamais joué, a 20 ans, mais paraît tour à tour femme et enfant. Après avoir passé son bac, elle a abandonné les études qui l’ennuyaient pour travailler comme baby-sitter, dans un fast- food, à Disneyland. Mais depuis «L’ennui», elle rêve au cinéma.
L’obsession jusqu’à la folie d’un philosophe pour les rondeurs d’une adolescente est le thème de «L’ennui», le troisième long métrage de Cédric Kahn, pour lequel il a reçu le Prix Louis Delluc 1998. La mort et la petite mort sont au cœur de ce film, inspiré du roman d’Alberto Moravia, à la fois très cérébral et très charnel, très bavard et très physique, qui met aux prises Charles Berling, acteur depuis longtemps rôdé sur les planches et de plus en plus sollicité au cinéma, et Sophie Guillemin, une nouvelle venue dans un rôle délicat. Dépressif et nerveux, Michel a décidé de renoncer au sexe pour se consacrer à l’écriture. Mais lorsqu’un soir, du côté de Pigalle, il aperçoit un homme âgé, un peintre, avec une adolescente, il est intrigué et les suit. Michel veut tenter de percer le...