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Actualités - Chronologie

Société - Les vietnamiens en quête du bonheur Conseils sur l'amour

Du lycéen au chef d’entreprise, les Vietnamiens s’adressent de plus en aux centres de consultation de psychologues pour lutter contre la souffrance morale et protéger un bonheur rendu précaire par l’érosion des valeurs culturelles. «Les besoins spirituels des gens augmentent parce que le pays s’ouvre sur l’étranger et que leur mode de vie a changé», explique Nguyen Thi Minh Tan, directrice adjointe d’un“ trung tam tu van tinh yêu”, ou centre de consultations sur le bonheur. Créé il y a cinq ans avec une dizaine de sociologues et de psychologues, ce centre fournit gratuitement chaque jour entre 300 et 400 consultations téléphoniques ou écrites aux gens de toutes les couches sociales. Une dizaine de centres ont été créés à Hanoi. Mais apparemment, c’est surtout aux deux extrémités de l’échelle sociale que l’on consulte : parmi les très riches et les très pauvres. «Soixante-dix pour cent des demandeurs sont âgés de 15 à 30 ans et viennent solliciter particulièrement des conseils sur l’amour, le mariage et le bonheur familial», indique Mme Tan, dont le centre est parrainé par l’Union de la jeunesse communiste. Mme Tan vient de recevoir la visite d’une Hanoïenne de 33 ans, qui souhaite divorcer d’un mari infidèle et qui a fait trois tentatives de suicide. «J’ai vraiment besoin de ce genre de service, car je ne peux demander ni à mes parents ni à mes professeurs de m’aider à régler mes problèmes personnels», explique une autre femme, Vu Thi Hanh, 26 ans. Déboussolés Plus de dix années d’ouverture ont ébranlé les fondations de la famille et de la société vietnamiennes et favorisé l’individualisme. Beaucoup, parmi les 76 millions de Vietnamiens, se trouvent aujourd’hui déboussolés et dans une grande détresse et solitude morales. «Les thèmes les plus abordés sont le divorce, le conflit familial, la protection du bonheur conjugal, la prévention des maladies sexuellement transmissibles et l’éducation des enfants», ajoute Mme Tan. Selon elle, les femmes représentent la majorité des demandeurs parce qu’elles souffrent davantage que les hommes des violences familiales et des conséquences des divorces qui ne cessent de progresser. Les adolescentes sont hantées par la survenue de grossesses non désirées, un phénomène en forte hausse ces dernières années avec la libération des mœurs. «De nombreuses adolescentes ne connaissent rien aux moyens de contraception et sont rejetées quand elles donnent la vie après des relations sexuelles non protégées», ajoute la directrice adjointe du centre. Les adolescentes représenteraient au Vietnam 20% de toutes les femmes enceintes. À Ho Chi Minh-Ville (Sud), des établissements similaires sont très fréquentés non seulement par les Saïgonnais mais aussi par les habitants des provinces rurales voisines. Mme Ly Thi Mai dirige le centre de consultation sur l’amour, le mariage et la famille basé dans l’ancienne Saïgon. Son centre, explique-t-elle, a donné l’an dernier des «conseils intimes» à près de 80 000 personnes dont des Vietkieu (Vietnamiens d’outre-mer) et des étrangers. Et pour tous, les conseils sont moralisateurs. Mme Mai dénonce «le matérialisme et l’adultère des hommes» et donne «des leçons d’édification morale» à ceux qui viennent la voir. «De très nombreux hommes ne pensent qu’à gagner de l’argent et d’autres deviennent des débauchés, sont égoïstes et irresponsables maintenant avec toutes ces influences étrangères», commente la responsable.
Du lycéen au chef d’entreprise, les Vietnamiens s’adressent de plus en aux centres de consultation de psychologues pour lutter contre la souffrance morale et protéger un bonheur rendu précaire par l’érosion des valeurs culturelles. «Les besoins spirituels des gens augmentent parce que le pays s’ouvre sur l’étranger et que leur mode de vie a changé», explique Nguyen Thi Minh Tan, directrice adjointe d’un“ trung tam tu van tinh yêu”, ou centre de consultations sur le bonheur. Créé il y a cinq ans avec une dizaine de sociologues et de psychologues, ce centre fournit gratuitement chaque jour entre 300 et 400 consultations téléphoniques ou écrites aux gens de toutes les couches sociales. Une dizaine de centres ont été créés à Hanoi. Mais apparemment, c’est surtout aux deux extrémités de l’échelle...