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Actualités - Conferences Et Seminaires

Zoologie - La culture du chimpanzé A la frontière de l'humain

Le chimpanzé est chasseur, grand mangeur de viande, partage ses proies, collabore et transmet un savoir collectif nécessaire pour l’utilisation d’outils, critères autrefois réservés à l’homme, a noté le primatologue Christophe Boesch, au cours d’un colloque organisé à Paris. Pour cet homme de terrain, de l’Institut Max-Planck de Leipzig (Allemagne), qui mène depuis une vingtaine d’années des recherches dans le Parc national de la forêt Taï, en Côte d’Ivoire, leur comportement mériterait la mise en place d’une discipline véritablement nouvelle, qui pourrait s’appeler «anthropologie culturelle des chimpanzés». «En effet, a-t-il expliqué lors de cette manifestation organisée à la Cité des sciences de la Villette, on ne peut plus dire : le chimpanzé fait ceci ou cela, mais, par exemple, les chimpanzés de Taï font ceci, et ceux des monts Mahale, en Tanzanie, cela. Chacune des populations a un comportement particulier et emploie des outils différents. Quarante types d’utilisation de pierres, bâtons, brindilles, éponges en feuilles mâchées... ont été observés à ce jour». Les chimpanzés de Taï ont recours à des «marteaux» et des «enclumes» de pierre pour casser des noix. Pendant la saison, ils travaillent pendant deux heures et quart par jour, avec des blocs de granit pesant jusqu’à cinq kilogrammes. Partage des noix Pendant cinq à six ans, la mère partage les noix avec son enfant, qui découvre progressivement la technique du cassage. Sinon, a expliqué le scientifique, il n’y penserait jamais, comme le démontrent d’autres populations qui ignorent complètement cette activité, tout en vivant dans des régions où l’on trouve aussi noix et pierres. La notion de partage est surtout fortement liée à la chasse, activité, a insisté Christophe Boesch, qui n’est pas du tout anecdotique. Les chimpanzés tuent de petites antilopes et des singes, surtout des colobes. «Pendant la période de chasse de trois mois, à Taï, ils chassent quotidiennement et consomment quelque 200 grammes de viande, soit l’équivalent d’un bon bifteck par jour». Dans 80 % des cas, la chasse est collective. Après avoir repéré une proie, les uns deviennent rabatteurs, d’autres se placent en position latérale, d’autres encore ferment le cercle et les derniers anticipent. «Si des critères de partage, d’altruisme, de culture peuvent être appliqués au chimpanzé, où passe vraiment la frontière entre l’homme et ces grands singes ? s’est demandé Christophe Boesch en conclusion. Nous n’avons étudié jusqu’ici qu’une huitaine de populations de chimpanzés et nos connaissances sont donc encore très embryonnaires. La différence existe évidemment mais nous sommes dans l’impossibilité de la situer avec précision».
Le chimpanzé est chasseur, grand mangeur de viande, partage ses proies, collabore et transmet un savoir collectif nécessaire pour l’utilisation d’outils, critères autrefois réservés à l’homme, a noté le primatologue Christophe Boesch, au cours d’un colloque organisé à Paris. Pour cet homme de terrain, de l’Institut Max-Planck de Leipzig (Allemagne), qui mène depuis une vingtaine d’années des recherches dans le Parc national de la forêt Taï, en Côte d’Ivoire, leur comportement mériterait la mise en place d’une discipline véritablement nouvelle, qui pourrait s’appeler «anthropologie culturelle des chimpanzés». «En effet, a-t-il expliqué lors de cette manifestation organisée à la Cité des sciences de la Villette, on ne peut plus dire : le chimpanzé fait ceci ou cela, mais, par exemple, les...