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Actualités - Analyse

Premier test sérieux : les nominations administratives

Maintenant, le gouvernement doit commencer à relever les innombrables défis qu’il s’est lui-même fixé dans sa déclaration ministérielle. Sur le plan concret, son tout premier test d’aptitude va se rapporter aux nominations administratives qu’il doit effectuer. On va voir à cette occasion si les qualifications de compétence, d’adéquation à la fonction (the right man at the right place) et de probité vont prendre le pas sur les critères de partage et de clientélisme politicards. On va voir aussi si les recommandations du Conseil de la Fonction publique vont être retenues ou ignorées. Et si à la tête des directions générales, les désignations vont se faire sans a priori confessionnel, la règle de Taëf étant que la parité chrétiens-musulmans doit être globalement respectée, mais sans aucune chasse gardée pour les communautés. Sur le plan pratique, la rénovation de l’organigramme constitue un exercice de haute voltige. Le principe de consensus national également consacré par Taëf commande en effet que la parité chrétiens-musulmans soit aussi bien qualitative que quantitative, étant donné que les directions générales ne sont évidemment pas toutes d’une même importance. C’est ce qui fait que la plupart des postes de première catégorie sont répartis entre les communautés d’une manière quasi invariable. Le nouveau système se propose de bousculer cette tradition. Il va donc devoir jongler avec une précision extrême pour combiner compétence des fonctionnaires et équilibre politique effectif. «C’est bien pourquoi, souligne un député, il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs. Avant de procéder au mouvement administratif d’ensemble, il convient de disposer d’un organisme de recommandation et de contrôle dûment réhabilité. En commençant par le sommet. Autrement dit, l’entrée en matière des nominations doit consister à doter le Conseil de la Fonction publique, l’Inspection centrale, la Cour des comptes, le Conseil de discipline générale et la Direction des adjudications de responsables au-dessus de tout soupçon sur le plan professionnel et sur le plan civique ou moral. Il faut en tout cas nommer très vite un président pour le Conseil de la Fonction publique, puisque cet organisme doit être consulté sur tous les dossiers des fonctionnaires susceptibles d’être promus». Pour ce député, qui remplit bien là son rôle de défenseur du public, «le pouvoir doit comprendre que l’administration a pour vocation de servir les gens, non pas de les emmouscailler comme elle le fait à plaisir. Il ne suffit pas que l’on accroche à la porte des bureaux une boîte à lettres pour les réclamations et il faut que les nouveaux directeurs généraux en personne assument l’audition des plaintes». Les propositions Chalak C’est peut-être trop leur demander, car ils ont bien d’autres tâches à assurer. Mais il est certain qu’on doit trouver un système, un service spécialisé par exemple, pour le suivi des plaintes, pour vérifier leur bien-fondé ou leur malveillance et pour que la bureaucratie cesse d’accabler le citoyen ordinaire. En tout cas c’est à travers le test des nominations qu’on verra si le gouvernement est déterminé, comme il l’affirme, à mener à bien la réforme administrative. Laquelle comprend bien d’autres chapitres : l’épuration, l’élagage des surplus dans certains services, le pourvoi des postes vacants dans d’autres, la vérification des compétences, l’allègement des formalités. Et la compression budgétaire. À ce propos, le ministre de la Réforme Hassan Chalak avait fait, quand il dirigeait le Conseil de la Fonction publique, les propositions suivantes : – Supprimer de quelque 5 000 postes inutiles, dont la plupart relèvent d’un même ministère. – Niveler à la proportionnelle le nombre d’enseignants et d’élèves dans le secteur public. Il y a actuellement 33 000 instituteurs pour 254 000 élèves alors qu’en 1975, il y en avait 19 000 pour 319 000. – Cesser de recruter des journaliers sauf dans les cas de nécessité fixés par le décret numéro 5 583 du 3 novembre 1994. – Cesser également de recruter des contractuels, sauf dans les limites fixées par l’article 87 du Code de la Fonction publique et du régime de qualification spéciale numéro 10 183 établi le 2 mai 1997. – Redistributer le personnel journalier en excédent dans les ministères des P&T, de l’Agriculture, des TP, de l’Éducation ainsi qu’à l’Office des transports et à la municipalité de Beyrouth. – Réexaminer la comptabilité des dépenses engagées en direction des institutions reconnues d’utilité publique, des hôpitaux gouvernementaux, des écoles publiques qui reçoivent plus de 100 000 LL par élève. Réexaminer également les dépenses de fournitures, mobilier et autres. Et surtout revoir les contrats de location, pour bâtiments publics, la facture s’élevant à plus de 40 milliards de LL. – Créer une caisse autonome pour les pensions de retraite dont on ferait travailler les fonds.
Maintenant, le gouvernement doit commencer à relever les innombrables défis qu’il s’est lui-même fixé dans sa déclaration ministérielle. Sur le plan concret, son tout premier test d’aptitude va se rapporter aux nominations administratives qu’il doit effectuer. On va voir à cette occasion si les qualifications de compétence, d’adéquation à la fonction (the right man at the right place) et de probité vont prendre le pas sur les critères de partage et de clientélisme politicards. On va voir aussi si les recommandations du Conseil de la Fonction publique vont être retenues ou ignorées. Et si à la tête des directions générales, les désignations vont se faire sans a priori confessionnel, la règle de Taëf étant que la parité chrétiens-musulmans doit être globalement respectée, mais sans aucune chasse gardée...