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Actualités - Chronologie

D'une liaison irresponsable à un vote de destitution

L’affaire Lewinsky avait démarré il y a onze mois comme la liaison irresponsable de l’homme le plus puissant du monde avec une jeune stagiaire à peine plus âgée que sa fille. Cette liaison avait duré 18 mois, de novembre 1995 à mai 1997, marquée par une dizaine d’étreintes sexuelles hâtives, dans un petit bureau attenant au bureau ovale. Le scandale avait éclaté le 21 janvier dans la presse. Quelques jours plus tôt, le procureur indépendant Kenneth Starr avait obtenu du département de la Justice d’enquêter sur cette affaire, informé par une «amie» de Monica Lewinsky, Linda Tripp, que la jeune fille avait menti à la justice pour cacher sa liaison. Bill Clinton avait fait de même le 17 janvier, interrogé comme Monica par les avocats de Paula Jones, une ancienne employée accusant M. Clinton de harcèlement sexuel. Pour prouver que M. Clinton a menti et demandé à ses proches de faire de même, M. Starr, procureur puritain et obstiné, fait alors interroger plus de 70 témoins devant un «grand jury» populaire, reconstruit méthodiquement les emplois du temps de Bill Clinton et Monica Lewinsky, grâce notamment à des cassettes sur lesquelles Linda Tripp a pendant des semaines enregistré les confidences de Monica Lewinsky à son insu. M. Starr exige même une prise de sang du président, pour établir que du sperme trouvé sur une robe de Monica lui appartient, la presse se déchaîne et n’épargne aux Américains aucun détail. Le 23 juillet, M. Starr obtient la coopération de Monica Lewinsky en l’assurant de l’immunité judiciaire, et le 17 août il contraint M. Clinton à témoigner devant le grand jury. Bill Clinton et Monica Lewinsky n’ont jamais eu de relations sexuelles complètes et c’est autour de cette distinction sémantique douteuse que Bill Clinton construit sa défense, affirmant au pays et à la justice qu’il n’a pas eu de relations sexuelles avec la jeune femme, mais admettant finalement une «relation inappropriée». Mais Kenneth Starr ne s’en laisse pas compter et transmet le 11 septembre au Congrès un volumineux rapport d’une précision quasi pornographique, accusant M. Clinton de parjure, entrave à la justice et abus de pouvoir. Le Congrès à majorité républicaine diffuse l’intégralité du rapport sur Internet, et le 21 septembre, diffuse les images du témoignage de M. Clinton en août. Alors que l’opinion publique est aux deux tiers opposée à une procédure de destitution, la commission judiciaire de la Chambre des représentants vote cependant pour l’ouverture d’une enquête en destitution le 5 octobre, et la Chambre fait de même. M. Clinton croit à tort être sauvé lorsque les électeurs désavouent les républicains lors des législatives du 3 novembre. Mais vendredi, après plusieurs jours de débat, la commission judiciaire, à majorité républicaine, a voté le premier article de destitution (sorte de chef d’inculpation) contre M. Clinton.
L’affaire Lewinsky avait démarré il y a onze mois comme la liaison irresponsable de l’homme le plus puissant du monde avec une jeune stagiaire à peine plus âgée que sa fille. Cette liaison avait duré 18 mois, de novembre 1995 à mai 1997, marquée par une dizaine d’étreintes sexuelles hâtives, dans un petit bureau attenant au bureau ovale. Le scandale avait éclaté le 21 janvier dans la presse. Quelques jours plus tôt, le procureur indépendant Kenneth Starr avait obtenu du département de la Justice d’enquêter sur cette affaire, informé par une «amie» de Monica Lewinsky, Linda Tripp, que la jeune fille avait menti à la justice pour cacher sa liaison. Bill Clinton avait fait de même le 17 janvier, interrogé comme Monica par les avocats de Paula Jones, une ancienne employée accusant M. Clinton de harcèlement...