Si les pays impliqués dans le conflit en République démocratique du Congo se sont bien «engagés» à accepter une trêve des armes, celle-ci reste à confirmer sur le terrain. Et M. Annan, secrétaire général de l’Onu, «espère qu’ils ne vont pas changer d’avis tout de suite». Une délégation de la rébellion congolaise, venue à Paris bien que non invitée au sommet, a pour sa part prévenu que la rébellion entendait poursuivre le combat. Les soldats rebelles au président de la RDCongo, Laurent-Désiré Kabila, veulent se battre jusqu’au bout, a déclaré sur la ligne de front le commandant Gabriel, officier en second en charge de la zone opérationnelle du nord-est Kaatanga. «Nos représentants n’étaient pas présents à cette réunion de Paris. Moi je ne suis pas Rwandais, je ne suis pas Ougandais, je suis Congolais et je sais pourquoi je me bats», a affirmé cet officier. Il réagissait à l’annonce faite sur les radios internationales d’un accord au sommet France-Afrique à Paris, entre les belligérants de la crise en RDC, en vue de la signature d’un cessez-le-feu immédiat. «Tant que je n’aurais pas reçu d’ordres dans ce sens de mes supérieurs, je resterai ici, je me battrais et j’empêcherai les Zimbabwéens de traverser», a-t-il ajouté. Cet officier congolais, ancien des Forces armées zaïroises (Faz), a souligné que «les soldats congolais qui se battent le font pour chasser Kabila, et rétablir les Congolais dans leurs droits. Les Zimbabwéens pillent le Congo avec l’accord de Kabila et nous ne pouvons pas accepter cela», a-t-il estimé, ajoutant que seul le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) pouvait décider d’un cessez-le-feu. Le pont Nzofu, sur la rivière Walaba, marque la ligne de front sur laquelle les rebelles affirment bloquer la contre-offensive des forces alliées au président de RDC, Laurent-Désiré Kabila. Situé à 14 kilomètres au sud-ouest de Kabalo, la base arrière des rebelles pour ce front, le pont de 860 mètres est fermement contrôlé par la rébellion. Un wagon de marchandises bloque l’accès à la voie ferrée et des hommes sont en position le long de la piste. «Ils ont essayé de passer avec des chars, mais on les a repoussés. Quand ils bombardent, ça tombe dans la brousse. Leurs hélicos ont peur de venir maintenant, car on en a touché un», a affirmé le commandant Gabriel. Les forces zimbabwéennes ne sont stationnées, selon la rébellion, qu’à 4 kilomètres sur la rive gauche du fleuve. Les rebelles désignent des reflets dans le soleil couchant comme étant les lunettes de visée des chars zimbabwéens. Les avions de chasse zimbabwéens ont également poursuivi samedi leurs rotations au-dessus de Kabalo, mais n’ont cette fois largué aucune bombe. Des sources diplomatiques françaises ont également nuancé ce rapprochement en indiquant simplement qu’un «processus» était en cours. Comme l’a souligné le vice-président sud-africain Thabo Mbeki en estimant que l’avancée obtenue à Paris sur le dossier congolais «confirmait un processus en cours». La trêve reste en effet à être formalisée par la signature d’un accord de cessez-le-feu en bonne et due forme. Lors d’un précédent sommet, à Victoria Falls (Zimbabwe) début septembre, les principaux pays protagonistes de la crise congolaise s’étaient en effet déjà mis d’accord sur une cessation immédiate des hostilités qui ne s’est jamais concrétisée.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Si les pays impliqués dans le conflit en République démocratique du Congo se sont bien «engagés» à accepter une trêve des armes, celle-ci reste à confirmer sur le terrain. Et M. Annan, secrétaire général de l’Onu, «espère qu’ils ne vont pas changer d’avis tout de suite». Une délégation de la rébellion congolaise, venue à Paris bien que non invitée au sommet, a pour sa part prévenu que la rébellion entendait poursuivre le combat. Les soldats rebelles au président de la RDCongo, Laurent-Désiré Kabila, veulent se battre jusqu’au bout, a déclaré sur la ligne de front le commandant Gabriel, officier en second en charge de la zone opérationnelle du nord-est Kaatanga. «Nos représentants n’étaient pas présents à cette réunion de Paris. Moi je ne suis pas Rwandais, je ne suis pas Ougandais, je suis...