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Actualités - Chronologie

Un homme invisible depuis son arrestation

Le général Augusto Pinochet, omniprésent à la une de la presse internationale, joue à l’homme invisible depuis son arrestation à Londres où son séjour forcé a toutes les chances de se prolonger. Pas une photo du général aux lunettes fumées n’a été prise depuis son arrestation surprise le 16 octobre dernier dans une clinique londonienne. Pas même l’ombre de sa silhouette dessinée derrière des rideaux à une fenêtre de la chambre où il est confiné. La presse a tenté en vain de voler une image de ce «fantôme». Elle en a été privée y compris lors de son transfert le 29 octobre dernier dans une clinique psychiatrique de luxe du nord de Londres, qui s’est effectué dans une voiture aux vitres soigneusement fumées. L’évolution de son état de santé, après une opération pour une hernie lombaire, reste également mystérieuse. Elle est l’objet de rumeurs et de confidences distillées par son proche entourage, seul autorisé à lui rendre visite. «Mon mari a perdu le sourire et l’appétit», affirmait son épouse Lucia, peu de temps après son arrestation. «Il est debout, mange bien et est très combatif», affirmait, de son côté, un sénateur de droite chilien juste avant le jugement de la chambre des Lords qui a dénié l’immunité au général. Pour preuve de cet optimisme, une caméra de télévision avait saisi l’arrivée mercredi à la clinique d’une femme portant un gâteau et une glacière – contenant peut-être du champagne –, le jour du 83e anniversaire de l’ancien dictateur. Le quotidien The Guardian racontait jeudi qu’une ambulance se tenait prête, moteur en marche, à transporter le général vers la base de la Royal Air Force où un avion-hôpital de l’armée chilienne l’attendait. Triste d’un seul coup Dans les couloirs du Parlement, quelques minutes à peine avant le verdict des Lords, Hernan Felipe Errazuriz, ancien ministre des Relations extérieures sous la dictature du général, affirmait: «Dans deux heures, il est dans l’avion». Au moment du jugement, le général, ses valises bouclées, était entouré de l’attaché militaire de l’ambassade chilienne à Londres, le général Oscar Izurieta, et de sa famille. Sa femme Lucia, ses filles Lucia et Veronica et l’un de ses fils Marco-Antonio, sont présents à Londres. L’entourage du général affirmait pourtant que, loin d’être abattu, Augusto Pinochet était «déterminé à se battre». Il «confiait qu’il ne serait pas facile de l’abattre», a affirmé un sénateur chilien, Hernan Larrain, qui lui a rendu visite. Le général aurait refusé d’écouter le verdict retransmis en direct à la télévision et a attendu que sa famille le lui communique. «Il n’a pas pleuré, d’ailleurs il ne pleure jamais, mais il est devenu très triste d’un seul coup. Il a dit : Bon, il va falloir attendre la prochaine étape», racontaient des sources proches de l’ambassade. La prochaine étape sera sa convocation devant la justice le 2 décembre prochain, une date qui pourrait être repoussée au 9, après la demande par le ministre de l’Intérieur, Jack Straw, d’un délai de réflexion supplémentaire pour décider s’il transmet à la justice les procédures d’extradition ou s’il libère le général. En théorie, l’ancien dictateur, si son état de santé le permet, pourrait comparaître pour la première fois en personne devant la justice. Mais il pourrait également se dérober, en arguant qu’il est physiquement trop faible. L’intérêt des défenseurs de Pinochet est d’accréditer l’idée de son mauvais état de santé afin de convaincre Jack Straw d’user de son droit de le libérer au vu de «considérations humanitaires», compte tenu de son grand âge et de son état de santé. Redoutant une longue attente, son entourage cherche depuis quelques jours une résidence «confortable» répondant aux critères de sécurité exigés par Scotland Yard. Un endroit où il pourrait attendre «dignement» la suite des événements.
Le général Augusto Pinochet, omniprésent à la une de la presse internationale, joue à l’homme invisible depuis son arrestation à Londres où son séjour forcé a toutes les chances de se prolonger. Pas une photo du général aux lunettes fumées n’a été prise depuis son arrestation surprise le 16 octobre dernier dans une clinique londonienne. Pas même l’ombre de sa silhouette dessinée derrière des rideaux à une fenêtre de la chambre où il est confiné. La presse a tenté en vain de voler une image de ce «fantôme». Elle en a été privée y compris lors de son transfert le 29 octobre dernier dans une clinique psychiatrique de luxe du nord de Londres, qui s’est effectué dans une voiture aux vitres soigneusement fumées. L’évolution de son état de santé, après une opération pour une hernie lombaire, reste...