Pékin a officiellement fait acte de candidature mercredi pour l’organisation des Jeux olympiques de 2008 pour tenter d’effacer l’affront subi il y a cinq ans par la capitale chinoise, lorsque Sydney lui avait été préférée pour accueillir les Jeux de l’an 2000. «Nous pensons qu’en tant que pays le plus peuplé du monde avec une économie croissante et vigoureuse, la Chine doit organiser les jeux Olympiques et contribuer davantage au mouvement olympique», a déclaré Wu Shaozu, président du Comité olympique chinois (COC). M. Wu a reçu la candidature de Pékin dans la matinée des mains du maire Jia Qingling, lors d’une cérémonie au siège du Parlement chinois. Le COC se réunira en janvier pour discuter de la candidature. Si elle est acceptée, il la transmettra officiellement au Comité international olympique (CIO) qui prendra sa décision en 2001. Le président du COC, également ministre des Sports, a justifié la nouvelle candidature de Pékin en rappelant qu’en 1993, Sydney avait été préférée à la capitale chinoise par seulement deux voix d’écart lors du vote du Comité international olympique (CIO). «Beaucoup de gens en Chine et de nombreux amis étrangers espéraient que la Chine serait à nouveau candidate», a-t-il déclaré. L’échec de 1993 avait été très mal pris en Chine, où le régime communiste s’était engagé dans une colossale opération de propagande dans les mois précédant la décision du CIO. Les autorités avaient été jusqu’à décréter la fermeture des usines de la capitale afin de purifier l’air de la ville avant la tournée d’inspection du CIO. Le secrétaire général du COC, Tu Mingde, avait reconnu l’an dernier que la rebuffade infligée à Pékin avait été «une amère leçon». D’autres responsables chinois ont accusé les pays occidentaux d’avoir mélangé le sport et la politique en refusant la candidature pékinoise. La candidature chinoise s’était en effet heurtée à de nombreuses critiques concernant les violations des droits de l’homme en Chine, quatre ans après la répression sanglante du mouvement de Tiananmen. La Chine avait tenté in extremis une offensive de charme à destination de l’opinion publique occidentale en libérant le principal opposant démocrate, Wei Jingsheng, quelques jours avant la décision du CIO. Wei, qui avait été réincarcéré six mois plus tard, a finalement été libéré en novembre 1997 après 18 années passées derrière les barreaux et exilé aux États-Unis. Si elle parvient à lever les réticences occidentales, la Chine devra aussi convaincre de sa détermination à lutter efficacement contre le dopage. Nombre de ses athlètes ont été mis en cause dans des affaires de dopage, notamment en début d’année aux Championnats du monde de natation à Perth (Australie). Soutien de Samaranch Le président du CIO, Juan Antonio Samaranch, n’a jamais caché son soutien à la candidature chinoise, mais il doit quitter ses fonctions en 2001 avant le choix des JO de 2008. Contre la capitale chinoise, la ville japonaise d’Osaka est candidate à l’organisation des jeux. En Corée du Sud, Pusan a fait savoir cette semaine qu’elle abandonnait la course. Parmi les autres candidates possibles figurent Buenos Aires, Istanbul, Séville et Toronto, voire Paris et Mexico. Athènes a été désignée pour organiser les JO de 2004. En Chine même, d’autres villes pourraient encore en théorie déposer un dossier de candidature auprès du COC. Shanghai et Canton, plus développées que Pékin et moins marquées politiquement, pourraient même avoir plus de chances de l’emporter lors de la décision du CIO. Osaka fait bonne figure après la candidature de Pékin À Hong Kong, où l’on envisageait une candidature conjointe avec Macao, des responsables ont fait savoir que la ville espérait partager l’organisation des JO avec Pékin, tout en admettant que la candidature de la capitale réduisait fortement les chances du territoire. Osaka, la métropole commercante de l’ouest du Japon, s’est efforcée de faire bonne figure mercredi après l’annonce de la candidature de Pékin pour l’organisation des jeux Olympiques d’été 2008, se déclarant convaincue qu’elle remporterait cette compétition. Osaka s’est déclarée candidate fin 1996 et a été choisie comme la ville candidate pour le Japon en août 1997. «J’avais quelque peu prévu que Pékin se joindrait à la course», a expliqué Hiroki Hashimoto, un responsable chargé de la promotion officielle de la candidature d’Osaka. «Je reste convaincu que nous sommes en mesure de mener une grande campagne de relations publiques pour faire en sorte qu’Osaka soit le site retenu pour les prochains Jeux», a ajouté M. Hashimoto. «C’est en mettant en avant les avantages d’Osaka que nous allons remporter la course», a-t-il dit. Le maire de Pékin, Jia Qingling, a remis officiellement mercredi la candidature de la capitale chinoise à Wu Shaozu, président du Comité olympique chinois (COC), lors d’une cérémonie au Palais du Peuple, siège du Parlement. Outre Osaka, parmi les autres villes dans la course figurent Buenos Aires, Istanbul, Séville et Toronto. Le Comité olympique international prendra une décision définitive sur le site en 2001. Kevan Gosper enthousiasmé par la candidature de Pékin L’Australien Kevan Gosper, membre du Comité international olympique (CIO), a accueilli mercredi avec enthousisame la candidature de Pékin à l’organisation des jeux Olympiques de 2008. «J’espérais toujours que Pékin se porte à nouveau candidate, après que nous l’ayons emporté de si peu en 1993 à son détriment», a déclaré Kevan Gosper, faisant référence aux deux votes ayant alors fait pencher la balance en faveur de Sydney pour l’attribution des Jeux de l’an 2000. «Ce serait une excellente initiative de confier l’organisation des Jeux à un pays où vit un quart de la population mondiale», a-t-il ajouté. «Les Chinois ont fait beaucoup de progrès, et sont prêts à mener à bien cette entreprise».
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