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Actualités - Chronologie

Une lumière neuve sur l'épilepsie (photos)

Dostoïevski, Flaubert, Alexandre le Grand, Van Gogh, César, Tchaïkovski. L’épilepsie serait-elle la maladie des êtres géniaux, exceptionnels? Pourtant, depuis l’Antiquité elle véhicule un lourd bagage occulte qui contribue à maintenir autour d’elle un halo de terreur irraisonnée et de préjugés tenaces quoique absurdes. Les personnes atteintes sont acculées, ainsi, à taire leur maladie pour se mettre à l’abri d’interprétations erronées et de commentaires blessants, totalement injustifiés. Or, grâce aux traitements actuels, seul un pourcentage restreint parmi les personnes atteintes continue à avoir des crises périodiquement. Les 80% des épileptiques peuvent vivre tout à fait normalement grâce à un traitement bien adapté à leur cas. À présent, une avancée décisive dans la compréhension de l’épilepsie infantile fait naître des perspectives nouvelles à la recherche et des espoirs réels pour l’avenir. Grâce à cette avancée scientifique, le fameux «Mal divin» d’antan perd toute connotation surnaturelle, puisqu’il ne représente, en fait, qu’une erreur de parcours au moment où se construit l’embryon dans le corps maternel. Une équipe de chercheurs français vient, dans le cadre de ses recherches auprès de l’INSERM (Institut national de la santé et de recherches médicales), d’apporter une nouvelle explication sur l’origine de cette maladie chez l’enfant. Cette découverte, publiée dans Proceedings of National Academy of Science (No du 17 août 1998), serait susceptible, selon les spécialistes, d’avoir des conséquences importantes sur l’étude de la schizophrénie et de la dyslexie. L’équipe française a pu en effet apporter une nouvelle explication, selon laquelle la propagation des crises se trouve amplifiée par le fait que des neurones peuvent établir des connexions entre l’hippocampe et le néocortex. Ces deux régions du cerveau sont, normalement, dénuées de tout lien. L’épilepsie infantile, comme la schizophrénie et la dyslexie, s’associe dans nombre de cas à une anomalie précoce du développement cérébral durant la phase embryonnaire. On savait déjà que chez des enfants épileptiques, des neurones en position anormale existaient au sein du cortex du fait des troubles de leur migration durant les premières étapes du développement embryonnaire. On ignorait, cependant, les conséquences de ces anomalies. La clef du mystère Les chercheurs français, au terme de leurs expériences sur des rats, ont réussi à élucider ce point obscur. Dans les premiers stades du développement cérébral, certains neurones se fixent sur l’hippocampe (face intérieure du lobe temporal) au lieu d’atteindre leur destination finale: le néocortex. Ils établissent ainsi un lien direct anormal («aberrant») entre ces deux régions cérébrables qui devraient rester sans connexion l’une à l’autre. L’hippocampe étant généralement le point de départ de crises épileptiques, la décharge se propage, provoquant une crise amplifiée, généralisée. Chez des animaux de laboratoire normaux, la stimulation de l’hippocampe, parfaitement localisée, provoque une crise épileptique . Ces résultats se rapprochent du développement des crises d’épilepsie infantile, associées à des anomalies du cortex cérébral. Ces crises sont discrètes, se manifestant par de simples rougeur ou pâleur. Elles peuvent cependant se généraliser au néocortex et se caractériser par des convulsions. La prochaine étape Les travaux de l’INSERM vont s’étendre maintenant au domaine de la schizophrénie et de la dyslexie. Comme l’épilepsie infantile, ces deux troubles pourraient être associés à des perturbations du développement cérébral précoce. Car quoique la «construction» du cerveau est établie dès la naissance, durant les premières années de la vie et jusqu’à la puberté, les connexions entre les neurones se mettent en place. Dans le cas de la schizophrénie et, à un degré moindre, de la dyslexie, des anomalies peuvent exister dès la naissance mais elles ne s’expriment que bien plus lentement et tardivement que l’épilepsie infantile. Les travaux de recherche se poursuivent activement dans cette voie. Mais ils permettent déjà d’affirmer que des anomalies du cortex (la substance grise des hémisphères cérébraux) peuvent être à l’origine de ces maladies. Ces anomalies étant des erreurs de parcours dans la migration des neurones aux tout premiers temps de la formation du fœtus.
Dostoïevski, Flaubert, Alexandre le Grand, Van Gogh, César, Tchaïkovski. L’épilepsie serait-elle la maladie des êtres géniaux, exceptionnels? Pourtant, depuis l’Antiquité elle véhicule un lourd bagage occulte qui contribue à maintenir autour d’elle un halo de terreur irraisonnée et de préjugés tenaces quoique absurdes. Les personnes atteintes sont acculées, ainsi, à taire leur maladie pour se mettre à l’abri d’interprétations erronées et de commentaires blessants, totalement injustifiés. Or, grâce aux traitements actuels, seul un pourcentage restreint parmi les personnes atteintes continue à avoir des crises périodiquement. Les 80% des épileptiques peuvent vivre tout à fait normalement grâce à un traitement bien adapté à leur cas. À présent, une avancée décisive dans la compréhension de...