La machine Z est de loin le plus puissant générateur de rayons X jamais conçu par l’Homme. D’apparence banale, l’épais bâtiment de béton qui la recouvre abrite les 36 générateurs électriques qui pourraient, un jour, allumer l’étincelle de la fusion nucléaire. Environ 200 fois par an, ces générateurs disposés en un cercle de 30 m de diamètre font courir dans des câbles épais comme le torse d’un cheval une décharge de 50 trillions de watts qui galope vers le centre de l’engin. C’est là que l’attend, dans une chambre sous vide, une cage de près de 400 fils de tungstène vingt fois plus fins qu’un cheveu humain. L’effet est d’une violence inouïe. À la manière d’un fusible victime d’un court-circuit, les fils implosent et se vaporisent en un plasma brûlant. Par un effet appelé «pincement Z», qui donne son nom à l’engin, le champ magnétique produit par le courant projette ce qui reste des fils les uns contre les autres à la vitesse de plusieurs millions de km/h. De ce cataclysme à l’échelle microscopique va naître une formidable explosion de rayons X qui, à l’avenir, devrait permettre de porter le cœur de la machine à plus de 2 millions de degrés Celsius et d’y pincer des isotopes de deutérium et de tritium jusqu’à ce qu’ils fusionnent. En multipliant le nombre de fils de tungstène, les chercheurs des laboratoires Sandia sont parvenus à tirer de la machine Z, l’espace de quelques milliardièmes de seconde, une puissance de près de 300 terawatts, ou 300 trillions de watts, de rayons X. Mais le chemin est encore long. La machine Z ne produit encore que 20 % de l’énergie, 40 % de la puissance et 50 % de la température nécessaires pour créer une réaction de fusion produisant plus d’énergie qu’elle n’en consomme. «Je ne verrai sûrement pas de centrale électrique alimentée par la fusion pendant ma vie», reconnaît Jeff Quintenz. Mais «nous sommes de plus en plus nombreux à penser qu’un jour ce sera possible».
La machine Z est de loin le plus puissant générateur de rayons X jamais conçu par l’Homme. D’apparence banale, l’épais bâtiment de béton qui la recouvre abrite les 36 générateurs électriques qui pourraient, un jour, allumer l’étincelle de la fusion nucléaire. Environ 200 fois par an, ces générateurs disposés en un cercle de 30 m de diamètre font courir dans des câbles épais comme le torse d’un cheval une décharge de 50 trillions de watts qui galope vers le centre de l’engin. C’est là que l’attend, dans une chambre sous vide, une cage de près de 400 fils de tungstène vingt fois plus fins qu’un cheveu humain. L’effet est d’une violence inouïe. À la manière d’un fusible victime d’un court-circuit, les fils implosent et se vaporisent en un plasma brûlant. Par un effet appelé «pincement...
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