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Actualités - Chronologie

Cuba La Havane ferme les vannes des télés satellites

Les Cubains vont être privés d’accès clandestin aux émissions télévisées destinées aux touristes et résidents étrangers, après que les autorités cubaines eurent décidé de régler le problème de manière radicale en supprimant l’émission des signaux par retransmetteur. «La décision gouvernementale a été prise de suspendre le service de télévision (...) à travers le transmetteur dont nous disposons à La Havane avant le 31 décembre 1998, pour des raisons plus que justifiées», annonce à ses clients par courrier le gérant de la société d’État Telecable Internacional, M. Pablo Alea. Interrogé par téléphone, M. Alea a précisé que la décision a été prise pour des «raisons politiques, économiques et techniques». Il a reconnu que «le piratage du signal, même codé, grâce à des équipements artisanaux» avait, entre autres, motivé la décision d’interrompre la retransmission par émetteur micro-ondes. Le gérant de Telecable Internacional a refusé de préciser par téléphone les autres raisons invoquées. En alternative, l’entreprise propose à ses clients de recevoir désormais le service directement par antennes paraboliques avec, au passage, une augmentation des tarifs. Telecable Internacional vend aux résidents étrangers un «bouquet» de chaînes télévisées étrangères, en majorité américaines, dont la chaîne CNN d’information en continu. Ces programmes — les mêmes qui sont disponibles dans les chambres d’hôtel de la capitale cubaine —permettent pour 50 dollars par mois de varier le menu offert par les deux uniques chaînes de télévision d’État. Unique condition pour recevoir ce service, légalement ou clandestinement: être en vue de l’hôtel Habana Libre, l’immeuble le plus haut de La Havane et dont le toit est hérissé des antennes du retransmetteur de Telecable Internacional. Les antennes clandestines Pour le reste, un décodeur bricolé et une discrète antenne en forme de tube — qui lui a valu le surnom populaire de «cigarette» — suffisent pour voir apparaître sur l’écran du téléviseur familial des images jusque-là inaccessibles du monde capitaliste extérieur. Le système complet de piratage est vendu aux Cubains entre 200 et 250 dollars (soit 20 à 25 mois de salaire moyen en monnaie nationale sur la base du change semi-officiel). Une première prolifération d’antennes clandestines au début des années 90 avait été stoppée par une plus grande sophistication du codage des émissions, mais les petits génies cubains de la technique ont progressé entre-temps... La décision de mettre un terme à cette nouvelle dérive intervient une dizaine de jours après le Congrès de l’Union nationale des écrivains et artistes cubains (UNEAC) qui avait conclu à la nécessité de défendre l’identité culturelle cubaine contre les visées de l’impérialisme culturel américain. Le rôle-clé de la télévision dans cette bataille idéologique avait été particulièrement débattu. Les États-Unis contrôlent 70 % des satellites de communication, plus de 60 % des réseaux de télécommunications et 75 % d’Internet, avait relevé le président cubain Fidel Castro dans son discours de clôture.
Les Cubains vont être privés d’accès clandestin aux émissions télévisées destinées aux touristes et résidents étrangers, après que les autorités cubaines eurent décidé de régler le problème de manière radicale en supprimant l’émission des signaux par retransmetteur. «La décision gouvernementale a été prise de suspendre le service de télévision (...) à travers le transmetteur dont nous disposons à La Havane avant le 31 décembre 1998, pour des raisons plus que justifiées», annonce à ses clients par courrier le gérant de la société d’État Telecable Internacional, M. Pablo Alea. Interrogé par téléphone, M. Alea a précisé que la décision a été prise pour des «raisons politiques, économiques et techniques». Il a reconnu que «le piratage du signal, même codé, grâce à des équipements...