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Actualités - Chronologie

Le PKK, entre stalinisme et pragmatisme

«Organisation terroriste» pour de nombreux pays, notamment la Turquie, «mouvement de libération» pour les Kurdes, le PKK, dont le chef Abdullah Öcalan est détenu à Rome, incarne l’espoir d’une large autonomie pour les Kurdes de Turquie dont il est le principal bras armé. Le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), mouvement marxiste-léniniste monolithique qui n’a jamais reculé devant l’action violente, a subi récemment des revers militaires qui l’ont contraint à s’orienter vers une action plus politique. Cette nouvelle orientation a été facilitée par l’écho favorable dont bénéficient les aspirations nationales des Kurdes auprès d’une partie de l’opinion européenne. Actuellement très affaiblies, «les unités combattantes du PKK peuvent mobiliser au maximum 5 000 hommes en termes d’opérations militaires», estime Didier Billion, spécialiste de la Turquie à l’Institut de recherches internationales et stratégiques (IRIS) de Paris. D’autres sources kurdes à Paris donnent le chiffre de 10 000 hommes. Dans un texte récemment publié et rendu public, le Front de libération nationale du Kurdistan (ERNK), organisation politique qui coiffe le PKK, affirmait que le mouvement d’Abdullah Öcalan «souhaite orienter sa lutte et ses revendications dans le sens d’un compromis avec les États en place». Ce texte soulignait également «une orientation plus démocratique donnée aux choix politiques» du PKK. Une telle orientation est en phase avec les récentes déclarations du chef du gouvernement italien, Massimo d’Alema, qui doit actuellement trouver une solution au problème délicat que lui pose la détention sur le sol italien du chef du PKK. Il a invité mardi Ankara à aborder la question kurde «politiquement et par la négociation pacifique». «L’action militaire a montré ses limites», estime Kendal Nezan, président de l’Institut kurde de Paris, à vocation culturelle. Une rupture avec le passé Le PKK doit tenir compte des importants revers subis depuis le déclenchement, en 1993, de vastes offensives des forces de sécurité turques. Le conflit entre le PKK et les armées d’Ankara a fait près de 31 000 morts et 3 500 villages détruits, selon les statistiques turques, et «trois millions de déplacés», selon Kendal Nezan. Si elle devait se concrétiser, l’évolution récente du PKK marquerait une rupture avec le passé violent de cette organisation, dirigée d’une main de fer depuis ses débuts par Abdullah Öcalan, surnommé Apo, 49 ans. Inspiré par d’autres luttes de libération dans le tiers-monde, le PKK – fondé officiellement le 27 novembre 1978 – a commencé «sa lutte armée» le 15 août 1984. En 1985, le PKK fonde l’ERNK, et en 1986 l’Armée de libération populaire du Kurdistan (ARGK). Des partis, largement acquis au PKK, sont créés entre 1984 et 1990 en Turquie, ainsi que des quotidiens et des associations. Parmi les succès politiques récents du PKK figurent la création d’un Parlement en exil, l’ouverture de bureaux de représentation un peu partout en Europe, et surtout l’accès à la chaîne satellitaire MED-TV, dont le siège est à Bruxelles, ce qui permet aux nombreux Kurdes d’Europe et de Turquie d’avoir un large accès aux informations du mouvement d’Öcalan. «Incontestablement, cette organisation est marquée par un fonctionnement antidémocratique» illustré «par des règlements de comptes internes sanglants», et par la «liquidation d’autres mouvements nationalistes kurdes» qui lui faisaient de l’ombre en Europe et en Turquie, selon Didier Billion. «Même si une évolution existe» au sein du PKK, explique-t-il, «la logique de l’analyse d’Apo date d’avant la fin de la guerre froide, selon toutes les personnes qui l’ont approché».
«Organisation terroriste» pour de nombreux pays, notamment la Turquie, «mouvement de libération» pour les Kurdes, le PKK, dont le chef Abdullah Öcalan est détenu à Rome, incarne l’espoir d’une large autonomie pour les Kurdes de Turquie dont il est le principal bras armé. Le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), mouvement marxiste-léniniste monolithique qui n’a jamais reculé devant l’action violente, a subi récemment des revers militaires qui l’ont contraint à s’orienter vers une action plus politique. Cette nouvelle orientation a été facilitée par l’écho favorable dont bénéficient les aspirations nationales des Kurdes auprès d’une partie de l’opinion européenne. Actuellement très affaiblies, «les unités combattantes du PKK peuvent mobiliser au maximum 5 000 hommes en termes d’opérations...