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Actualités - Chronologie

Ruée sur Viagra

Les mâles américains se sont précipités sur Viagra, la pilule pour remédier à l’impuissance, dès sa commercialisation et depuis des semaines les demandes de l’Europe affluent au laboratoire Pfizer. L’engouement se comprend: 20 à 25% des hommes sont concernés, car souffrant de difficultés ou de dysfonctionnements érectiles d’origine organique ou psychologique et 10% d’impuissance permanente, sans oublier la commodité du traitement (un comprimé à avaler) au lieu de prothèses ou d’injections dans le pénis. L’Europe devra patienter encore «plusieurs mois», selon le laboratoire, avant de trouver sur le marché ce médicament «à l’évidence intéressant», de l’avis des spécialistes. En attendant, c’est la ruée sur toutes les filières disponibles (Internet, relations aux Etats-Unis, etc.) pour se procurer le précieux comprimé bleu, délivré sur ordonnance à 10 dollars l’unité. Le traitement marche. «L’amélioration de l’érection est observée chez 70 à 80% des patients», selon le Dr Ronald Virag, un des spécialistes français qui ont testé le produit. Il est cependant soucieux de ne pas donner de «faux espoirs» à tous ceux qui rêvent de retrouver leurs prouesses d’antan. Aphrodisiaque? «le produit ne crée pas et ne modifie pas le désir», souligne le Dr François Giuliano, urologue à l’hôpital de Bicêtre (région parisienne) qui a participé à plusieurs essais de la nouvelle molécule depuis trois ans. Viagra a été expérimenté sur plus de 3.000 patients. Comme tout médicament, il a des effets indésirables: maux de tête, modification de la perception de certaines couleurs comme le bleu, courbatures, rougeurs, troubles digestifs. Désagréments «transitoires et fugaces», assure Pfizer. Le laboratoire assure qu’on n’a rapporté aucun cas de priapisme, érection prolongée indésirable, dangereuse et douloureuse. Traitement chronique La toute nouvelle molécule de citrate de sildénafil, inhibiteur de la phosphodiestérase de type 5, facilite l’afflux de sang dans la verge, mais n’apporte rien à l’éjaculateur précoce. Sa prise est contre-indiquée pour les hommes qui prennent des dérivés nitrés contre l’angine de poitrine. «On n’a pas décelé de dépendance ou d’accoutumance, obligeant par exemple à augmenter les doses», précise le Dr Giuliano. La molécule ne guérit pas. C’est un traitement chronique dans la plupart des cas». Il a noté une «amélioration dans un cas sur deux chez les diabétiques et, d’après une étude coordonnée par son service, dans environ deux tiers des cas chez des jeunes blessés de la moelle épinière, para ou tétraplégiques à la suite d’accidents de moto ou de la route». «Beaucoup d’entre eux sont satisfaits, mais on ne sait pas encore si cette amélioration est suffisante», ajoute-t-il prudemment. La prescription massive de la molécule, pas toujours avec le minimum de sérieux médical requis, est propice à la détection, d’effets indésirables inattendus n’ont pas été détectés lors des essais, indiquent les médecins. Le Dr Virag évoque la «folie» déclenchée par Viagra, qui a généré «120 millions de chiffres d’affaires la première semaine de commercialisation aux Etats-Unis». «Personnellement, je ne le préconise pas aux hypertendus qui se traitent avec des vasodilatateurs», déclare-t-il. Il a observé un cas d’interférence fâcheuse — un trouble du rythme cardiaque plutôt grave — chez un patient qui prenait Viagra tout en se frottant régulièrement le crâne avec une lotion à base de minoxidil pour faire repousser les cheveux... (AFP)
Les mâles américains se sont précipités sur Viagra, la pilule pour remédier à l’impuissance, dès sa commercialisation et depuis des semaines les demandes de l’Europe affluent au laboratoire Pfizer. L’engouement se comprend: 20 à 25% des hommes sont concernés, car souffrant de difficultés ou de dysfonctionnements érectiles d’origine organique ou psychologique et 10% d’impuissance permanente, sans oublier la commodité du traitement (un comprimé à avaler) au lieu de prothèses ou d’injections dans le pénis. L’Europe devra patienter encore «plusieurs mois», selon le laboratoire, avant de trouver sur le marché ce médicament «à l’évidence intéressant», de l’avis des spécialistes. En attendant, c’est la ruée sur toutes les filières disponibles (Internet, relations aux Etats-Unis, etc.) pour se...