Cinquante ans après leur exode forcé, les premiers Palestiniens réfugiés en Jordanie se sont parfaitement intégrés dans ce pays mais des milliers d’autres, exilés à la suite de la guerre de 1967, n’en finissent pas de s’interroger sur leur avenir. La création en 1948 de l’Etat d’Israël a poussé à l’exil quelque 700.000 Palestiniens, sur le million environ qui peuplait la Palestine sous mandat britannique. De ces exilés, 100.000 ont traversé le Jourdain et se sont réfugiés en Jordanie. D’autres se sont installés en Cisjordanie (rattachée à la Jordanie en 1950) et la bande de Gaza, alors sous contrôle égyptien. Mais la guerre de 1967 et l’occupation par l’Etat hébreu de ces territoires a provoqué un nouvel exode des Palestiniens. Selon les chiffres de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), 350.000 Palestiniens sont déplacés en 1967. Pour les familles de 140.000 d’entre eux, il s’agit là d’un deuxième exode. En 1948, les Palestiniens représentaient 17% de la population de la Jordanie. Ils représentent aujourd’hui plus de la moitié des 4,2 millions d’habitants du royaume, selon des estimations indépendantes, 35% selon les chiffres officiels. Dans leur écrasante majorité, ces Palestiniens n’ont pas eu de problèmes d’adaptation en Jordanie, où ils ont bénéficié des mêmes privilèges que les Jordaniens. Toutefois, depuis la signature des accords de paix palestino-israéliens et l’établissement d’un régime d’autonomie palestinienne en 1994, la question du droit au retour des déplacés de 1967 a été soulevée dans le cadre des négociations multilatérales. Depuis, les officiels jordaniens insistent sur le droit au retour des déplacés sur leur territoire, estimés aujourd’hui à 672.000 et dont plus de la moitié vit dans des camps, tout en soulignant que cela ne signifie pas que la Jordanie les forcera au retour. Le roi Hussein a affirmé à maintes reprises que tout Palestinien résidant en Jordanie était Jordanien et jouissait des mêmes droits et obligations que les autres, tout en restant libre de choisir lorsque les Palestiniens seront en mesure d’exercer «leurs droits sur leur terre». «Les Palestiniens de Jordanie, qu’ils soient réfugiés de 1948 ou déplacés de 1967, resteront dans le royaume, la situation régionale ne permettant à aucun d’entre eux d’aller ailleurs», déclare M. Taher Masri, ancien premier ministre (1991), lui-même originaire de Naplouse, en Cisjordanie. Selon lui, le traité de paix jordano-israélien (octobre (1994) «a augmenté les craintes des Jordaniens qu’une ouverture entre les deux rives du Jourdain ne mène à une situation de prépondérance de la population palestinienne en Jordanie, qui aboutirait à terme à transformer le royaume en Etat de substitution pour les Palestiniens».(AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Cinquante ans après leur exode forcé, les premiers Palestiniens réfugiés en Jordanie se sont parfaitement intégrés dans ce pays mais des milliers d’autres, exilés à la suite de la guerre de 1967, n’en finissent pas de s’interroger sur leur avenir. La création en 1948 de l’Etat d’Israël a poussé à l’exil quelque 700.000 Palestiniens, sur le million environ qui peuplait la Palestine sous mandat britannique. De ces exilés, 100.000 ont traversé le Jourdain et se sont réfugiés en Jordanie. D’autres se sont installés en Cisjordanie (rattachée à la Jordanie en 1950) et la bande de Gaza, alors sous contrôle égyptien. Mais la guerre de 1967 et l’occupation par l’Etat hébreu de ces territoires a provoqué un nouvel exode des Palestiniens. Selon les chiffres de l’Office de secours et de travaux des...