Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) a accusé l’Autorité de M. Yasser Arafat de raviver les tensions inter-palestiniennes en s’opposant à une enquête des intégristes sur les circonstances de la mort de leur artificier en chef Mohieddine Sharif. «En exigeant que le Hamas cesse son enquête sur la mort de Sharif, l’Autorité suscite des doutes sur sa crédibilité et cela contribue à créer des tensions», a affirmé M. Mahmoud al-Zahar, un dirigeant du Hamas à Gaza. Il a fait cette déclaration après qu’un proche collaborateur de M. Arafat, M. Tayeb Abdel Rahim, eut affirmé vendredi dernier que les investigations indépendantes du Hamas étaient illégales et que les dirigeants islamistes se comportaient comme «des seigneurs de guerre en Afghanistan ou en Somalie». Selon l’enquête de l’Autorité palestinienne, Sharif a été tué le 29 mars par des rivaux qui lui contestaient la direction de la branche armée clandestine du Hamas. Cette conclusion a suscité de vives tensions inter-palestiniennes, car le mouvement intégriste a accusé l’Autorité de M. Arafat d’avoir favorisé le meurtre de Sharif imputé à Israël. M. Zahar a affirmé que la version de l’Autorité était «fabriquée de toutes pièces pour cacher la vérité». Le Hamas a en outre reproché aux services de sécurité palestiniens de torturer des militants intégristes présumés. «Le recours à la torture a atteint un niveau insupportable de cruauté», déclare le mouvement islamiste dans un communiqué relatant le cas de Hassanain Ramana, un intégriste palestinien de 29 ans, père de quatre enfants, arrêté en avril par la police palestinienne. La tête recouverte d’un sac, M. Ramana a été attaché nu sur une chaise dans une position pénible pendant cinq jours d’affilée et privé de sommeil, selon le Hamas qui affirme que cette technique est utilisée dans leurs interrogatoires de suspects par les services secrets israéliens. Toujours selon ce communiqué, le militant intégriste a dû être hospitalisé car il n’est plus en mesure d’ingérer de la nourriture à cause des coups que lui ont infligés au visage sept policiers palestiniens. La police palestinienne a arrêté de nombreux sympathisants ou militants du Hamas après la mort de Sharif. Israël exige de l’Autorité de M. Arafat qu’elle démantèle l’infrastructure «terroriste» du Hamas, mouvement hostile aux accords d’Oslo et responsable d’attentats qui ont tué des dizaines d’Israéliens depuis 1994. L’appui du Koweit Par ailleurs, le guide spirituel du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), cheikh Ahmed Yassine, a indiqué qu’il allait visiter le Koweit pour tenter d’obtenir son soutien face à Israël, dans une déclaration à un journal koweitien. «Notre espoir aujourd’hui est que nos relations avec le peuple koweitien et ses dirigeants se développent, et que leur soutien s’intensifie pour que nous puissions recouvrer nos droits», a indiqué cheikh Yassine au quotidien koweitien al-Rai al-Aaam. Le Koweit avait gelé ses relations avec l’OLP en raison de son attitude jugée favorable à l’Irak durant la crise du Golfe (1990-1991). Avant l’invasion des troupes irakiennes, le Koweit était l’un des principaux bailleurs de fonds de la centrale palestinienne. Cheikh Yassine, attendu dans les prochains jours au Koweit dans le cadre d’une tournée dans le Golfe, a indiqué que son mouvement s’était opposé en 1990 à l’occupation irakienne de l’émirat, soulignant qu’il «n’avait pas l’intention de visiter l’Irak». Le guide du Hamas, actuellement au Qatar, est attendu aujourd’hui mardi à Téhéran pour des entretiens avec les dirigeants iraniens, selon le journal «Iran News». L’Iran, qui ne reconnaît pas Israël, soutient le Hamas dans sa lutte contre l’Etat hébreu. Libéré en octobre dernier par Israël, cheikh Yassine, 61 ans, a effectué en avril le pèlerinage annuel de La Mecque en Arabie Séoudite et reçu de soins dans un hôpital du royaume. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) a accusé l’Autorité de M. Yasser Arafat de raviver les tensions inter-palestiniennes en s’opposant à une enquête des intégristes sur les circonstances de la mort de leur artificier en chef Mohieddine Sharif. «En exigeant que le Hamas cesse son enquête sur la mort de Sharif, l’Autorité suscite des doutes sur sa crédibilité et cela contribue à créer des tensions», a affirmé M. Mahmoud al-Zahar, un dirigeant du Hamas à Gaza. Il a fait cette déclaration après qu’un proche collaborateur de M. Arafat, M. Tayeb Abdel Rahim, eut affirmé vendredi dernier que les investigations indépendantes du Hamas étaient illégales et que les dirigeants islamistes se comportaient comme «des seigneurs de guerre en Afghanistan ou en Somalie». Selon l’enquête de l’Autorité...