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Actualités - Chronologie

Du café aux baskets, tout est contrefait en Roumanie

Du liquide de frein au whisky, en passant par les baskets et les détergents, les produits vendus en Roumanie sont dans leur majorité des contrefaçons de mauvaise qualité, qui mettent en danger la santé des consommateurs. Les contrôles effectués dans plusieurs marchés et chez des fabricants ont permis à l’Office pour la protection des consommateurs (OPC) de Bucarest de découvrir des sachets de grains de café remplis à 30% de graviers et de haricots, du café en poudre mélangé à de la poudre de figues séchées ou encore des paquets de cacao contenant à 95% de l’amidon. «En 1995, nous avons réussi à imposer l’obligation pour les importateurs et les marchands de biens alimentaires d’apposer une étiquette en roumain détaillant le contenu du produit», a déclaré le responsable de l’OPC, Savin Ivanov. Cette obligation n’épargne cependant pas les Roumains des pires surprises. Alexandru Lascu, professeur d’université à Bucarest, n’oubliera jamais son embarras lorsque, en ouvrant une bouteille de whisky pour servir à des invités étrangers de marque, il constata que la bouteille ne contenait que du thé. Bien que les hôtes de M. Lascu aient trouvé cet incident pittoresque, la situation peut devenir dramatique lorsque des produits alimentaires sont remplacés par des substances toxiques. Ainsi, en 1997, une personne est décédée et plusieurs autres ont été hospitalisées dans un état grave à la suite d’absorption d’une bière mélangée avec du détergent, censé rendre la boisson plus mousseuse. «Nous sommes sur les traces d’une société qui vend des sachets de poivre contenant de la cendre à plus de 50%. Au contact de l’eau, cette substance a un effet particulièrement nocif sur l’organisme, pouvant même provoquer la mort de celui qui la consomme», explique M. Ivanov. Fromage à la colle Le paprika fabriqué «à base de poudre de briques» ou le fromage incorporé à de la colle sont également monnaie courante sur les marchés. Selon plusieurs témoignages, le liquide de frein de mauvaise qualité est à l’origine de nombreux accidents, tandis que les automobilistes ne cessent de dénoncer les dégâts subis par leur véhicule à la suite de présence de l’eau dans l’essence. Les boîtes de lessive à double fond et remplies de triphosphate de sodium, un engrais ayant «des faibles qualités détergentes», n’étonnent plus personne en Roumanie, alors que le ketchup fabriqué avec de l’amidon et des colorants synthétiques est devenu la règle, selon M. Ivanov. «A part les cas les plus graves, lorsque nous pouvons poursuivre en justice les coupables, nous disposons de très peu de moyens pour tenter de mettre un terme à cet afflux de contrefaçons», s’indigne M. Ivanov. Selon lui, l’OPC est réduit à infliger des amendes qui peuvent aller jusqu’à 4 millions de lei (476 dollars), un montant ridicule pour des sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse souvent plusieurs millions de dollars. M. Ivanov regrette également que l’OPC, qui ne compte que 650 employés sur l’ensemble du pays, ne soit pas autorisé à intervenir pour empêcher l’entrée en Roumanie de produits dont la qualité ne correspond pas aux normes. «Sans être dangereux pour la santé, les vêtements et les chaussures contrefaits illustrent le mépris pour les Roumains aux ressources financières modestes», estime le responsable de l’OPC. «Si vous achetez cette paire de baskets Puma chez nous, vous ne la payerez que 150.000 lei (18 dollars). Si vous allez dans un grand magasin, vous aurez une paire identique pour 600.000 lei» (72 dollars), déclare une vendeuse, en tentant de convaincre une cliente indécise. «De toute façon, ce ne sont pas de vrais Puma», ajoute en toute innocence la vendeuse. Selon M. Ivanov, le marché roumain est envahi de fausses chaussures de marque, dont les semelles se détachent au bout de quelques jours seulement. Il en est de même pour les vêtements de grands couturiers comme Pierre Cardin ou pour les articles de sport aux grandes griffes telle Adidas, qui se déchirent ou se décolorent dès la première pluie. (AFP)
Du liquide de frein au whisky, en passant par les baskets et les détergents, les produits vendus en Roumanie sont dans leur majorité des contrefaçons de mauvaise qualité, qui mettent en danger la santé des consommateurs. Les contrôles effectués dans plusieurs marchés et chez des fabricants ont permis à l’Office pour la protection des consommateurs (OPC) de Bucarest de découvrir des sachets de grains de café remplis à 30% de graviers et de haricots, du café en poudre mélangé à de la poudre de figues séchées ou encore des paquets de cacao contenant à 95% de l’amidon. «En 1995, nous avons réussi à imposer l’obligation pour les importateurs et les marchands de biens alimentaires d’apposer une étiquette en roumain détaillant le contenu du produit», a déclaré le responsable de l’OPC, Savin Ivanov. Cette...