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Actualités - Chronologie

Cinéma - Les pirates russes à l'oeuvre A l'abordage du Titanic

Des mois avant l’appareillage du «Titanic» pour son voyage dans l’histoire du cinéma, les pirates russes étaient déjà allés à l’abordage et distribuaient à Moscou leur butin, sous forme de cassettes vidéos vendues en avant-première mondiale. «Quand j’ai appelé un ami de New York et que je lui ai dit que j’avais aimé le film, il pensait que je plaisantais», se souvient un employé de l’ambassade des Etats-Unis. «Il m’a dit que ce n’était pas possible, puisque seuls les membres de l’Académie des Oscars avaient vu le film à ce moment-là». Or, pour les pirates russes, c’était possible. Et l’histoire du «Titanic» n’est qu’un petit morceau de l’iceberg, tant le piratage est une pratique généralisée à Moscou en matière de vidéo musique ou informatique. Les autorités ont passé la semaine dernière 20 000 disques compacts pirates au rouleau compresseur. Une goutte dans l’océan, disent les professionnels. «La production pirate représente actuellement plus de 70% du total de la production vidéo et audio en Russie», affirme Konstantin Zemchenkov, directeur de l’Organisation russe antipiratage (Rapo). «L’année dernière, le piratage a représenté pour l’État un manque à gagner de 600 millions de dollars en taxes non perçues», ajoute-t-il. Impunité La Russie a tenté de mettre en place une nouvelle législation protégeant la propriété intellectuelle, mais le résultat est mince et les pirates ne se laissent pas impressionner par les amendes, bien inférieures au profit qu’ils peuvent tirer de leur activité. Les policiers se disent impuissants à stopper la vente illégale, qui se déroule pourtant sous leur nez. Les petites compagnies et négociants privés opèrent sans crainte. «Ils savent qu’ils ne seront pas punis», constate le sergent Vladimir Melnikov. La Rapo se sent bien seule dans sa lutte contre le piratage et n’a guère d’appuis politiques, malgré l’aura de son président, le metteur en scène Nikita Mikhalkov. «Le piratage est un frein considérable au développement du cinéma», déplore-t-il. Par exemple, l’année dernière, 500 000 vidéos d’un film populaire ont été officiellement mises sur le marché. Mais trois millions d’autres, pirates celles-là, ont également été mises en vente, à un prix moindre, et l’opération a été un fiasco pour l’institut du cinéma STV. Le marché Gorbunova, dans l’ouest de Moscou, est réputé pour ses cassettes, CD, vidéos et logiciels informatiques. Des milliers de Moscovites partent chaque week-end à la chasse aux bonnes affaires, la plupart étant bien conscients qu’un CD à 2 dollars ne sort sans doute pas des circuits officiels. «Les gens achètent parce que c’est moins cher», constate simplement un jeune marchand de CD, Alexander, 19 ans. «Les taxes sont trop élevées, alors c’est le seul moyen de gagner de l’argent», confirme Mikhail Kotov, un autre vendeur, qui estime que 90% de ses ventes sont des «pirates». Tout cela est très déprimant pour les musiciens ou cinéastes qui tentent de percer sur le marché. «Après avoir fait mon premier album, j’ai fait un tour, pour voir comment marchaient les ventes», raconte un jeune chanteur, Georgy Totevosov. «Toutes les bandes étaient des copies pirates. Je n’ai quasiment rien touché», ajoute-t-il, en espérant que l’État fera quelque chose avant l’enregistrement de son prochain disque.
Des mois avant l’appareillage du «Titanic» pour son voyage dans l’histoire du cinéma, les pirates russes étaient déjà allés à l’abordage et distribuaient à Moscou leur butin, sous forme de cassettes vidéos vendues en avant-première mondiale. «Quand j’ai appelé un ami de New York et que je lui ai dit que j’avais aimé le film, il pensait que je plaisantais», se souvient un employé de l’ambassade des Etats-Unis. «Il m’a dit que ce n’était pas possible, puisque seuls les membres de l’Académie des Oscars avaient vu le film à ce moment-là». Or, pour les pirates russes, c’était possible. Et l’histoire du «Titanic» n’est qu’un petit morceau de l’iceberg, tant le piratage est une pratique généralisée à Moscou en matière de vidéo musique ou informatique. Les autorités ont passé la...