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Actualités - Reportage

Le chômage, talon d'achille de l'UE

Le chômage est «le talon d’Achille de l’Union monétaire européenne», selon le Fonds monétaire international (FMI), qui dans son rapport semestriel s’inquiète de ses conséquences sur la stabilité des prix dans la future zone euro. «Le consensus très large en faveur des politiques consistant à assurer la stabilité des prix pourrait-être remis en cause si des progrès suffisants ne sont pas réalisés pour réduire le chômage structurel (qui ne dépend pas de la conjoncture ndlr)», estime le FMI dans ses perspectives économiques mondiales. «Et sans l’appui (de ce consensus), même une banque centrale indépendante pourrait avoir du mal à mener de telles politiques de manière durable», ajoute le FMI. La politique monétaire de la zone euro sera assurée par la Banque centrale européenne (BCE), dont les statuts garantissent l’indépendance et donnent la priorité absolue au maintien de la stabilité des prix, à savoir la maîtrise de l’inflation. «Une flexibilité accrue, en particulier sur les marchés du travail, est indispensable à la stabilité et au succès d’une zone économique euro», souligne le FMI, qui avait insisté par le passé sur ce point. Dans une critique aussi transparente qu’indirecte, le FMI s’en prend notamment à la loi française sur les 35 heures, «qui devrait aggraver le problème du chômage structurel plutôt que de la résorber». Pour les trois plus grands pays de la future zone euro (Allemagne, France, Italie) le FMI prévoit des taux de chômage de respectivement 11,4%, 11,9% et 12% en 1998 et de 11,2, 11,3, 11,6% en 1999. Le Fonds enfonce le clou en affirmant que la plupart des pays de l’Union européenne «et les grands pays continentaux en particulier, ont été réticents ou incapables de mettre en œuvre les importantes réformes si nécessaires. Qui plus est, les prévisions actuelles pour 1998-99, qui montrent que les déficits structurels ne vont pas baisser dans la zone euro, font douter de la volonté des pays à pousser plus avant la consolidation budgétaire», indique le rapport. Le FMI estime malgré tout que «les progrès en terme de convergence nominale ont été suffisants pour permettre à l’Union économique et monétaire de débuter en 1999», même s’il demande «des mesures budgétaires et structurelles supplémentaires» pour que l’union monétaire «fonctionne efficacement et sans heurts». Le Fonds est déçu par les projections de déficits publics pour cette année et l’année prochaine, dans certains des onze pays qui devraient lancer la monnaie unique le 1er janvier 1999. «Il est décevant qu’en dépit d’une baisse des taux d’intérêt et une reprise économique bénéfique, les pays qui doivent réduire leurs déficits structurels, semblent ne pas faire de progrès en 1998-99», note le Fonds. Les pays fondateurs de l’euro seront choisis le 2 mai par les chefs d’Etat et de gouvernement des Quinze, mais la Commission européenne a estimé que onze pays respectaient les critères de Maastricht (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal). La Suède, le Danemark et la Grande-Bretagne ne souhaitaient pas participer à la première vague et la Grèce ne remplit pas les critères. A l’exception de la Finlande, de l’Irlande et du Luxembourg, les huit autres pays du premier train devront «renforcer leur situation budgétaire s’ils veulent remplir les obligations à moyen terme du pacte de stabilité et de croissance», affirme le FMI. Le pacte, inventé par les Allemands, a été adopté par les Quinze pour éviter les dérapages budgétaires une fois la monnaie unique lancée. Les déficits structurels des huit devraient s’inscrire dans une fourchette de 1 à 2,5% du PIB en 1998-99, selon les prévisions du FMI. La majorité des pays doivent viser à moyen terme à atteindre au moins l’équilibre budgétaire voire même de «légers excédents», qui pourraient permettre de faire face au défi du vieillissement de la population, estime le Fonds. Au-delà des questions liées à l’UEM, «nombreux membres de l’UE ne peuvent s’offrir le luxe du coût social et économique élevé induit par un report des réformes», selon le FMI. (AFP)
Le chômage est «le talon d’Achille de l’Union monétaire européenne», selon le Fonds monétaire international (FMI), qui dans son rapport semestriel s’inquiète de ses conséquences sur la stabilité des prix dans la future zone euro. «Le consensus très large en faveur des politiques consistant à assurer la stabilité des prix pourrait-être remis en cause si des progrès suffisants ne sont pas réalisés pour réduire le chômage structurel (qui ne dépend pas de la conjoncture ndlr)», estime le FMI dans ses perspectives économiques mondiales. «Et sans l’appui (de ce consensus), même une banque centrale indépendante pourrait avoir du mal à mener de telles politiques de manière durable», ajoute le FMI. La politique monétaire de la zone euro sera assurée par la Banque centrale européenne (BCE), dont les statuts...