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Actualités - Chronologie

Il y a 30 ans, Véronique lançait le centre spatial de Kourou

Guyane française, 9 avril 1968. Tandis qu’à Paris couvent les «événements» de mai, le centre spatial de Kourou, surgi entre forêt équatoriale et océan, se prépare à lancer sa toute première fusée. C’est une petite Véronique qui ouvre le bal, inaugurant par un sans-faute l’entrée en service opérationnel de la base française, dont la construction a été décidée quatre ans plus tôt. La demoiselle n’est qu’une fusée-sonde et n’emporte aucun «passager». Lancées auparavant du Sahara, les modestes Véronique n’en ont pas moins constitué «l’acte fondateur de toute l’industrie française de l’espace», selon Hubert Curien, ancien ministre de la Recherche et l’un des pères du programme Ariane. C’est en effet sur ces engins, de dimensions réduites mais très complexes, car utilisant des propergols liquides, que les pionniers du spatial se font les dents. Il faut tout apprendre, tout inventer. Et, miracle, Véronique fonctionne impeccablement. Deux années passent. Le 10 mars 1970, deux satellites technologiques, un allemand et un français, sont lancés de Kourou par la nouvelle fusée Diamant-B, seconde génération des premiers lanceurs français. En 1965, son aîné, Diamant-A, avait mis sur orbite le premier satellite de l’Hexagone, Astérix, la France devenant ainsi la troisième puissance spatiale du monde, derrière l’URSS et les Etats-Unis. Jusqu’au 26 septembre 1975, date du dernier vol du programme Diamant, six autres satellites français sont mis en orbite depuis la Guyane. En dix ans, le centre de Kourou procède au tir de plus de 355 fusées. Effet de fronde Quelques années plus tard, le 24 décembre 1979, une nouvelle ère commence, avec le lancement de la première Ariane, sur une base guyanaise modernisée pour accueillir la fusée européenne. C’est alors que le grand public vibrera vraiment aux comptes à rebours égrenés depuis la Guyane. L’installation d’un pas de tir à Kourou avait été décidée le 14 avril 1964 en Conseil interministériel restreint. Le CNES (Centre national d’études spatiales), créé, lui, en décembre 1961, avait été enjoint de mettre un terme à ses lancements depuis la base militaire d’Hammaguir, dans le Sahara algérien, en application des Accords d’Evian. Il fallait donc trouver un autre lieu: après une étude comparative sur quatorze pays situés sous les tropiques, le choix du CNES se porta sur la Guyane. Et le choix se révéla judicieux. Kourou est en effet, de l’avis de tous les spécialistes, le meilleur site de tir du monde. Situé par 5 degrés nord, il bénéficie de «l’effet de fronde» de l’Equateur, idéal pour placer avec précision, et sans trop «d’efforts», les satellites en orbite géostationnaire, et d’un large arc de lancement vers le nord et l’est, en direction de l’Atlantique. La région se situe de plus à l’écart du passage des cyclones et possède une faible densité de population, 50.000 habitants sur un vaste territoire de 90.600 kilomètres carrés. L’impact sur le développement de la Guyane avait aussi été jugé favorable. Depuis, le CNES mais aussi Arianespace, créée le 26 mars 1980, l’Agence spatiale européenne (ESA), les industriels et les clients des fusées européennes sont les hôtes permanents de la Guyane. Pourtant, trente ans plus tard, et après 107 vols d’Ariane, Kourou n’a pas oublié le temps héroïque de Véronique. Même si, aujourd’hui, l’heure est à Ariane-5, sa très lointaine descendante. (AFP)
Guyane française, 9 avril 1968. Tandis qu’à Paris couvent les «événements» de mai, le centre spatial de Kourou, surgi entre forêt équatoriale et océan, se prépare à lancer sa toute première fusée. C’est une petite Véronique qui ouvre le bal, inaugurant par un sans-faute l’entrée en service opérationnel de la base française, dont la construction a été décidée quatre ans plus tôt. La demoiselle n’est qu’une fusée-sonde et n’emporte aucun «passager». Lancées auparavant du Sahara, les modestes Véronique n’en ont pas moins constitué «l’acte fondateur de toute l’industrie française de l’espace», selon Hubert Curien, ancien ministre de la Recherche et l’un des pères du programme Ariane. C’est en effet sur ces engins, de dimensions réduites mais très complexes, car utilisant des...