Le fait que le président américain, Bill Clinton, un protestant, ait reçu la communion catholique lors d’une messe en Afrique du Sud n’en finit pas de faire des vagues, cette fois aux Etats-Unis. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Michael McCurry, pris à partie par la presse, a indiqué que M. Clinton avait jugé «approprié de recevoir la communion», qu’il était «content d’y avoir été invité» et «heureux de l’avoir fait». «Nous avions compris que cette invitation avait été faite au nom de la Conférence des évêques sud-africains» et que «la Conférence épiscopale sud-africaine avait une vision plus œcuménique de la Sainte Communion», a indiqué M. McCurry. Selon les évêques sud-africains, c’est l’entourage de Bill Clinton qui avait demandé à ce qu’il reçoive la communion, un sacrement réservé, sauf exception, aux seuls catholiques. Le cardinal John O’Connor, de New York, a estimé lors d’un sermon dont le thème était l’adultère que M. Clinton, n’étant pas catholique, ne pouvait donc «être admis à la communion eucharistique». Précisant que sa position n’avait «rien à voir avec la personne du président», poursuivi depuis des mois par des allégations d’adultère, il a également souligné que les catholiques se devaient d’être dans «un état de grâce» avant de recevoir la communion. «L’action du prêtre sud-africain, aussi bien intentionnée qu’elle soit, est une erreur, tant du point de vue légal que de la doctrine» de l’Eglise, a-t-il ajouté. Il a indiqué que cette action avait troublé certains catholiques, qui «pensent que si quelqu’un a assez de prestige et d’argent, tout est possible». L’archevêque de Philadelphie, le cardinal Anthony Bevilacquas, a également souligné dans un communiqué que la communion ne pouvait être offerte aux non-catholiques que sous cinq conditions, selon lui non réunies par M. Clinton. Ces conditions sont notamment que la personne soit dans un «état de nécessité grave», «demande de son initiative le sacrement» et «soit spirituellement et moralement préparée». En Afrique du Sud, l’Eglise catholique a également désavoué le père Mohlomi Makobane, qui a donné la communion aux époux Clinton dans une église de Soweto le 29 mars, provoquant un flot de lettres de protestations. Un porte-parole des évêques sud-africains a estimé que le prêtre avait commis une «erreur de jugement», n’ayant pas demandé la permission à son évêque. Dans un communiqué, les évêques ont estimé «douteux» qu’il ait respecté les directives du Saint Siège.(AFP)
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