L’accord est conclu, mais la paix en Irlande du Nord reste à la merci d’un retour aux armes de l’IRA et des provocations des mouvements extrémistes dissidents opposés depuis le début aux pourparlers, tant dans le camp catholique que protestant. Le Sinn Fein de Gerry Adams doit encore «vendre» le compromis à ses électeurs et surtout à l’IRA, sa branche armée, dont le cessez-le-feu de juillet 1997 a permis son admission aux négociations. Les 18 et 19 avril, les Irlandais du Nord auront les yeux tournés vers le congrès du Sinn Fein, guettant les moindres signes de dissensions au sein d’un mouvement dont l’objectif — mis provisoirement en berne — reste la réunification de l’Irlande. Un désengagement du Sinn Fein ou de nouvelles défections feraient planer la menace d’une remise en question de la trêve de l’IRA. La direction du groupe armé a subi une pression croissante de deux dissidences qui voient dans le processus de paix une trahison à la cause irlandaise: l’INLA et la Continuité de l’IRA (ex-CAC). Groupusculaire depuis sa création en 1975, l’Armée de libération nationale irlandaise (INLA) n’en est pas moins coutumière d’actions spectaculaires. Elle l’a prouvé cette semaine en assassinant un protestant à Londonderry, tentative ultime pour faire dérailler les négociations et relancer le cycle de règlements de compte intercommunautaires qui a fait 15 morts en trois mois et demi. C’est déjà l’INLA qui avait ouvert ce cycle de violences fin décembre en exécutant dans sa prison le chef d’une milice extrémiste loyaliste, la LVF. Recrutant également chez les déçus du processus, la Continuité de l’IRA est rendue responsable de plusieurs attentats à la bombe ou au mortier. Mais c’est un nouveau mouvement sécessionniste qui préoccupe le plus la police: le Comité des 32 (pour les 32 comtés de l’Irlande nord et sud confondus), fondé à la fin de l’année dernière par la sœur du «martyr» Bobby Sands, mort après une retentissante grève de la faim en 1981. Officiellement parti politique, il abriterait en fait plusieurs militants de l’IRA ayant fait défection à l’automne. Sa volonté d’en découdre a été prouvée récemment par la saisie d’une bombe énorme, 500 kilos (autant que celle de l’attentat de l’IRA au Canary Wharf en 1996), qui devait être convoyée en Grande-Bretagne, faisant craindre un retour des attentats sur «le continent». Dans le camp protestant, le révérend fondamentaliste Ian Paisley (13,6% de l’électorat d’Ulster) n’a pas perdu de temps pour relancer sa croisade «anti-papiste», appelant à la résistance à l’accord de Stormont. Il se pose en principal opposant à David Trimble, chef de file des protestants modérés et possible futur premier ministre de la province. La virulence de Ian Paisley s’arrête aux prêches. Ces n’est pas le cas de la LVF, la Force des volontaires loyalistes, la milice loyaliste la plus irréductible. Responsable de plusieurs assassinats aveugles de catholiques ces derniers mois, elle est depuis le début opposée aux pourparlers et a menacé les dirigeants protestants qui accepteraient des compromissions. (AFP)
L’accord est conclu, mais la paix en Irlande du Nord reste à la merci d’un retour aux armes de l’IRA et des provocations des mouvements extrémistes dissidents opposés depuis le début aux pourparlers, tant dans le camp catholique que protestant. Le Sinn Fein de Gerry Adams doit encore «vendre» le compromis à ses électeurs et surtout à l’IRA, sa branche armée, dont le cessez-le-feu de juillet 1997 a permis son admission aux négociations. Les 18 et 19 avril, les Irlandais du Nord auront les yeux tournés vers le congrès du Sinn Fein, guettant les moindres signes de dissensions au sein d’un mouvement dont l’objectif — mis provisoirement en berne — reste la réunification de l’Irlande. Un désengagement du Sinn Fein ou de nouvelles défections feraient planer la menace d’une remise en question de la trêve de...
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