Le maire de Téhéran Gholamhossein Karbastchi, arrêté et écroué samedi dernier pour corruption, fait depuis la dure expérience de la grande prison d’Evine, au nord de la ville, où il ne peut recevoir de visite et où il a été soumis lundi à six heures d’interrogatoire. «Le maire est interdit de visite», a déclaré Mme Faézeh Hachémi, député modéré et fille de l’ancien président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, dans un discours au Parlement. Mme Hachémi a dénoncé une arrestation «à la coloration politique, arbitraire et suspecte», principaux arguments de l’aile modérée du régime pour mettre en cause le rôle de la justice iranienne dominée par la faction conservatrice qui a juré la perte du maire de la capitale. Selon le journal gouvernemental Iran, M. Karbastchi a été soumis lundi à plus de six heures d’interrogatoires par le juge chargé du dossier l’hodjatoleslam Mohseni Ejéï, spécialiste des affaires de corruption. Sans donner de précisions, le journal a souligné que «des agents du ministère des Renseignements avaient assisté aux interrogatoires». Le maire a également été contraint de porter le pyjama gris et les sandales en plastique, tenue obligatoire de tous les détenus, politiques ou de droit commun, a rapporté la presse. La grande prison d’Evine, située sur une colline aride du nord de la capitale iranienne, haut lieu de la répression du temps du Chah puis lors de la révolution islamique, est connue pour ses conditions de détention particulièrement rigoureuses. Plusieurs maires d’arrondissement de Téhéran, incarcérés au cours des derniers mois dans le cadre de l’opération anticorruption lancée par la justice iranienne contre la municipalité, se sont plaints d’y avoir été torturés, suscitant une vive émotion dans la classe politique. Le journal Iran avait affirmé lundi que le maire et ses collaborateurs seraient jugés «dans une vingtaine de jours» devant un tribunal d’exception chargé des délits commis par les fonctionnaires de l’Etat. M. Karbastchi, 44 ans, l’une des figures de proue des modérés du régime, a été inculpé samedi par un tribunal de Téhéran d’«escroquerie et mauvaise gestion» et placé en détention provisoire. Un maire moderniste Bête noire de la faction conservatrice, le maire avait joué un rôle capital dans la victoire en mai 1997 du président Mohammad Khatami contre son rival conservateur, le président du Parlement Ali Akbar Nategh-Nouri. Administrateur énergique et moderniste d’une capitale de près de 10 millions d’habitants, partisan d’une politique culturelle ouverte, M. Karbastchi est dans le même temps critiqué pour la spéculation engendrée par une croissance immobilière effrénée. Son arrestation a déclenché depuis plusieurs jours une crise politique sans précédent entre le gouvernement, à dominante modérée, et le pouvoir judiciaire soutenu par la faction conservatrice. Le Conseil des ministres a dénoncé dimanche soir la détention du maire et souligné que son arrestation «affaiblit l’action du gouvernement» du président Mohammad Khatami. Depuis l’Arabie Séoudite où il se trouve pour le pèlerinage, le ministre de l’Intérieur Abdollah Nouri a dénoncé l’arrestation «hâtive» du maire de Téhéran et mis en garde la justice contre les «conséquences» de cette affaire. «Je ne peux pas cacher ma profonde préoccupation du suivi du dossier devant la justice et mes doutes quant à la compétence de ceux qui en sont chargés», a souligné le ministre cité par l’agence officielle IRNA. M. Nouri a critiqué en particulier le fait que ni le ministre de l’Intérieur, qui nomme le maire, ni le président de la République, n’avaient été mis au courant de l’arrestation. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le maire de Téhéran Gholamhossein Karbastchi, arrêté et écroué samedi dernier pour corruption, fait depuis la dure expérience de la grande prison d’Evine, au nord de la ville, où il ne peut recevoir de visite et où il a été soumis lundi à six heures d’interrogatoire. «Le maire est interdit de visite», a déclaré Mme Faézeh Hachémi, député modéré et fille de l’ancien président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, dans un discours au Parlement. Mme Hachémi a dénoncé une arrestation «à la coloration politique, arbitraire et suspecte», principaux arguments de l’aile modérée du régime pour mettre en cause le rôle de la justice iranienne dominée par la faction conservatrice qui a juré la perte du maire de la capitale. Selon le journal gouvernemental Iran, M. Karbastchi a été soumis lundi à plus de six...