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Actualités - Chronologie

Va donc jouer à Casablanca !

Casablanca est une ville prestigieuse au Maroc, mais à Pristina, chef-lieu du Kosovo, c’est un lieu mythique où convergent tous les musiciens et groupes albanais, une catégorie qui existe et survit en dépit des divisions et de la crise politique dans la province. «L’établissement, qui peut accueillir quelque 700 personnes, est le premier endroit où un musicien albanais peut jouer, c’est en même temps l’unique boîte où l’on se produit à Pristina, quand on se produit», déclare le doyen de la scène rock albanaise, Agron, un rockeur qui frôle la cinquantaine. Depuis les événements sanglants de fin février dans la Drenica (centre), il n’y a pas de concerts, dit-il, «mais nous espérons que cela reviendra». Regroupé avec une quinzaine de ses collègues, toutes générations et styles confondus, dans un autre lieu de culte des musiciens, le Queens Café, Agron, qui a fait ses début en 1980 dans l’ex-Yougoslavie avec un groupe appelé Koselekcija (Koselection - sélection du Kosovo), relate volontiers les difficultés que rencontrent les musiciens albanais. «A l’époque, nous pouvions placer nos clips vidéos aux chaînes de télévision, utiliser les radios et les journaux spécialisés pour faire de la propagande. Aujourd’hui, notre principal problème est la publicité, nous faire connaître du public», dit Agron, qui dirige aujourd’hui le groupe Minatori crédité de cinq albums. Les autres musiciens, parmi lesquels on découvre des rappeurs, des punks, des adeptes du grunge, ou même du jazz, confirment cette thèse. «Pour ce qui est de la distribution et de la vente des albums, cela va à peu près, mais sans clips vidéos, sans publicité c’est presque sans espoir», dit Memli, 18 ans, chef d’un groupe de rap, le Rythme des rues. Memli et son groupe, dont le premier album est en préparation, se produisent au Kosovo, mais aussi dans l’ouest de la Macédoine, peuplé par une forte minorité albanaise, et en Albanie. «Je fais de la musique noire parce que je sais ce que c’est que de vivre dans un ghetto, moi qui n’ai jamais senti la liberté», dit-il. Plus politisé par rapport au problème du Kosovo que ses collègues plus âgés, Memli a un vif souvenir de son premier voyage en Albanie. «La première fois que j’ai posé le pied sur le sol libre albanais, c’était une sensation incroyable de force et d’émotion et que je n’oublierai jamais», dit-il. (AFP)
Casablanca est une ville prestigieuse au Maroc, mais à Pristina, chef-lieu du Kosovo, c’est un lieu mythique où convergent tous les musiciens et groupes albanais, une catégorie qui existe et survit en dépit des divisions et de la crise politique dans la province. «L’établissement, qui peut accueillir quelque 700 personnes, est le premier endroit où un musicien albanais peut jouer, c’est en même temps l’unique boîte où l’on se produit à Pristina, quand on se produit», déclare le doyen de la scène rock albanaise, Agron, un rockeur qui frôle la cinquantaine. Depuis les événements sanglants de fin février dans la Drenica (centre), il n’y a pas de concerts, dit-il, «mais nous espérons que cela reviendra». Regroupé avec une quinzaine de ses collègues, toutes générations et styles confondus, dans un autre...