Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le maire de Téhéran arrêté : un coup dur pour les modérés

L’arrestation inattendue du maire de Téhéran Gholamhossein Karbastchi pour «escroquerie et mauvaise gestion» porte un coup dur à la tendance modérée et réformatrice du régime iranien, incarnée par le président Mohammed Khatami depuis son élection en mai dernier. M. Karbastchi, 47 ans, l’une des figures de proue des modérés, a été placé samedi en détention provisoire par la justice qui l’accuse de corruption. A plusieurs reprises, des membres du gouvernement de M. Khatami avaient récemment rendu hommage à l’action de M. Karbastchi à la tête de la municipalité de Téhéran et affirmé que toute action juridique contre lui risquait de décourager les bons gestionnaires technocrates en Iran. Véritable bête noire des conservateurs, le maire de Téhéran a joué un rôle capital dans l’élection du président Khatami. Cible privilégié des conservateurs, le maire était sous leur pression quotidienne depuis l’été dernier. Mais grâce à son journal, «Hamchahri», il avait réussi à organiser sa contre-offensive et à obtenir le soutien de personnalités modérées, notamment l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani. Signe éminent de ce soutien, la visite fin février de M. Karbastchi en Arabie Séoudite aux côtés de l’ancien chef de l’Etat iranien. Le maire avait qualifié l’action de la justice à son encontre de campagne «politique» visant à l’empêcher de prendre des responsabilités au sein du gouvernement de M. Khatami, où il siégait déjà à titre de chef de la municipalité de la capitale, en dépit de l’opposition de ses adversaires conservateurs. M. Karbastchi est inculpé d’«escroquerie et mauvaise gestion» à la tête de sa municipalité, selon le quotidien du soir «Keyhan». Le mandat d’arrêt a été délivré par le juge d’un tribunal de Téhéran, selon le journal qui a confirmé l’incarcération de M. Karbastchi à la prison d’Evine, au nord de la capitale. Des témoins ayant assisté à son départ du Palais de justice de Téhéran avaient indiqué que le maire avait été «incité à monter à bord d’une voiture de marque Mercedes, présentée comme étant celle de la prison d’Evine». Traitements inhumains et tortures En février, la détention temporaire de responsables de la municipalité de Téhéran avait entraîné la mise en cause publique de deux administrations-clés du régime, la police et la justice. Ces responsables, dont au moins deux maires d’arrondissement, avaient affirmé avoir été victimes «de traitements inhumains et de tortures» pendant leur incarcération dans une prison de Téhéran où ils étaient détenus sous l’accusation de corruption. Cette affaire impliquant M. Karbastchi, d’une ampleur politique sans précédent sous le régime islamique, opposait déjà les partisans du président Khatami aux conservateurs qui contrôlent la police et la justice. Le Parquet mettait en cause le maire pour avoir utilisé des «fonds d’origine suspecte» pour financer la campagne électorale de M. Khatami. Le chef du pouvoir judiciaire, l’ayatollah Mohammad Yazdi, avait alors affirmé que cette affaire n’avait aucun caractère politique. «La justice ne fait pas de différence entre Karbastchi et les autres, qu’ils soient petits ou grands, tous seront poursuivis pour les délits qu’ils ont commis», avait averti M. Yazdi. Le courant modéré soutenant M. Khatami accuse les conservateurs majoritaires au Parlement de chercher, avec le soutien de la police et de la justice, à porter atteinte au gouvernement en affaiblissant le maire de Téhéran. Signe des désaccords, le ministère de l’Intérieur a protesté contre l’arrestation de M. Karbastchi en soulignant qu’«aucune coordination» n’avait eu lieu dans cette affaire avec le ministère auquel il incombe de nommer le maire de Téhéran. (AFP)
L’arrestation inattendue du maire de Téhéran Gholamhossein Karbastchi pour «escroquerie et mauvaise gestion» porte un coup dur à la tendance modérée et réformatrice du régime iranien, incarnée par le président Mohammed Khatami depuis son élection en mai dernier. M. Karbastchi, 47 ans, l’une des figures de proue des modérés, a été placé samedi en détention provisoire par la justice qui l’accuse de corruption. A plusieurs reprises, des membres du gouvernement de M. Khatami avaient récemment rendu hommage à l’action de M. Karbastchi à la tête de la municipalité de Téhéran et affirmé que toute action juridique contre lui risquait de décourager les bons gestionnaires technocrates en Iran. Véritable bête noire des conservateurs, le maire de Téhéran a joué un rôle capital dans l’élection du...