Le représentant démocrate Charles Chuck Schumer, 47 ans, a facilement mis fin mardi soir à 18 ans de règne du tout puissant sénateur républicain de l’État de New York, Alfonse D’Amato, 61 ans, à l’issue d’une des campagnes les plus féroces et les plus importantes du pays. À 23h45 locales ( mercredi 04h45 GMT), M. Schumer avait recueilli 55 % des suffrages exprimés et M. D’Amato 44 %, selon des résultats portant sur 79 % des bureaux de vote. Le président Bill Clinton et son épouse Hillary étaient venus soutenir M. Schumer à plusieurs reprises. Grâce à sa victoire, l’État de New York, où le président avait recueilli 60 % des suffrages en 1996, est représenté par deux sénateurs démocrates, pour la première fois depuis un demi-siècle, le second étant Daniel Patrick Moynihan. «Je ne peux vous remercier assez pour vos visites fréquentes et électrifiantes», a-t-il lancé dans son premier discours mardi soir à l’adresse du couple présidentiel et du vice-président Al Gore, sous des hurlements d’approbation. L’autre poste important en jeu mardi, celui de gouverneur, est revenu au républicain sortant George Pataki, 53 ans, ce qui était largement annoncé par les sondages. MM. D’Amato et Schumer, qui ont dépensé la somme record de 33 millions de dollars, étaient au coude à coude depuis plusieurs semaines dans les sondages, ce qui était déjà une surprise, le vainqueur étant un quasi-inconnu hors du quartier new-yorkais de Brooklyn où il est né dans un modeste milieu juif, et où il vit avec sa famille. La défaite de M. D’Amato devait fournir un motif de satisfaction personnelle à M. Clinton : l’élu républicain présidait en effet la commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Whitewater, le scandale politico-financier qui a éclaboussé les époux Clinton. En revanche, M. D’Amato avait, lors de sa campagne, toujours refusé d’indiquer sa position concernant la procédure de destitution engagée contre Bill Clinton dans l’affaire Lewinsky. Les deux candidats se sont affrontés avec des spots télévisés violents et les insultes ont volé bas, M. D’Amato traitant par exemple son adversaire de «putzhead» (tête de pénis, en yiddish). «Je veux dire aux jeunes générations (...) qu’elles ne doivent pas confondre l’agressivité d’une campagne et (...) l’importance du service public», a assuré mardi soir M. Schumer. Ils se sont battus férocement pour le vote juif. M. D’Amato a utilisé des images de camps de concentration pour rappeler son rôle dans l’affaire des fonds juifs placés dans les banques suisses, M. Schumer rétorquant avec le rappel de sa famille disparue dans l’Holocauste. Président de la commission des Affaires bancaires du Sénat, M. D’Amato était devenu le plus virulent adversaire de la Suisse et c’est sous ses auspices qu’a été conclu l’accord historique d’août dernier entre les banques helvétiques et la communauté juive. Tous deux se sont disputés pied à pied le vote des femmes, M. Schumer défendant le droit à l’avortement, tandis que M. D’Amato est parvenu à faire attribuer des fonds énormes à la recherche sur le cancer du sein. M. Schumer a bénéficé d’une erreur étonnante de la part d’un vieux routier de la politique comme M. D’Amato : le sénateur sortant avait comme principal cheval de bataille l’absentéisme de son adversaire à la Chambre, alors que celui-ci, à la réputation de bourreau de travail bien établie, n’a manqué que des votes techniques sur des textes assurés de passer. M. D’Amato, surnommé «sénateur nid-de-poule» en raison de sa capacité à glaner des fonds publics pour sa circonscription, a récemment soutenu des textes pro-homosexuels, parfois contre son parti, ce qui lui a valu le soutien du principal groupe de pression homosexuel national. Mais, localement, les mouvements homosexuels avaient appelé à voter pour M. Schumer. Le vainqueur de mardi soir est enfin un des ténors de la lutte contre la libre circulation des armes et il a des positions de nature à plaire aux plus centristes des électeurs sur la limitation de l’immigration et la répression du crime.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le représentant démocrate Charles Chuck Schumer, 47 ans, a facilement mis fin mardi soir à 18 ans de règne du tout puissant sénateur républicain de l’État de New York, Alfonse D’Amato, 61 ans, à l’issue d’une des campagnes les plus féroces et les plus importantes du pays. À 23h45 locales ( mercredi 04h45 GMT), M. Schumer avait recueilli 55 % des suffrages exprimés et M. D’Amato 44 %, selon des résultats portant sur 79 % des bureaux de vote. Le président Bill Clinton et son épouse Hillary étaient venus soutenir M. Schumer à plusieurs reprises. Grâce à sa victoire, l’État de New York, où le président avait recueilli 60 % des suffrages en 1996, est représenté par deux sénateurs démocrates, pour la première fois depuis un demi-siècle, le second étant Daniel Patrick Moynihan. «Je ne peux vous remercier...