Vainqueur en 1994, Laurent Bourgnon s’élancera dimanche de Saint-Malo avec en ligne de mire Pointe-à-Pitre mais surtout une deuxième victoire consécutive dans la Route du Rhum, un exploit inédit. Le navigateur franco-suisse, âgé seulement de trente-deux ans, est prêt à relever ce défi sans précédent à la barre de Primagaz, un trimaran de 18 mètres construit en 1990. «Je me suis bien préparé pour mettre toutes les chances de mon côté. Aussi bien physiquement que techniquement. Je n’ai pas beaucoup navigué ces derniers temps mais j’estime qu’à trop naviguer hors course on s’habitue à ne pas pousser le bateau. La course elle-même est le meilleur apprentissage», affirme-t-il. «Pour moi qui ne suis pas un solitaire, la navigation solo en soi est ennuyeuse. En revanche, ce qui m’intéresse sur ce type de course, c’est le fait de se mettre dans des conditions limites, dans un état second où l’on fait fonctionner des facultés que l’on n’utilise pas autrement», explique-t-il. «Par exemple, il m’est arrivé à plusieurs reprises de me réveiller juste au bon moment comme si je sentais le danger dans mon sommeil. À force d’être en mer en solitaire, j’apprends à connaître mes réflexes et à les réutiliser dans la vie des tous les jours. Le jour où j’aurai tout compris, je me lancerai un autre défi.» Amoureux de cette «belle transat», Bourgnon garde pourtant des souvenirs mitigés de cette course si exigeante. En 1990, il avoue avoir connu l’enfer. Son bateau victime d’une voie d’eau, il dut écoper en permanence, heureux de rallier finalement les Antilles en troisième position. 1994, sans problème «C’était très éprouvant, mais j’étais super content de terminer troisième derrière Florence Arthaud et Philippe Poupon», se souvient-il. En 1994, Bourgnon a vécu une course sans histoire, sans véritable émotion. «Ainsi, je garde un plus beau souvenir de ma victoire dans la Baule-Dakar où j’ai gagné après avoir cassé un bout de flotteur et être passé par-dessus bord», raconte-t-il. Dans son entreprise, Bourgnon peut compter sur un trimaran qu’il connaît parfaitement, bien que le navire ait subi de profondes transformations. «À défaut de pouvoir construire un nouveau bateau chaque année, j’ai fait évoluer celui que j’ai. J’ai notamment résolu le problème d’équilibre de voilure», explique le skipper de Primagaz. «J’ai également une nouvelle grand-voile dont je suis très satisfait. En tout, j’ai gagné un nœud de vitesse.» De quoi menacer ses principaux adversaires Loïck Peyron, Paul Vatine, Francis Joyon, Franck Cammas, Alain Gautier et Marc Guillemot, skippers des trimarans qui partent en position de favoris. Le palmarès de Bourgnon 1988 Solitaire du Figaro 1er 1990 Route du Rhum (solitaire) 3e 1991 La Baule-Dakar (solitaire) 1er 1991 Open UAP (équipage) 1er 1992 Québec-St-Malo (équipage) 1er 1993 Route du Café (solitaire) 2e 1994 Record distance parcourue en 24 heures 1994 Record traversée de l’Atlantique en solitaire 1994 Route du Rhum 1er 1994 Twostar (double) 1er 1995 Transat Jacques Vabre (double) 3e 1996 Europe 1 Star (solitaire) chavirage 1997 Course du Fastnet (équipage) 1er 1997 Transat Jacques Vabre (double) 1er
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Vainqueur en 1994, Laurent Bourgnon s’élancera dimanche de Saint-Malo avec en ligne de mire Pointe-à-Pitre mais surtout une deuxième victoire consécutive dans la Route du Rhum, un exploit inédit. Le navigateur franco-suisse, âgé seulement de trente-deux ans, est prêt à relever ce défi sans précédent à la barre de Primagaz, un trimaran de 18 mètres construit en 1990. «Je me suis bien préparé pour mettre toutes les chances de mon côté. Aussi bien physiquement que techniquement. Je n’ai pas beaucoup navigué ces derniers temps mais j’estime qu’à trop naviguer hors course on s’habitue à ne pas pousser le bateau. La course elle-même est le meilleur apprentissage», affirme-t-il. «Pour moi qui ne suis pas un solitaire, la navigation solo en soi est ennuyeuse. En revanche, ce qui m’intéresse sur ce type de...