Le dollar s’est stabilisé sur le marché des changes de Beyrouth, pour la quinzième journée d’affilée, consécutivement au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention, entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 515,00 LL à la vente, le faisant clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,50 LL, comme depuis le milieu du mois dernier. Mais, compte tenu de l’abondance relative de l’offre du billet vert en l’absence d’intérêts particuliers à la demande, les établissements de crédit de la place ont continué de le négocier pratiquement au bas de la fourchette d’intervention de la BDL et rarement en dehors de celle-ci. Il est resté ainsi confiné toute la journée d’hier entre 1 501,75 et 1 502,25 LL, dans un volume d’affaires modérément nourri, ne dépassant pas quelque dix millions de dollars, en grande partie achetés par la BDL à 1 502,00 LL, à en croire les milieux cambistes. Poursuite de la hausse du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar était en hausse hier, face aux autres grandes monnaies sur les marchés des changes internationaux, soutenu par les résultats des élections législatives américaines qui semblent éloigner le risque déstabilisateur d’une destitution du président Bill Clinton liée à l’affaire Monica Lewinsky. La fermeté du dollar s’est appuyée aussi sur la baisse récente des taux d’intérêt en Espagne, au Portugal et en Suède, et sur des perspectives d’un relâchement du crédit en Grande-Bretagne, à l’issue de la réunion aujourd’hui du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. De plus, des rumeurs quant à un éventuel abaissement des taux d’intérêt en Allemagne circulaient sur le marché et agissaient aux dépens du deutsche mark, surtout après qu’un membre de la Bundesbank, Hans-Juergen Krupp, eut laissé entendre hier, à la veille de la réunion du conseil de l’institut d’émission allemand, que «la mission des autorités monétaires est de soutenir la politique économique du gouvernement dans la solution du problème du chômage allemand, si cela ne menace pas la stabilité des prix qui ne présentent d’ailleurs en ce moment aucun danger». Face au yen, le dollar est demeuré aussi recherché car le marché est encore une fois sceptique vis-à-vis du plan de relance que prépare le gouvernement japonais. Il attend, sans trop y croire, des mesures nippones pour stimuler la consommation, car il ne suffit pas de donner de l’argent aux Japonais. Enfin, le billet vert s’est ressaisi aussi après l’annonce par le département américain du Commerce que les commandes à l’industrie auraient augmenté de 0,4 % en septembre, après 0,9 % en août, témoignant de la solidité de l’économie américaine qui exclut tout prochain assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) pour éviter tout risque d’inflation. Cela étant, le dollar continuait de faire montre de fermeté, se négociant à New York, comme suit : – 1,6597 pour un sterling contre 1,6578, la veille. – 1,6657 DM contre 1,6601. – 5,5882 FF contre 5,5670. – 1,3657 FS contre 1,3595. – 1 648,00 lires contre 1 641,50. – 116,67 yens contre 115,33. Bourse de Beyrouth : en léger repli Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est très légèrement ressentie, hier, de la baisse des actions des Ciments libanais, dans un climat de stabilité sur le restant de la cote. En effet, l’indice général LISPI a diminué de 0,03 % à 87,36 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 193,31 points. Ce mouvement s’est produit, hier, dans un volume d’affaires assez mince, ne dépassant pas quelque 233 767 actions d’une valeur globale de 516 544 dollars. Wall Street : mieux disposée après les élections Aux États-Unis, la victoire des démocrates aux élections américaines, qui a éloigné les risques d’une destitution du président Clinton, a donné hier un nouveau coup de fouet à Wall Street. Cette bonne surprise, qualifiée immédiatement par la Maison-Blanche comme étant un résultat «très positif», permet en effet d’envisager une accélération de l’enquête de destitution contre Bill Clinton, dans le cadre de l’affaire Lewinsky, ouverte le mois dernier et qui pourrait d’ores et déjà se solder par une simple «réprimande». Certes, avec cette élection, le président de la Fed, Alan Greenspan, et le secrétaire au Trésor, Robert Robin, peuvent se consacrer à restaurer la confiance sur les marchés internationaux, toujours à la merci des turbulences financières à travers le monde, indique-t-on dans les salles du marché. Dans ce contexte, l’annonce, hier, d’une nouvelle hausse de 0,4 % des commandes à l’industrie en septembre est venue rassurer la communauté financière américaine et redonner plus d’actualité aux placements aux États-Unis, dans la mesure où ces chiffres suggèrent que l’économie américaine, bien qu’en ralentissement, n’était pas au bord de la récession comme on le pensait. Ainsi, le marché des actions américain semblait avoir retrouvé la forme et l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a bondi d’un plus bas à 8 708,47 points à un plus haut à 8 820,21 points, avant d’afficher en préclôture 8 726,49 points, en hausse de 20,34 points sur la veille. Paris : accélération de la hausse La Bourse a terminé en forte hausse mercredi avec l’ensemble des places européennes : un mouvement déclenché à l’ouverture par la fermeté du dollar et de Tokyo et accentué en fin de séance par la hausse de Wall Street. Le CAC 40 a clôturé à 3 684,16 points, en hausse de 2,8 %, soit 100,52 points, dans un volume de 14,7 milliards de francs, dont 11,8 milliards de francs sur l’indice, après avoir déjà progressé de 100 points depuis vendredi dernier. «La tendance baissière a été cassée – on peut le constater à Londres, Paris, Francfort et New York», a estimé un intervenant. Outre Tokyo, le Dow et le dollar, les opérateurs citent les anticipations de baisse des taux en Europe et l’avancée des démocrates aux élections de mi-mandat aux États-Unis, ainsi qu’une série de bons chiffres d’affaires neuf mois en France. «Les derniers chiffres d’affaires démontrent que l’Europe n’est pas près de rentrer en récession. Ces chiffres laissent certes apparaître de légères pressions sur les prix un peu partout, mais celles-ci sont plus que compensées par des hausses substantielles de volumes», commente Philippe Moni. Londres : reprise d’espoir La Bourse de Londres a enregistré une forte hausse mercredi en clôture, soutenue par les anticipations d’une baisse des taux d’intérêt britanniques à l’issue du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre aujourd’hui. L’indice Footsie des cent principales valeurs a terminé sur une hausse de 119 points à 5 622,9 points, soit une progression de 2,36 % par rapport à son niveau de clôturé la veille. Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’État à dix ans s’établissait en fin de journée à 4,987 % contre 4,956 % mardi soir. L’écart de rendement avec le bund correspondant était de 84,7 points de base contre 80,6 points la veille en fin d’échanges. Les intervenants sur le marché londonien tablent de plus en plus sur une réduction du taux directeur de la Banque d’Angleterre, dont le comité de politique monétaire a entamé sa réunion mensuelle à la mi-journée, alors que les signes d’affaiblissement de l’économie britannique se multiplient. Francfort : soutenue par le dollar La Bourse de Francfort a bondi de 3,59 % mercredi et l’indice DAX terminé à son plus haut du jour, grâce à l’appréciation du dollar, les gains de Wall Street et l’envolée d’un poids lourd du DAX, Siemens, ont indiqué des courtiers. L’indice DAX a clôturé à 4 878,24 points, contre 4 709,32 points mardi, sur le marché électronique Xetra, qui brasse environ les deux tiers des transactions effectuées à Francfort. Sur le marché à la criée, le DAX des trente valeurs vedettes a terminé à 4 841,72 points, soit un gain 2,90 %. Tokyo : envolée de la cote grâce à Morgan Stanley La Bourse de Tokyo a terminé la séance de mercredi en hausse de 4,1 % ragaillardie par les recommandations de la banque d’affaires américaine Morgan Stanley, qui préconise les valeurs nipponnes à l’achat. L’indice Nikkei 225 a clôturé sur un gain de 575,06 points par rapport à son niveau de lundi, pour atteindre 14 527,81 points. La Bourse de Tokyo était fermée mardi en raison de la journée fériée de la Culture. Dans son dernier bulletin, publié lundi, le chef stratégiste au niveau mondial de Morgan Stanley Dean Witter, Barton Biggs, estimait que le Japon «pourrait être la prochaine grande affaire» et annonçait son intention de faire passer à 75 % le poids du Japon dans son index des Bourses mondiales. «Tout le monde croit que le Japon n’est pas sauvable mais le marché japonais est véritablement bon marché (...). Le Japon est exactement à l’opposé du cycle économique, marchand et psychologique des États-Unis», relevait l’économiste américain, connu pour son pessimisme envers Wall Street. Cette forte hausse de la Bourse de Tokyo, due essentiellement aux investisseurs étrangers, s’est effectuée dans un marché très actif de 670 millions d’actions. Les valeurs bancaires, en particulier, ont progressé. L’indicateur élargi Topix, qui couvre l’ensemble des valeurs du premier marché, a progressé de 41,52 points (à 1 107,36 points), alors que l’indice pondéré Nikkei 300 gagnait 9,19 points (à 221,57 points).
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