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Actualités - Chronologie

Le président US a d'abord cru à un poisson d'avril

Le président américain Bill Clinton, avec le jugement classant l’affaire Paula Jones, a de nouveau retourné en sa faveur une situation très compromise et justifié sa réputation de politicien que rien ne peut abattre. M. Clinton, qui terminait jeudi au Sénégal une tournée de onze jours dans six pays africains, s’est montré «satisfait» de la décision du juge Susan Webber Wright de débouter Mme Jones de sa plainte pour harcèlement sexuel, selon son porte-parole Michael McCurry. Informé de la bonne nouvelle par téléphone par son avocat Robert Bennett, «il lui a demandé si ce n’était pas un poisson d’avril», a-t-il dit. Rassuré, M. Clinton a alors mis au courant son épouse Hillary et tous deux sont allés faire du shopping comme si de rien n’était. Mais derrière les mots mesurés et l’attitude pleine de retenue pour laquelle la Maison-Blanche a opté, c’est une véritable euphorie et un énorme soulagement qui régnaient à Dakar dans l’entourage présidentiel. La décision du juge Webber Wright constitue un tournant peut-être décisif pour M. Clinton. C’est, en effet, l’affaire Paula Jones qui avait conduit au «Monicagate», l’existence de Mlle Lewinsky ayant été révélée dans le cadre de la préparation du procès, qui devait s’ouvrir le 27 mai à Little Rock (Arkansas). On ignorait encore si cette décision — contre laquelle les avocats de Mme Jones envisageaient mercredi de faire appel — aurait la moindre conséquence légale sur l’enquête de M. Starr. M. McCurry s’est personnellement refusé à «spéculer» à ce sujet. Mais du moins, M. Clinton a-t-il l’immense satisfaction de voir la justice lui donner raison. Il avait, en effet, toujours nié les faits qui lui étaient reprochés, son entourage accusant même les ennemis du président d’être derrière toute l’affaire. Coups durs et revers Il s’agit surtout là de la première victoire juridique de M. Clinton dans la série de scandales personnels qui ont terni sa présidence. Au cours des dernières années, il a subi une suite ininterrompue de coups durs et de revers. L’un d’eux avait été l’arrêt de la cour suprême, en mai 1997, décidant que le procès Jones pourrait avoir lieu avant que M. Clinton quitte la Maison-Blanche. Il y avait eu aussi, en janvier, le coup de théâtre qu’avait constitué l’apparition de Mlle Lewinsky et de ses allégations, qui avait amené des «experts» à donner M. Clinton comme fini. Certains parlaient déjà de démission, d’autres de destitution. Mais M. Clinton, que ses ennemis ont souvent donné pour mort depuis le début de sa carrière politique en 1974 dans l’Arkansas, a laissé passer l’orage et organisé la contre-attaque, s’appuyant sur une popularité en hausse. A tel point que deux mois après le début du «Monicagate», l’affaire s’est quelque peu essoufflée. Le président est certes toujours la risée d’une bonne partie de l’Amérique et fait même l’objet de plaisanteries grivoises dans de nombreux pays du monde, comme on a pu s’en apercevoir lors de cette tournée africaine. Mais il semble n’en avoir cure, comme s’il trouvait dans ses ennuis une source de motivation supplémentaire. M. Clinton a été souvent comparé au légendaire magicien américain Harry Houdini, le roi de l’évasion, dont le tour le plus célèbre au début du siècle consistait à plonger attaché par des chaînes au fond d’un récipient rempli d’eau, puis à se libérer on ne sait trop comment pour remonter à la surface. La comparaison paraissait hier plus justifiée que jamais. (AFP)
Le président américain Bill Clinton, avec le jugement classant l’affaire Paula Jones, a de nouveau retourné en sa faveur une situation très compromise et justifié sa réputation de politicien que rien ne peut abattre. M. Clinton, qui terminait jeudi au Sénégal une tournée de onze jours dans six pays africains, s’est montré «satisfait» de la décision du juge Susan Webber Wright de débouter Mme Jones de sa plainte pour harcèlement sexuel, selon son porte-parole Michael McCurry. Informé de la bonne nouvelle par téléphone par son avocat Robert Bennett, «il lui a demandé si ce n’était pas un poisson d’avril», a-t-il dit. Rassuré, M. Clinton a alors mis au courant son épouse Hillary et tous deux sont allés faire du shopping comme si de rien n’était. Mais derrière les mots mesurés et l’attitude pleine de...