Le président du Conseil constitutionnel français Roland Dumas, mis en cause dans l’un des multiples volets de «l’affaire Elf», a indiqué à un journal avoir reçu une convocation des juges pour le 10 avril. M. Dumas, en convalescence après une opération, a précisé au journal régional «L’Est Républicain» qu’il «ignorait s’il pourrait se rendre» à cette convocation des juges d’instruction Eva Joly et Laurence Vichnievsky et qu’il attendait de «connaître l’avis de ses médecins». «Si le 10 avril, je ne suis pas en état de me rendre chez les juges, ce ne sera que partie remise. Je ne compte pas me défiler, car je tiens à en finir au plus vite avec cette affaire», a ajouté l’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères. Selon «L’Est Républicain», la convocation est arrivée mardi au domicile parisien du président du Conseil constitutionnel. M. Dumas, 75 ans, pourrait être mis en examen (inculpé) dans le dossier des «frégates de Taiwan». La vente de ces vaisseaux de guerre en 1991 à Taiwan, alors que M. Dumas était ministre des Affaires étrangères, avait donné lieu au versement de très fortes commissions occultes à divers intermédiaires, dont 59 millions de francs (10 millions de dollars) à l’une de ses très proches amies, Christine Deviers-Joncour, en prison depuis novembre. Une inculpation poserait le problème du maintien de M. Dumas à la tête du Conseil constitutionnel, gardien de la loi suprême française. Les juges avaient été intriguées par d’importants mouvements de fonds, y compris en liquide, dont le total dépasserait 10 MF (1,6 M USD), sur le compte personnel de M. Dumas entre 1991 et 1995. Celui-ci a assuré pouvoir «justifier» de toutes ces sommes, évoquant la vente de deux œuvres d’art. Convalescence M. Dumas avait été convoqué une première fois pour le 18 mars par les juges, mais n’avait pu s’y rendre ayant subi une intervention chirurgicale le 10 mars à Bordeaux. Hospitalisé pendant dix jours, il est, depuis sa sortie de clinique, en convalescence dans sa résidence de Saint-Selve, près de Bordeaux. Le 27 janvier dernier, les juges d’instruction avaient mené des perquisitions dans les bureaux et domiciles parisiens de M. Dumas puis dans sa maison de Saint-Selve. L’ancien PDG d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent, inculpé le 9 mars pour «abus de biens sociaux» dans le cadre de l’instruction visant Mme Deviers-Joncour,a réaffirmé mercredi qu’il ne s’était jamais enrichi personnellement à la tête d’Elf. M. Le Floch-Prigent, qui fut à la tête de la compagnie pétrolière française de mai 1989 à août 1993, a déjà été inculpé à une dizaine de reprises dans le cadre du tentaculaire dossier Elf et a effectué près de six mois de détention provisoire en 1996. Il a nié par ailleurs avoir touché une commission de 12 millions de francs (2 millions de dollars) dans le cadre d’un contrat de lobbying au Venezuela. Cette accusation a été portée par le journal «Libération» mercredi, qui cite un document provenant d’une société fiduciaire suisse remis le 25 mars aux juges parisiennes chargées de l’affaire. (AFP).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président du Conseil constitutionnel français Roland Dumas, mis en cause dans l’un des multiples volets de «l’affaire Elf», a indiqué à un journal avoir reçu une convocation des juges pour le 10 avril. M. Dumas, en convalescence après une opération, a précisé au journal régional «L’Est Républicain» qu’il «ignorait s’il pourrait se rendre» à cette convocation des juges d’instruction Eva Joly et Laurence Vichnievsky et qu’il attendait de «connaître l’avis de ses médecins». «Si le 10 avril, je ne suis pas en état de me rendre chez les juges, ce ne sera que partie remise. Je ne compte pas me défiler, car je tiens à en finir au plus vite avec cette affaire», a ajouté l’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères. Selon «L’Est Républicain», la convocation est arrivée mardi au...