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Actualités - Chronologie

Nouveau chef peu orthodoxe de Greenpeace-Allemagne : un rabbin

Greenpeace-Allemagne, section-phare de l’organisation écologiste internationale en Europe, installée à Hambourg (nord), a confié son destin à Walter Homolka, rabbin et manager peu orthodoxe. Silhouette replète, visage poupin, costume sombre et lunettes à monture d’écaille, cet homme de 33 ans est à mille lieues des stéréotypes du rabbin à papillotes ou du militant écologiste adepte de macrobiotique. «Je suis comme ça», dit-il, et l’on comprend que c’est à prendre ou à laisser. En prenant possession mercredi de son étroit bureau du siège de Greenpeace-Allemagne, dans les docks rénovés du port de Hambourg, Homolka a pris la tête d’une machine de guerre de 120 permanents. La section allemande de l’organisation est la deuxième derrière la section américaine, avec 68,7 millions de marks (37,7 millions de dollars) de dons l’année dernière et 520.000 membres. Le «rabbi écolo» a été recruté sur petite annonce, parmi plus d’une centaine de candidats. «Elle arrivait en terrain préparé», constate-t-il. Ses états de services plaidaient, il est vrai, en sa faveur. A commencer par la création, à 27 ans, du premier «placement éthique et écologique d’Allemagne» à la Bayerische Hypobank. Chez Bertelsmann aussi, le puissant groupe d’édition et de médias allemand qu’il a quitté pour Greenpeace, sa carrière a été fulgurante. Il a été l’assistant du président du directoire, Frank Woessner, et a participé à quelques-uns des meilleurs coups d’édition de ces dernières années en Allemagne, comme la publication des mémoires de Mikhaël Gorbatchev ou celle du livre controversé de l’historien américain Daniel Goldhagen, les «Bourreaux volontaires d’Hitler». Il faut ajouter qu’il enseigne à l’université de New York et est l’auteur d’ouvrages savants sur l’éthique ou les placements financiers. Walter Homolka entend apporter à Greenpeace cette expérience de gestionnaire, «l’efficacité et l’organisation» nécessaires pour qu’elle fasse «le maximum avec l’argent que lui confient les donateurs». Mais l’organisation écologiste est aussi «le prolongement de mon engagement de rabbin» de la communauté libérale Beth Shalom, à Munich (sud),et du Land (Etat régional) de Basse-Saxe (Nord), assure-t-il. Identité et culture de survivance Né dans la très catholique Bavière, d’une mère juive et d’un père chrétien, il avait 15 ans lorsqu’il a opté pour son «identité, celle du judaïsme». A l’époque, se souvient-il, la communauté juive «allait à la synagogue pour commémorer la mémoire des morts». Lui veut devenir rabbin pour redonner une «identité» au judaïsme en Allemagne et le sortir de son «ghetto» et de sa «culture de survivance». Il veut répondre à cette question: «Pourquoi, nous, juifs, vivons-nous dans ce pays»?. Geenpeace est un élément de cette réponse. «C’est un signe qu’un rabbin peut trouver sa place dans une organisation représentant toute la société allemande», relève Walter Homolka. Cette organisation doit être, dit-il, la «police de l’environnement», la «mauvaise conscience» d’une Allemagne industrielle qui a élevé un culte à l’automobile — lui-même n’a pas de voiture — et savoir répondre aux grandes peurs des Allemands comme l’accident nucléaire ou le réchauffement de la planète. Le rabbin Homolka prône un militantisme de «confrontation et en même temps pragmatique», «l’évolution et la révolution», au service des grandes causes de Greenpeace: la maîtrise des rejets de dioxyde de carbone qui dérègle le climat, la préservation de la diversité des espèces et des forêts tropicales ou encore la lutte contre les aliments génétiquement modifiés. (AFP)
Greenpeace-Allemagne, section-phare de l’organisation écologiste internationale en Europe, installée à Hambourg (nord), a confié son destin à Walter Homolka, rabbin et manager peu orthodoxe. Silhouette replète, visage poupin, costume sombre et lunettes à monture d’écaille, cet homme de 33 ans est à mille lieues des stéréotypes du rabbin à papillotes ou du militant écologiste adepte de macrobiotique. «Je suis comme ça», dit-il, et l’on comprend que c’est à prendre ou à laisser. En prenant possession mercredi de son étroit bureau du siège de Greenpeace-Allemagne, dans les docks rénovés du port de Hambourg, Homolka a pris la tête d’une machine de guerre de 120 permanents. La section allemande de l’organisation est la deuxième derrière la section américaine, avec 68,7 millions de marks (37,7 millions de...