Le dollar a achevé la semaine hier, à Beyrouth, sur un ton stationnaire malgré la propension du marché à l’offre en l’absence d’intérêts particuliers à l’achat, la livre libanaise continuant de concentrer sur elle l’attention des détenteurs de fonds résidents et non-résidents à des fins de placement en bons du Trésor à 12 et 24 mois pour bénéficier de leur rendement réel assez attrayant. Ce statu quo s’explique toujours par l’action de la Banque du Liban (BDL), soucieuse à la fois de reconstituer ses réserves de changes et de rétablir l’équilibre entre l’offre du dollar et la demande de la livre afin de préserver la stabilité monétaire dans le pays. En maintenant ainsi ses deux taux d’intervention en l’état, soit entre 1502,00 LL à l’achat et 1515,00 LL à la vente, le billet vert devait se stabiliser au taux moyen indicatif de 1508,50 LL tout au long de cette semaine, comme depuis le milieu du mois. Mais compte tenu de l’abondance de l’offre du dollar, celui-ci continuait à être négocié sur le marché interbancaire au bas de cette fourchette, entre 1501,75 et 1502,25 LL, avec un point d’ancrage à 1502,00 LL auquel la BDL recourait tous les jours pour résorber les offres en cette monnaie, dans des volumes d’affaires assez nourries estimés à plus de 75 millions de dollars sur l’ensemble de la semaine, à en croire les milieux cambistes de la place. Dollar soutenu à l’étranger À l’étranger, le dollar est parvenu à achever la semaine, hier, sur un ton légèrement soutenu face aux autres grandes monnaies, mais dans des marchés indécis. Les opérateurs devaient prendre le temps de digérer le communiqué du groupe des sept grands pays occidentaux les plus industrialisés sur la situation financière internationale, ont indiqué les cambistes pour expliquer ce phénomène. À cet égard, les chefs d’État et de gouvernement des sept réunis à Londres, ont appelé hier au renforcement des contrôles sur les fonds d’investissement hautement spéculatifs (hedge funds) et les paradis fiscaux. Ils ont, par ailleurs, demandé à leurs ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales de poursuivre leurs travaux pour renforcer le système financier international. De fait, ce communiqué a été accueilli avec un certain soulagement par les investisseurs qui ont été plus ou moins rassurés par la réaffirmation du groupe des sept de son engagement à créer les conditions d’une croissance forte, basée sur la demande intérieure et la stabilité financière. Mais, la persistance de rumeurs sur des liquidations de la part de hedge funds a jeté un peu de froid sur le marché du dollar, l’empêchant de renforcer son mouvement ascensionnel, dans la crainte que des mouvements spéculatifs sur fond de situation budgétaire du Brésil et de crise du système bancaire du Japon ne viennent perturber les marchés. Dans ces conditions, les variations du dollar face aux principales devises devaient rester limitées, en attendant la réaction du marché au début de la semaine prochaine non seulement à ce communiqué mais aussi à l’annonce d’une hausse plus forte que prévu du produit intérieur brut (PIB) américain au troisième trimestre. Celui-ci aurait progressé, selon une première estimation, de 3,3 % en rythme annuel contre 1,8 % au second trimestre, alors que les analystes tablaient généralement sur un chiffre de 2,2 %. Cela d’autant qu’on apprenait que les ventes de logements neufs ont rechuté de 1 % le mois dernier après 4,9% en août, témoignant du ralentissement de l’économie américaine contrairement aux chiffres du PIB. Cela étant, le billet vert n’a presque pas changé hier, à New York, par rapport à la veille, mais a gagné du terrain par rapport à la fin de la semaine dernière et ce, comme suit : – 1,6740 pour un sterling contre 1,6755, la veille, et 1,69, vendredi dernier. – 1,6540 D.M. contre 1,6535 et 1,6375. – 5,5480 FF contre 5,5460 et 5,4905. – 1,3515 FS contre 1,3460 et 1,3380. – 1637,00 lires contre 1636,- et 1620,50. – 116,15 yens contre 116,95 et 117,95. Bourse de Beyrouth : net regain d’intérêt Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est également mieux tenue à la fin de cette semaine par rapport à la semaine dernière. Sa tendance a été soutenue par des achats d’actions Solidere des deux catégories ainsi que de celles des banques et d’autres sociétés, notamment Rymco qui a fait l’objet de transactions extraordinairement nourries. En effet, l’indice général LISPI est parvenu à achever la semaine hier à 87,68 points contre 87,42 points à la fin de la semaine dernière (+ 0,30 %), et l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 194,17 points contre 192,88 points pendant la même période (+ 0,67 %). Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle s’est fortement développée, totalisant cette semaine 869 449 actions d’une valeur globale de 4 344 351 dollars contre 469 995 actions d’une valeur globale de 2 762 376 dollars la semaine dernière, témoignant du regain d’intérêt des investisseurs pour des placements en valeurs mobilières libanaises. Wall Street : bonne fin de semaine Wall Street a également accéléré sa hausse à la fin de cette semaine, soutenue par les chiffres meilleurs que prévu du PIB américain au troisième trimestre (+3,3 % contre + 1,8 % au second trimestre) en l’absence de signes inflationnistes, comme en témoigne la maigre hausse de 0,8 % du déflateur des prix contre 0,9 % pendant la même période, soit son plus bas niveau depuis le troisième trimestre 1963. Elle a également bien réagi au communiqué du groupe des sept qui s’est déclaré satisfait de la politique saine menée par les États-Unis pour encourager une croissance solide et une inflation basse. Cela étant, les opérateurs se sont montrés indifférents à l’affaiblissement du secteur de la construction aux États-Unis, se déclarant rassurés par la bonne tenue du secteur manufacturier. De ce fait, la capacité du Dow Jones à la hausse s’est trouvée renforcée à la fin de la semaine sur des habillages de portefeuilles en fin de mois par des fonds d’investissements, le faisant rebondir hier à 8659,81 points, avant d’afficher en préclôture 8617,56 points, contre 8452,28 points à la fin de la semaine dernière, en hausse de 1,96 % d’une huitaine à l’autre. Paris : hausse hebdomadaire de 3,81 % La Bourse de Paris a retrouvé des couleurs vendredi, dans le sillage des hausses de ses voisines européennes et de la Bourse de Wall Street, terminant au-dessus du seuil psychologique des 3 500 points. Après deux séances de baisse, l’indice CAC 40 des valeurs vedettes a regagné 39,5 points, soit 1,13 %, terminant à 3 522,93 points, contre 3 483,43 points à la clôture de la veille. «Le marché est en grande forme», a commenté Philippe Moni, analyste à la société de bourse Meeschaert Rousselle, tout en notant que des valeurs très exposées au Brésil, comme la banque CCF (-2,45 % à 390,20 FF), restaient «sensibles» au risque de récession en Amérique du sud. La publication aux États-Unis d’une estimation de croissance supérieure aux attentes au troisième trimestre ainsi que d’un communiqué des pays du G7 sur les finances mondiales à été très bien accueillie par l’ensemble des marchés. La hausse de vendredi à Paris avait aussi des raisons purement techniques, l’arrivée à échéance des options sur indices, explique un opérateur. Le volume de transactions a été un peu plus élevé que la veille avec 11,27 milliards de francs échangés. Sur le marché obligataire, le contrat notionnel échéance décembre a perdu 14 centièmes à 109,10. Le marché a aussi été soutenu par la fermeté du dollar. Il valait vendredi soir 5,5489 FF contre 5,5434 FF la veille sur les marchés européens, 1,6550 DM contre 1,6531 DM, mais s’est affaibli face au yen à 116,58 yens contre 116,97. Sur la semaine, le CAC 40 a ainsi progressé à 3 522,93 points hier contre 3 393,76 points vendredi dernier, en hausse de 3,81 % d’une semaine à l’autre. Londres : reprise d’espoir La Bourse de Londres a clôturé vendredi en hausse dans la foulée de la bonne ouverture de Wall Street et dans l’attente d’une éventuelle baisse des taux britanniques la semaine prochaine. En clôture, l’indice Footsie des cent principales valeurs progressait de 79,9 points à 5 438,4 points, soit 1,49 %. Sur le marché à terme Liffe, le contrat décembre sur le Footsie a clôturé à 5 468 points contre 5 382 points jeudi soir. Les investisseurs s’attendent à une réduction d’au moins un quart de point du taux de la Banque d’Angleterre lors de la réunion mercredi et jeudi prochains de son comité monétaire. Sur la semaine, l’indice Footsie a gagné 4,23 % à 5 438,40 points, hier contre 5 217,50 points, vendredi dernier. Tokyo : les valeurs japonaises sous pression Les valeurs japonaises devraient se trouver sous pression la semaine prochaine, un nombre croissant de sociétés japonaises devant enregistrer des baisses de bénéfices pour le semestre avril-septembre, estiment les courtiers. Le moral du marché s’est détérioré après que des sociétés japonaises d’envergure, dont Sony et Matsushita, eurent publié cette semaine des résultats semestriels décevants. L’indice Nikkei a perdu 580,19 points (–4,1 %) pour terminer la semaine à 13 564,51 points, après avoir gagné 6,5 % la semaine précédente. L’indice élargi TOPIX a terminé la semaine en baisse de 32,55 points, à 1 035,60 points. Le volume des échanges journaliers moyen s’est monté à 326,6 millions d’actions pour une valeur de 282,5 milliards de yens (2,5 mds USD), contre 618,4 millions d’actions pour une valeur de 482,5 milliards de yens la semaine précédente.
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