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Actualités - Chronologie

Apartheid - Les exactions bientôt révélées L'Afrique du sud retient son souffle

L’Afrique du Sud retient son souffle avant la publication du rapport de la Commission Vérité et Réconciliation (TRC) sur les souffrances et sur les exactions des années d’apartheid. Le président de la TRC, le Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, remettra jeudi au président Nelson Mandela la synthèse de trente mois d’enquêtes, d’auditions et de travail d’archives, au cours d’une cérémonie officielle à Pretoria. Plus de 3 000 pages divisées en cinq volumes résument cet exercice difficile d’exorcisation fondé sur l’aveu et le pardon. Le but de cette expérience sans précédent est d’établir une vérité historique pour réconcilier une société profondément marquée par des décennies de racisme et de violence politiques. Conformément à la loi, quelque 200 organisations et personnes ont déjà été averties que le volumineux rapport mettait en cause leur rôle dans les persécutions et les violences qui marquèrent le pays entre 1960 et 1994. Poursuites judiciaires Parmi eux, le dernier président blanc, Frederik De Klerk, a saisi la justice pour tenter de stopper in extremis la publication du rapport. Il serait accusé de n’avoir pas communiqué aux enquêteurs des informations sur l’implication de plusieurs hauts responsables de la police dans des attentats perpétrés à la fin des années 80 contre des organisations anti-apartheid, selon la presse locale. Ceux qui n’ont pas demandé une amnistie politique, comme ceux auxquels le pardon a été refusé, risquent de faire face à des poursuites judiciaires si la justice se saisit de leur dossier sur la foi des conclusions de la TRC. Rien n’a filtré sur le contenu final du rapport, mais la presse sud-africaine a multiplié ces derniers jours pronostics et rumeurs. En trente mois, la TRC s’est intéressée à tous les acteurs de l’histoire nationale, de l’ex-président Pieter W. Botha, qui dirigea le pays d’une main de fer de 1978 à 1989, à Winnie Madikizela-Mandela, l’ex-épouse du chef de l’Etat, pour le règne de terreur imposé par sa milice à la cité noire de Soweto à la fin des années 80. Ses enquêteurs, qui ont collecté des milliers de témoignages, ont passé au crible le rôle des grands corps de l’État et des fonctionnaires qui ont servi l’apartheid, mais aussi celui des partis politiques, des églises, des journalistes, des médecins et des chercheurs. Même le Congrès National Africain (ANC, au pouvoir depuis 1994) n’a pas été épargné: la TRC reconnaît que «sa lutte était légitime», mais estime que le mouvement est «responsable politiquement et moralement de violations des droits de l’homme» commises à l’époque, selon un rapport préliminaire. L’ANC a multiplié les démarches, ces dernières semaines, pour tenter d’adoucir la formulation du rapport. On saura jeudi si ses ultimes arguments ont été pris en compte.
L’Afrique du Sud retient son souffle avant la publication du rapport de la Commission Vérité et Réconciliation (TRC) sur les souffrances et sur les exactions des années d’apartheid. Le président de la TRC, le Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, remettra jeudi au président Nelson Mandela la synthèse de trente mois d’enquêtes, d’auditions et de travail d’archives, au cours d’une cérémonie officielle à Pretoria. Plus de 3 000 pages divisées en cinq volumes résument cet exercice difficile d’exorcisation fondé sur l’aveu et le pardon. Le but de cette expérience sans précédent est d’établir une vérité historique pour réconcilier une société profondément marquée par des décennies de racisme et de violence politiques. Conformément à la loi, quelque 200 organisations et personnes ont déjà été...