Ranariddh retourne au Cambodge sur une scène politique bouleversée
le 30 mars 1998 à 00h00
Le co-premier ministre cambodgien déchu, le prince Norodom Ranariddh, rentre d’exil lundi à Phnom Penh dans un Cambodge dont le paysage politique a été profondément bouleversé depuis sa destitution il y a neuf mois. Le prince n’est plus désormais considéré comme le premier ministre puisqu’il a été remplacé à ce poste en août dernier par le ministre des Affaires étrangères Ung Huot, un ancien membre de son parti, le FUNCINPEC (royaliste). Dépourvu de mandat, il ne recevra donc aucun des traitements du VIP auquels il était habitué avant son départ, ont souligné les officiels du gouvernement de Phnom Penh. Le prince Ranariddh, en exil à Bangkok, avait été déposé à la suite d’une confrontation armée avec son rival Hun Sen, le puissant second premier ministre, les 5 et 6 juillet derniers à Phnom Penh. «Le retour du prince Ranariddh n’est pas celui d’un premier ministre. Il s’agit seulement du retour du chef d’un Parti politique… En conséquence, nous ne déroulerons pas le tapis rouge pour lui», a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Meas Sohpeak. Le gouvernement, qui était auparavant co-dirigé par le prince et Hun Sen, n’a de coalition que le nom et est maintenant entièrement contrôlé par le second premier ministre et son parti, le Parti du Peuple Cambodgien (PPC). Le FUNCINPEC — affaibli par des dissensions et des défections depuis juillet — n’a plus rien à voir avec le Parti politique qui avait remporté, d’une courte tête, les élections historiques de 1993 organisées sous l’égide de l’ONU. Comme Ung Huot, beaucoup de ministres du FUNCINPEC ont quitté le parti pour former leurs propres factions. Nombre de permanences locales du parti dans les campagnes ont été détruites, vandalisées ou abandonnées. En dépit de la campagne récente des partisans du prince pour reconstituer le réseau local du FUNCINPEC, ce dernier ne dispose que de 20 permanences, soit moins d’une par province. En outre, le prince Ranariddh n’aura à sa disposition que des ressources humaines et matérielles limitées pour mener à bien la campagne des élections législatives prévues le 26 juillet. Le FUNCINPEC ne contrôle plus aucun journal, ni radio ni télévision, et devra se contenter des promesses du gouvernement de libre accès aux ondes nationales pour sa propagande électorale. Enfin et surtout, il devra compter avec le climat d’intimidation qui entoure son parti depuis les combats de rue de juillet. Plus de 40 de ses partisans ont été exécutés depuis l’été dernier, sans qu’aucun des coupables n’ait été retrouvé, selon les organisations internationales des droits de l’homme. (AFP)
Le co-premier ministre cambodgien déchu, le prince Norodom Ranariddh, rentre d’exil lundi à Phnom Penh dans un Cambodge dont le paysage politique a été profondément bouleversé depuis sa destitution il y a neuf mois. Le prince n’est plus désormais considéré comme le premier ministre puisqu’il a été remplacé à ce poste en août dernier par le ministre des Affaires étrangères Ung Huot, un ancien membre de son parti, le FUNCINPEC (royaliste). Dépourvu de mandat, il ne recevra donc aucun des traitements du VIP auquels il était habitué avant son départ, ont souligné les officiels du gouvernement de Phnom Penh. Le prince Ranariddh, en exil à Bangkok, avait été déposé à la suite d’une confrontation armée avec son rival Hun Sen, le puissant second premier ministre, les 5 et 6 juillet derniers à Phnom Penh....
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