La Cour suprême de Harare a rejeté le non-lieu demandé par les avocats de l’ancien président du Zimbabwe Canaan Banana, accusé de 11 délits sexuels, permettant ainsi la poursuite du procès. M. Banana avait demandé au début du mois de mars l’annulation de son procès, en raison de la publicité — préjudiciable selon lui à un procès équitable — faite sur cette affaire par les médias. «La demande d’un non-lieu dans la procédure engagée contre le demandeur (M. Banana) est rejetée», a déclaré le juge Anthony Gubbay. L’avocat de M. Banana, Deeds Midzi, a déclaré que son client se présenterait devant la justice, mais qu’aucune date n’a pour le moment été fixée. M. Banana, un pasteur méthodiste âgé de 62 ans et père de quatre enfants, est accusé de 11 délits sexuels: sodomie, tentative de sodomie et attentat à la pudeur sur sept de ses collaborateurs, un cuisinier, un jardinier et un garde du corps. Il se trouve actuellement en liberté, après avoir versé une caution de 3.000 dollars. M. Banana, qui a été président du Zimbabwe depuis l’indépendance en 1980 jusqu’à la prise de pouvoir de l’actuel président Robert Mugabe en 1987, a toujours affirmé qu’il n’était pas coupable et qu’il n’était pas homosexuel. Ancien premier ministre, Robert Mugabe avait désigné en 1980 le révérend Banana pour occuper la fonction présidentielle, alors largement honorifique, avant de devenir lui-même président sept ans plus tard, après avoir adopté une constitution faisant du président le chef de l’exécutif. Depuis, M. Banana a été envoyé auprès du Commonwealth ou de l’OUA pour des négociations de paix, notamment au Liberia et en Afrique du Sud. Notoriété Les avocats de M. Banana avaient estimé en début de mois que l’impact des allégations publiées par la presse était suffisamment préjudiciable pour que la Cour qui devra juger leur client soit influencée. Les informations publiées par la presse comprennent des détails sordides sur les comportements sexuels, notamment dans une affaire de viol homosexuel de l’un des anciens aides de camp. D’autres articles de presse avaient relié au scandale sexuel la perte de la chaire de théologie à l’Université du Zimbabwe et du poste d’envoyé spécial de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qu’occupait M. Banana. Mais le juge de la Cour suprême a estimé que «le demandeur n’a pas réussi à établir l’existence de risques réels ou substantiels de ne pas être jugé équitablement devant la Haute Cour». Selon M. Gubbay, il est du devoir de la presse de publier ces informations, et le public a le droit de savoir, la cour n’ayant pas pour fonction de s’ériger en censeur. «Il faut équilibrer le droit à l’information du public et le droit des médias à s’exprimer librement, avec le droit d’une personne accusée d’avoir un procès équitable», a estimé le juge. Selon M. Gubbay, il était inévitable que M. Banana subisse une telle couverture médiatique, étant donné sa «grande notoriété» et qu’il est «une personne extrêmement importante au niveau médiatique et un haut dirigeant». Les médias ont «le droit de rapporter l’affaire dans l’intérêt du public. C’est une caractéristique du monde moderne», a-t-il conclu. (AFP)
La Cour suprême de Harare a rejeté le non-lieu demandé par les avocats de l’ancien président du Zimbabwe Canaan Banana, accusé de 11 délits sexuels, permettant ainsi la poursuite du procès. M. Banana avait demandé au début du mois de mars l’annulation de son procès, en raison de la publicité — préjudiciable selon lui à un procès équitable — faite sur cette affaire par les médias. «La demande d’un non-lieu dans la procédure engagée contre le demandeur (M. Banana) est rejetée», a déclaré le juge Anthony Gubbay. L’avocat de M. Banana, Deeds Midzi, a déclaré que son client se présenterait devant la justice, mais qu’aucune date n’a pour le moment été fixée. M. Banana, un pasteur méthodiste âgé de 62 ans et père de quatre enfants, est accusé de 11 délits sexuels: sodomie, tentative de...
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