«Dieu et la pluie seulement» arrêteront les incendies dans l’Etat amazonien du Roraima, affirment les pompiers brésiliens et argentins qui mènent un combat sans relâche depuis près de dix jours contre les dizaines de foyers dans la région d’Apiau, la plus touchée par le feu. «Il faut s’attaquer au feu dès les premières 24 heures. Après plus de deux mois d’incendie, il est pratiquement impossible de le maîtriser. Maintenant, c’est à la grâce de Dieu et de la pluie seulement», a déclaré Alberto Noe Carballo, responsable des 150 pompiers argentins, spécialisés dans la lutte contre les incendies de forêts, qui aident quelque 350 pompiers brésiliens à combattre le feu à Apiau, à 123 kilomètres au sud-ouest de Boa Vista, la capitale du Roraima. C’est la fin de l’après-midi. Carvalho, encore en uniforme, vient d’arriver avec ses hommes en tenue jaune (pour ceux qui viennent de Patagonie) ou orange (pour ceux de Cordoba) au campement où ils sont installés aux abords d’Apiau (4.000 habitants), une petite ville pauvre et poussiéreuse qui semble sortie d’un western. «Dans la jungle, sur la ligne de feu, il y a d’innombrables foyers. C’est un feu au ras du sol et nous devons tracer des chemins où nous rasons la végétation pour les stopper», déclare Amado Hanchupan, venu de Patagonie. «Roraima est le plus grand feu en extension que j’ai jamais combattu, mais pas le plus spectaculaire. En Argentine, quand la résine des pins brûle ça fait des flammes extrêmement hautes», compare Carballo qui a éteint 2.500 incendies en deux ans. Les Argentins disposent aussi de quatre hélicoptères qui lancent de l’eau pour refroidir la température au sol mais avec la sécheresse exceptionnelle cette année, les «igarapés» (petits cours d’eau en Amazonie) sont taris dans la région et le ravitaillement en eau est difficile. Métis d’Indiens A quelques kilomètres de là, des soldats en tenue de combat, le visage en sueur, sortent de la forêt pour rejoindre les camions qui les attendent sur la route «viscinale 7» pour les ramener à la caserne de Boa Vista. Ce sont les Brésiliens. Beaucoup sont des métis d’Indiens. «Nous avons maîtrisé les foyers mais rien ne nous dit que d’autres ne vont pas surgir en raison des vents assez forts» (45 km/h avec parfois des bourrasques plus violentes). «So Deus!» (seulement Dieu), lance le lieutenant Toni Monteiro Belinho, qui dirige une équipe de 40 militaires. «Tous les matins, nous faisons un survol en hélicoptère et repérons où sont les foyers à combattre. Le feu serpente au ras du sol et il est parfois difficile de le voir d’avion», a-t-il précisé. Au sortir de Boa Vista, que recouvre une fumée intense qui empêche tout vol de monomoteur, on voit très vite que la savane a brûlé partout et sur des kilomètres et des kilomètres. A Boa Vista, le général Luis Edmundo Maia de Carvalho, coordinateur des opérations de lutte contre l’incendie dans le Roraima, a déclaré qu’il n’envisageait pas de demander d’autre aide étrangère que celle des 150 Argentins et 100 Vénézuéliens (qui travaillent au nord de l’Etat) déjà présents. Selon lui, il faudra encore 500 hommes mais le Brésil les a et ils vont arriver au cours des prochains jours. Les militaires brésiliens ont également refusé en novembre dernier une aide des Nations Unies, proposition renouvelée le 20 mars dernier et que le gouvernement fédéral a finalement acceptée mardi. Le week-end prochain, les spécialistes de l’ONU devraient arriver à Boa Vista pour analyser la situation. Une visite du président Fernando Henrique Cardoso est également prévue mais la date n’a pas été arrêtée. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats «Dieu et la pluie seulement» arrêteront les incendies dans l’Etat amazonien du Roraima, affirment les pompiers brésiliens et argentins qui mènent un combat sans relâche depuis près de dix jours contre les dizaines de foyers dans la région d’Apiau, la plus touchée par le feu. «Il faut s’attaquer au feu dès les premières 24 heures. Après plus de deux mois d’incendie, il est pratiquement impossible de le maîtriser. Maintenant, c’est à la grâce de Dieu et de la pluie seulement», a déclaré Alberto Noe Carballo, responsable des 150 pompiers argentins, spécialisés dans la lutte contre les incendies de forêts, qui aident quelque 350 pompiers brésiliens à combattre le feu à Apiau, à 123 kilomètres au sud-ouest de Boa Vista, la capitale du Roraima. C’est la fin de l’après-midi. Carvalho, encore en...