Le vice-président américain, Al Gore, fête ses 50 ans aujourd’hui, mais la cinquantaine pourrait marquer pour lui un nouveau début alors qu’il est le dauphin désigné de Bill Clinton. Le «M. Propre» de la politique américaine ne semble pas avoir été affecté par les scandales qui ont éclaboussé la Maison-Blanche tout au long de l’année, et lui-même, à propos du financement de la campagne électorale démocrate en 1996 ou ceux touchant directement le président. Bill Clinton a lui-même tout fait pour placer son dauphin en lice pour l’élection présidentielle de l’an 2000, lui réservant des dossiers importants aussi bien en politique intérieure qu’extérieure, et ne tarissant pas d’éloges pour son fidèle lieutenant depuis 1992. «Ses collègues disent de lui qu’il est peut-être le plus actif, le plus engagé et le plus efficace des vice-présidents dans l’histoire des Etats-Unis en matière de politique étrangère», affirme l’un de ses conseillers, qui a souhaité conserver l’anonymat. Son ardeur et travail lors du sommet de la Terre en 1997, sur la non-prolifération nucléaire ou encore avec la Russie «ont constitué des étapes importantes de la diplomatie de cette administration», ajoute ce responsable. En outre, le vice-président effectuera une tournée au Proche-Orient le mois prochain au cours de laquelle il se rendra en Israël, Arabie Séoudite et en Egypte, à un moment crucial pour le processus de paix israélo-palestinien. Sur le plan de la politique intérieure, M. Gore n’est pas en reste. Il a joué un rôle actif en matière d’éducation, d’environnement, dans le développement des technologies ou encore dans la lutte antitabac, autant de dossiers grands publics qui ont fait sa réputation de bûcheur. Une absence de charisme C’est là d’ailleurs sa principale faiblesse: à l’inverse de Bill Clinton, plus charismatique, Al Gore traîne une image de technocrate fasciné par les dossiers difficiles mais peu vendeurs, se laissant rarement aller à la fantaisie. Il a lui-même un jour plaisanté que les gens n’arrêtaient pas de le prendre pour un agent des services secrets. Malgré tout, sa route vers la Maison-Blanche semble toute tracée, estime le politologue Ted Van Dyke. «Si en l’an 2000, il y a paix et prospérité, il sera le candidat démocrate et probablement le prochain président», dit cet expert. D’autant plus que son rôle trouble lors de la dernière campagne, concernant en particulier des appels téléphoniques depuis la Maison-Blanche pour lever des fonds de campagne et sa participation à une collecte de fonds dans un temple bouddhiste, a été éclipsé par l’affaire Lewinsky et les scandales politico-sexuels impliquant le président, estime M. Van Dyke. «Monica et d’autres sujets plus salaces sont intervenus et les gens ont apparemment perdu intérêt» dans les histoires de M. Gore et la campagne démocrate, ajoute-t-il. Al Gore fêtera aujourd’hui son anniversaire en famille avec son épouse Tipper dans sa ville d’enfance de Carthage dans le Tennessee (sud). Né à Washington le 31 mars 1948, Albert Gore Junior a très tôt navigué entre le Tennessee et Washington où son père était sénateur. Après avoir servi au Vietnam en 1970 malgré son opposition à la guerre, il s’était inscrit dans des cours de religion à l’université, en travaillant la nuit comme reporter dans un quotidien de Nashville (Tennessee). Après des études de droit, M. Gore s’était lancé dans la politique en 1976 gagnant le siège de représentant détenu auparavant par son père. Il a été ensuite réélu à trois reprises, puis a été élu sénateur en 1984, jusqu’à ce qu’il soit appelé par M. Clinton en 1992 pour compléter son «ticket». Il s’était présenté à l’élection présidentielle en 1988, mais perdant New York au cours des primaires démocrates, il s’était retiré en jurant «qu’il y aurait un autre jour pour moi», avant d’être choisi comme numéro deux par un autre homme politique du sud, modéré et de sa génération. (AFP)
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