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Actualités - Chronologie

Journée chargée d'émotions pour Clinton en Afrique du sud

D’une conférence de presse qui a tourné par moments à l’embarras à une visite émouvante de l’ancienne geôle où Nelson Mandela passa 18 années, le président Bill Clinton a connu vendredi une journée mémorable au Cap. Sur le plan purement politique, cette deuxième journée de la visite de M. Clinton en Afrique du Sud — la première par un président américain — risque fort de rester dans les annales comme celle du fiasco, M. Mandela ayant, sans jamais abandonner son amabilité, manifesté de manière éclatante la volonté d’indépendance de son pays face au géant américain en critiquant publiquement les Etats-Unis. Mais M. Clinton préférera sans doute garder le souvenir de sa visite émouvante dans un des haut lieux de l’histoire de l’Afrique du sud et de la lutte anti-apartheid, l’ancien pénitencier de l’île de Robben, au large du Cap, où M. Mandela et des centaines de ses camarades croupirent pendant des années. Le bâtiment est depuis l’an dernier un musée où des centaines de personnes se pressent chaque jour. M. Mandela, 79 ans, et M. Clinton, 51 ans, sont entrés bras dessus, bras dessous dans le long et étroit couloir de la section «B», celle où étaient détenus les «politiques». Celui qui fut le prisonnier politique le plus célèbre du monde fit alors à M. Clinton les honneurs de la minuscule cellule, où les seuls objets étaient quelques couvertures pliées et un seau destiné aux besoins personnels du prisonnier. Durant toute la visite, les deux hommes, souriants, ont échangé des plaisanteries, l’heure n’étant visiblement pas à la tristesse, malgré la gravité de l’endroit. Le moment a sans doute été plus facile pour M. Clinton que la conférence de presse du matin. Personne, en effet, n’a le souvenir d’un président américain se faisant donner une leçon en public par un dirigeant étranger. C’est pourtant ce qui s’est produit lorsque M. Mandela, dans un long monologue, a justifié avec passion ses liens amicaux avec Cuba, l’Iran et la Libye — trois pays que Washington voudrait mettre au ban de la communauté internationale — en mettant en avant la morale, à savoir la nécessité d’être «loyal envers (ses) amis». Mais il ne s’est pas arrêté là, mettant en avant la charte de l’ONU pour demander à M. Clinton, dans une allusion claire à la crise irakienne, d’abandonner l’arme de la menace du recours à la force au profit de la négociation. Cette salve inattendue a contraint la Maison-Blanche à jouer la défense tout le reste de la journée afin de minimiser la portée de ces propos. Le conseiller de M. Clinton pour la sécurité nationale, Sandy Berger, a ainsi souligné qu’il fallait les replacer dans leur contexte, celui «d’une relation personnelle extrêmement chaleureuse et d’une très bonne relation bilatérale». De fait, M. Mandela n’a pas perdu une occasion de montrer, par des mots ou des gestes, qu’il apprécie M. Clinton, le prenant par exemple par la main pour entrer jeudi au Parlement ou affirmant vendredi le tenir «en haute estime» et soulignant «son intégrité». (AFP)
D’une conférence de presse qui a tourné par moments à l’embarras à une visite émouvante de l’ancienne geôle où Nelson Mandela passa 18 années, le président Bill Clinton a connu vendredi une journée mémorable au Cap. Sur le plan purement politique, cette deuxième journée de la visite de M. Clinton en Afrique du Sud — la première par un président américain — risque fort de rester dans les annales comme celle du fiasco, M. Mandela ayant, sans jamais abandonner son amabilité, manifesté de manière éclatante la volonté d’indépendance de son pays face au géant américain en critiquant publiquement les Etats-Unis. Mais M. Clinton préférera sans doute garder le souvenir de sa visite émouvante dans un des haut lieux de l’histoire de l’Afrique du sud et de la lutte anti-apartheid, l’ancien pénitencier de...