Le pardon royal accordé au co-premier ministre déchu, le prince Norodom Ranariddh, est une étape importante vers la tenue d’élections pluralistes en juillet prochain au Cambodge, même si la prudence reste de mise. La grâce du roi Norodom Sihanouk lève le principal obstacle au retour à Phnom Penh du prince, condamné par contumace à une lourde peine de prison, et remet sur les rails un plan japonais de règlement de la crise cambodgienne qui doit permettre sa participation au scrutin législatif du 26 juillet. Un allié politique du prince, Sam Rainsy, un des dirigeants de l’opposition royaliste, a cependant qualifié le pardon royal d’«étape majeure vers des élections libres et impartiales». «Les derniers développements montrent clairement que lorsque les démocrates du monde entier se serrent les coudes, ils peuvent forcer n’importe quel dictateur à reculer», s’est-il félicité. «Nous avons vu un pas en avant très positif mais il y a encore beaucoup d’autres étapes à franchir», a estimé un diplomate occidental en poste à Phnom Penh. «Je ne veux pas pécher par excès de pessimisme, mais il y a encore beaucoup de choses qui pourraient tourner mal», a-t-il ajouté. Le roi Sihanouk est revenu samedi soir, au terme d’une journée riche en rebondissements, sur son refus d’accorder un pardon à son fils après que l’homme fort du Cambodge, Hun Sen, lui eut expressément demandé de gracier son rival. Le monarque, qui vit à Pékin, avait affirmé à maintes reprises qu’il n’accorderait sa grâce que si les deux chefs du gouvernement, Ung Huot et Hun Sen, se déclaraient explicitement favorables à l’octroi du pardon, ce qu’ils avaient refusé de faire jusqu’à samedi. Le puissant second premier ministre a finalement fait volte-face et obtempéré, sollicitant du souverain qu’il «pardonne complètement tous les châtiments (...) contre le prince Ranariddh afin de le libérer du verdict de la Cour.» «Seulement ce style de requête peut montrer que personne n’a l’intention de bloquer le retour et la participation aux élections du prince Ranariddh», a expliqué Hun Sen dans sa lettre adressée au roi. L’ancien premier ministre est tenu en principe de regagner bientôt Phnom Penh s’il veut enregistrer sa candidature à temps pour les élections. La communauté internationale, en particulier les Etats-Unis, fait de sa participation au scrutin une des conditions à la tenue d’élections «justes et impartiales». Le prince Ranariddh avait été destitué à la suite d’une confrontation armée avec Hun Sen les 5 et 6 juillet derniers à Phnom Penh. Il a été condamné par contumace à 35 ans de prison, lors de deux procès ce mois-ci à Phnom Penh, l’un pour collusion avec les Khmers rouges, l’autre pour trafic d’armes. Il devait également verser plus de 45 millions de dollars de compensation au gouvernement de Phnom Penh et aux victimes des combats de rue de juillet. Il s’inscrit dans le cadre du plan de règlement japonais en quatre points entériné par la communauté internationale. La première condition, un cessez-le-feu entre les forces de l’opposition royaliste et l’armée gouvernementale dans l’extrême-nord du Cambodge, est globalement respectée. En revanche, deux points délicats restent en suspens: la réintégration des soldats fidèles au prince dans l’armée nationale et la rupture des liens entre troupes royalistes et maquisards khmers rouges. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le pardon royal accordé au co-premier ministre déchu, le prince Norodom Ranariddh, est une étape importante vers la tenue d’élections pluralistes en juillet prochain au Cambodge, même si la prudence reste de mise. La grâce du roi Norodom Sihanouk lève le principal obstacle au retour à Phnom Penh du prince, condamné par contumace à une lourde peine de prison, et remet sur les rails un plan japonais de règlement de la crise cambodgienne qui doit permettre sa participation au scrutin législatif du 26 juillet. Un allié politique du prince, Sam Rainsy, un des dirigeants de l’opposition royaliste, a cependant qualifié le pardon royal d’«étape majeure vers des élections libres et impartiales». «Les derniers développements montrent clairement que lorsque les démocrates du monde entier se serrent les coudes, ils peuvent...